Le moineCALAIS
Mon cœur battit avec force en entendant la porte se fermer. « Eh bien ! nargue de l’importun ! murmurai-je par trois fois en affectant l’air de l’insouciance : il ne fera rien avec moi. »
Cependant chacune des syllabes discourtoises qui m’étaient échappées se présentait vivement à ma pensée. Je réfléchis que je n’avais sur le malheureux franciscain aucun droit, si ce n’est de lui refuser mes secours ; que le refus pour l’indigent trompé dans son espoir était déjà une peine assez sensible sans l’aggraver encore par un langage disgracieux. Je me rappelais ce reste de cheveux blancs. Il me semblait voir cette figure prévenante entrer de nouveau, et me demander avec douceur : Quelle injure vous ai-je faite ? Pourquoi en user ainsi avec moi ? J’aurais donné vingt louis pour trouver un panégyriste ! Oh ! j’en ai bien mal agi, je l’avoue, me dis-je secrètement à moi-même. Mais je suis à peine au commencement de mon voyage, j’apprendrai sans doute à me conduire mieux à mesure que j’avancerai.