Octobre 1951Jean Barbet n’a pas échappé à la terrible rafle du début de cette année, personne ne l’a jamais revu. Je n’ai pas été inquiété, la preuve en est que Jean n’a pas cédé sous la t*****e de ses bourreaux allemands. J’ai aujourd’hui 55 ans. La vie et son paquet d’emmerdes m’ont usé et fatigué. Je suis le père d’une fille de 31 ans, Irène. Ma belle, je t’ai si peu connue, et toi tu dois avoir effacé depuis belle lurette ce père à la craie du tableau noir de ta mémoire. Je suis persuadé que tu as compensé mon absence et donné plus d’amour à ta maman. Pierre, son parrain, a certainement aidé ma fille à réussir et à vivre pleinement ; Maria n’a pas dû être en reste, j’en suis certain. Et voilà que ça recommence ! Je me mens et me déculpabilise en peignant la vie des autres en rose,

