Chapitre 30 : Le réveil du fauve LE POINT DE VUE DE LEONARDO Une odeur de désinfectant. Une lumière blanche qui me brûlait les yeux. Et ce bip régulier, agaçant, d’une machine à côté de moi. J’eus d’abord l’impression d’être MORT. Puis, quand la douleur à mon épaule se réveilla d’un coup, je sus que non. Je clignai des yeux, lentement. Le plafond d’un hôpital. Des rideaux gris, tirés à moitié. Et, à quelques mètres, une silhouette familière, assise sur une chaise, un livre à la main. Matteo. Le vieux loup. Toujours droit, toujours calme, comme si le monde pouvait exploser autour de lui sans qu’il ne fronce un sourcil. Je ne pus m’empêcher de sourire faiblement. — T’es sérieux ? Tu lis ? Ma voix était rauque, brisée, mais le ton sarcastique encore là. Il leva les yeux, figé u

