1910 À la campagne, ce n’était là qu’une journée banale dans le long enroulement de celles qui se dévident à mesure que les années passent du vert à l’orange, de l’herbe à la moisson. Il ne faisait ni chaud ni froid ; une journée de printemps anglais, assez brillante, mais le nuage pourpré, derrière la colline, pouvait bien être signe de pluie. Et sur les prés, l’ombre déferlait, puis le soleil. À Londres, la pression, l’empreinte de la saison se faisaient déjà sentir, surtout dans le West End où les drapeaux flottaient, les cannes heurtaient le sol et les robes ondulaient ; sur les maisons, repeintes à neuf, on avait posé les auvents de toile et suspendu des corbeilles de géraniums rouges qui se balançaient. Les parcs aussi – Saint James, Green Park, Hyde Park – se préparaient. Dès le m

