Août 1950Il ne s’est pas passé grand-chose dans ma vie de concierge de l’usine. Rythmées par mes horaires, mes journées continuaient et je me commençais à croire que mon image n’était plus une entrave aux relations avec des inconnus. Ma passion pour la lecture est restée intacte au point que, depuis 1946, je m’occupe de la bibliothèque à la demande de Madame Barbet. Elle a refusé que l’endroit porte le nom de son époux. Quel bonheur de savoir que tous ces livres alignés sont à ma disposition ! Le public, les villageois me regardent avec un peu de crainte et de circonspection ; en treize ans, je ne me suis guère aventuré dans les rues et les endroits publics. Il ne s’est pas passé six mois avant que je fasse partie intégrante de la vie de Angecourt. J’étais tellement heureux que, de mes

