Episode 0 : la rencontre !
Et si je savais ce qu'il allait m'arriver avec le chanteur le plus connu du pays…
je crois que j’aurais fermé les yeux.
Ou peut-être… que j’aurais regardé encore plus longtemps.
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Avant lui, ma vie était simple.
Enfin… simple dans le sens où tout était déjà écrit d’avance.
Je m’appelais Léna, étudiante en maquillage artistique, et à ce moment précis de ma vie, je n’avais qu’une seule obsession : trouver un stage.
Sans stage, pas de validation.
Sans validation, pas de diplôme.
Et sans diplôme… tout s’arrêtait.
C’était aussi simple et brutal que ça.
Chaque matin, je me réveillais avec la même routine.
Regarder mes mails. Espérer une réponse.
Et tomber sur le même silence.
Ou pire.
Des refus.
“Nous avons retenu un autre profil.”
“Votre candidature est intéressante mais…”
“Bonne continuation.”
Bonne continuation.
Je détestais ces mots.
Parce qu’ils voulaient dire : continue toute seule.
Alors je continuais quand même.
J’envoyais des candidatures partout.
Des studios, des événements, des petits projets, des clubs.
Je ne cherchais même plus le stage parfait.
Je voulais juste une place.
Juste une chance de prouver que j’étais faite pour ça.
Le maquillage, c’était la seule chose qui me donnait vraiment l’impression d’exister.
Pas pour cacher.
Pas pour plaire.
Mais pour révéler.
Un regard, une confiance, une version de quelqu’un qu’il n’osait pas montrer.
J’aimais ce moment où la personne se regardait dans le miroir…
et se redécouvrait.
Parce que moi, au fond…
personne ne m’avait jamais vraiment regardée comme ça.
J’avais toujours été la fille discrète.
Pas invisible… mais presque.
Celle qu’on oublie.
Celle qui est là, mais jamais au centre.
Et avec le temps… j’avais fini par m’y habituer.
Côté cœur, c’était pareil.
Rien de concret.
Des débuts qui s’arrêtent.
Des messages qui disparaissent.
Des “on verra” qui ne deviennent jamais rien.
Alors j’avais arrêté d’attendre.
Pas l’amour.
Mais l’idée qu’il puisse m’arriver à moi.
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Pendant que moi je cherchais ma place…
lui essayait d’échapper à la sienne.
Noé.
Avant d’être le chanteur que tout le monde connaissait, il avait été personne.
Un mec avec une guitare, des textes griffonnés dans un carnet, et des rêves beaucoup trop grands pour la réalité.
Il avait connu les petites scènes.
Les salles à moitié vides.
Les gens qui parlaient pendant qu’il chantait.
Les refus.
Les critiques.
Les moments où il se demandait s’il devait tout arrêter.
Mais il avait continué.
Encore.
Encore.
Jusqu’au jour où tout avait basculé.
Une chanson.
Une seule.
Et soudain, tout le monde le regardait.
Les vues explosaient.
Les abonnés augmentaient.
Les messages arrivaient par milliers.
Il était devenu quelqu’un.
Trop vite.
Depuis, il vivait dans un monde où tout était amplifié.
Les regards.
Les attentes.
Les émotions.
Mais plus il était vu…
moins il se sentait compris.
Parce que les gens ne voyaient pas Noé.
Ils voyaient une image.
Un artiste.
Un fantasme.
Un personnage.
Ils l’aimaient pour ce qu’il représentait.
Pas pour ce qu’il était.
Pas ses silences.
Pas ses doutes.
Pas les nuits où il écrivait pour ne pas se perdre.
Alors il avait appris à jouer.
À sourire quand il le fallait.
À dire les bonnes choses.
À être exactement ce que les gens attendaient.
Sans jamais vraiment se montrer.
Parce qu’au fond…
il se demandait si quelqu’un pouvait l’aimer sans savoir qui il était.
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La veille de notre rencontre…
on était chacun dans notre monde.
Moi, allongée sur mon lit, épuisée par une journée de plus sans réponse.
Lui, seul après une répétition, dans un silence qu’aucun public ne remplissait.
Je faisais défiler Tinder sans vraiment regarder.
Par réflexe.
Par ennui.
Des visages.
Encore des visages.
Toujours les mêmes.
Puis mon doigt ralentit.
Un profil.
Sans photo.
Juste du noir.
Nom : N.
Je fronce les sourcils.
Intriguée.
Qui fait ça ?
Je lis la description.
Une fois.
Puis une deuxième fois.
« Je préfère qu’on se découvre sans image.
Si tu lis ça, c’est déjà que t’es différente. »
Je reste bloquée dessus.
C’est idiot.
Mais c’est différent.
Pour une fois, je ne regarde pas un visage.
Je lis.
Je ressens.
Quelque chose.
Un détail.
Une sensation.
Comme si derrière cet écran noir…
il y avait vraiment quelqu’un.
Je pourrais passer.
Swipe à gauche.
Comme d’habitude.
Mais non.
Je reste.
Quelques secondes.
Puis, sans trop réfléchir…
je swipe à droite.
Match.
Presque instantané.
Un message apparaît.
Je le vois.
Mais je ne l’ouvre pas.
Je suis trop fatiguée.
Je pose mon téléphone à côté de moi.
Je me dis que je répondrai demain.
Puis je ferme les yeux.
Sans savoir que ce simple geste…
vient de changer quelque chose.
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Le lendemain matin…
je suis en retard.
Évidemment.
Réveil raté.
Téléphone déchargé.
Panique.
Je me prépare en vitesse, attrape mes affaires, et cours presque jusqu’au lieu de mon stage.
Parce que oui…
j’avais fini par en trouver un.
Un club artistique.
Pas le stage de rêve.
Mais suffisant.
Et surtout obligatoire.
J’arrive essoufflée.
En retard.
Mauvaise première impression.
Parfait.
À peine entrée, quelqu’un m’appelle.
“Léna ? Enfin ! Viens, on t’attend.”
Pas le temps de respirer.
On me met une trousse de maquillage dans les mains.
“Tu prends le prochain.”
Le prochain ?
Je n’ai même pas le temps de poser de question.
On m’ouvre une porte.
Je rentre.
Et là…
tout s’arrête.
Noé.
Assis.
Calme.
Comme si tout était normal.
Mais ce n’est pas normal.
Parce que je le reconnais immédiatement.
Parce que tout le monde le connaît.
Et surtout…
parce qu’il relève les yeux vers moi.
Directement.
Sans détour.
Nos regards se croisent.
Et à cet instant précis…
je me sens vue.
Vraiment.
Mon cœur accélère.
Mes mains tremblent légèrement.
Je m’approche.
J’essaie de rester professionnelle.
De me concentrer.
Mais c’est impossible.
Parce qu’il ne me lâche pas des yeux.
Pas une seconde.
Comme s’il me connaissait déjà.
Comme si quelque chose avait commencé avant même qu’on se parle.
Et moi…
sans comprendre pourquoi…
je tombe.
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Sans savoir que la veille au soir…
c’était lui que j’avais liké.