Chapitre 7

2143 Words
Devon me tire du sommeil une fois de plus ce matin, le soleil est déjà assez haut dans le ciel lorsqu’ils sortent les annexes et je découvre mon nouveau lieu de résidence pour un temps dont j’ignore la durée. L’île est immense, une grande plage de sable fin court tout autour d’une forêt tropicale dense et sauvage, traversée de grands ponts de bois conduisant jusqu’à une demeure dont on ne distingue que les étages, vue de la mer. Je suis Devon le long d’un pont et la profusion de végétation nous offre une ombre bienvenue sous le soleil écrasant. La villa trône au centre de ce qui semble être une clairière à moins de cent mètres de la plage, dissimulée par l’épaisse flore de la forêt tropicale. Il me conduit rapidement dans ma chambre et m’explique qu’il a des choses à faire, mais que je peux aller et venir comme bon me semble avant de tourner les talons et repartir vers la plage. Je contemple rapidement la pièce, qui aurait pu ressembler à n’importe quelle chambre d’hôtel de luxe impersonnelle et me dirige vers l’immense dressing faisant face au lit. J’en fais glisser les grandes portes miroitantes et découvre comme Devon l’avait annoncé qu’il est rempli de vêtements. Je farfouille sans grande conviction et finis par en tirer un bikini noir et une robe de plage courte et blanche. J’ouvre les tiroirs tous remplis d’accessoires, lunettes de soleil, montres et ceintures. J’attrape une paire de lunettes de soleil au hasard puis fais glisser la seconde porte. Je remarque les chaussures et me saisis de tennis blancs, puis je me dirige ensuite vers l’autre porte de la chambre et découvre sans grande surprise, une immense salle de bain avec une douche à l’italienne. Je ferme la porte et pose les affaires que j’ai emportées avec moi contre le lavabo. J’observe mon reflet dans le miroir, je n’ai pas eu le temps de me rafraîchir au réveil sur le bateau et j’entreprends alors de prendre une douche, les jets d’eau dégringolant directement du plafond me coulant dessus en cascade. Je me lave soigneusement les cheveux, les démêlant puis les rinçant avant de répéter le même processus avec l'après-shampoing. Quand enfin je suis satisfaite et détendue autant que possible compte tenu de la situation, je m’essuie et enfile le bikini dont je noue les lacets sur chaque hanche, puis sur la nuque et derrière mon dos. Je laisse pendre mes cheveux humides et enfile la robe de plage blanche, légère, transparente et décolletée qui se noue comme un gilet, puis je visse les lunettes de soleil sur ma tête. Je sors par la porte fenêtre de ma nouvelle chambre qui conduit directement à la plage par l’un des chemins de bois dans la pénombre étouffante de la forêt. Je longe d’abord la plage par la gauche, observant attentivement les hommes qui patrouillent tout en m’ignorant. La forêt semble épaisse et seuls les ponts en bois permettent d’accéder à la maison sans avoir à s’empêtrer dans la végétation. La journée défile tandis que je jette un œil un peu partout, repassant par la maison alors qu’une soif impossible à ignorer m’a saisie. Le climat est différent du Texas, je transpire beaucoup plus et le soleil me brûle davantage la peau pourtant habituée à l’intensité des rayons de l’astre lumineux. Ce n’est qu’au coucher du soleil que le calme tombe sur l’île. Presque l’intégralité du personnel de Devon excepté James et Bill sont retournés à bord du yacht qui a lui-même commencé à s’éloigner à l’horizon. J’ai rapidement mangé à la cuisine, tous les placards sont remplis de provisions, j’ai visité le rez-de-chaussée de la maison et regagné ma chambre en fin de journée, alors que la nuit commençait à tomber. Je repasse la porte fenêtre de ma chambre puis suis le long pont jusqu’à la plage. Je m’assieds au bord de l’eau, laissant les vagues envelopper mes jambes encore marquées de bleus et de griffures au rythme de leur aller et venues. Perdue dans mes pensées, je garde les yeux fixés sur l’horizon, bercée par le chant de la mer et la brise, la lune reflétant les ondées chatoyantes. Alors que je ne l’ai pas entendu arriver, Devon s’assied à côté de moi silencieusement avec la grâce d’un félin. Mon corps se tend instantanément à sa proximité. - La vue te plaît ? - Elle ressemble beaucoup à celle que j’avais de ma maison, réponds-je d’un ton que je veux détaché. - Je sais. - Pourquoi m’avoir amenée ici ? Lui demandé-je alors. - Parce que je vais rester dans la région quelque temps. - Tu aurais pu me laisser au ranch comme la dernière fois, cela aurait été moins compliqué. - Je voulais t’avoir à ma disposition et à l’œil. Le bateau est reparti et il n’y a aucun moyen de transport ici, tu peux aller où bon te semble sans que j’aie besoin de te surveiller. - Génial, déclaré-je sarcastique, encore un peu plus de captivité. - Ne fais pas la malheureuse. - Je devrais me réjouir d’avoir perdu ma famille, mon identité, d’être mariée de force et prisonnière ? Oui, tu as raison bien sûr… - Cesse d’être insolente, gronde-t-il, ma patience est très limitée ce soir. Son attitude me fait taire instantanément, tendue par la froideur et la domination qu’il dégage. Mon cœur recommence un nouveau sprint dans ma poitrine et je dois prendre plusieurs inspirations discrètes pour essayer de me contrôler et ne pas céder à la panique ou à l’explosion de colère. - Bien, reprend-il tandis que je ravale mes fulminations, maintenant que nous sommes installés, nous allons pouvoir passer à la lune de miel. - Pardon ?! M’exclamé-je offusquée par tant de concupiscence en essayant de me lever brusquement. Il saisit rapidement mon poignet pour me retenir fermement. - Assieds-toi Adena. Son ton sans appel ne suggère pas la tolérance de supplications et j’obéis le sang glacé malgré la douce tiédeur de la soirée. - Pour une fois, j’aimerais que tu sois coopérative, le voyage a été long. Je sens qu’il est parfaitement inutile de résister. Il est implacable et déterminé. - Qu’est-ce que tu attends de moi ? Questionné-je hésitante. Il ne répond pas par les mots, il se place au-dessus de moi dans un mouvement habile avant de délicatement m’allonger sur le sable. Je m’exécute docilement sous la pression qu’il exerce sur moi. Il scrute chaque détail de mon visage ancrant profondément son regard au mien, me coupant le souffle, tendue sous lui, à la merci de son inquisition. Je suis obligée de reconnaître qu’il est d’une beauté fascinante. - Alors ? Murmure-t-il tandis que son souffle se mêle au mien et qu’il s’approche doucement. - Je ne comprends pas, parviens-je à articuler la respiration saccadée complètement troublée. - Je te laisse l’opportunité de t’exprimer et de partager quelque chose avec moi. - Pourquoi ? M’étonné-je alors. - Parce que tu es ma femme, dit-il avec une nuance de possessivité dans la voix. - Pourquoi avoir fait en sorte que je le devienne ? Interrogé-je haletante dans l’espoir d’obtenir une réponse sincère. - Je te l’ai déjà dit, j’avais besoin que tu sois facilement transportable et que tu n’aies pas la possibilité de mettre la main sur ta fortune. La façon dont il me dévore du regard suggère qu’il ne dit pas toute la vérité, puisque j’y lis quelque chose qui m’effraie totalement. De l’obsession. - Tu te passais bien de mon consentement avant, pourquoi vouloir t’en embarrasser maintenant ? Continué-je tentant de gagner du temps tout en connaissant d’avance l’issue inévitable de cette discussion. - Sois obéissante Adena, gronde-t-il encore plus près de mes lèvres me donnant un vertige un peu trop plaisant. - Mais… - Tais-toi maintenant, m’avertit-il. Mon cœur bat la chamade dans ma poitrine tandis qu’il frôle mes lèvres avec une douceur enivrante. Le temps se suspend, alors qu’il semble chercher à percer un mystère derrière le regard que j’ai sur lui. Je tente de repousser de toutes mes forces les réactions involontaires que pourrait avoir mon corps, mais la tension palpable entre nous augmente à toute vitesse chargeant l’air d’électricité. Il approche davantage, je perds complètement la tête, jusqu’au moment où nos souffles se mêlent, ma vue se brouille, mes oreilles bourdonnent, je suis enveloppée de l’odeur ensorcelante de sa peau, je n’ai même plus le contrôle de mes poumons lorsqu’il pose ses lèvres contre les miennes. Avec la douceur du velours, il m'épouse de ses baisers. J’ai fermé les yeux, emportée dans un tourbillon de sensations et m’habitue à ce contact nouveau et complètement désarçonnant pendant que nous échangeons un b****r. Un b****r merde… Il affermit son étreinte, approfondissant les caresses de sa langue, explorant ma bouche alors qu’il m’emmène avec lui dans le tourment de ses habiletés. J’enroule machinalement les jambes autour de sa taille, mon corps s’aimante à lui sans que je ne le commande tandis qu’il se fraye un chemin dans ma robe de plage avant d’accrocher sa main à l’un de mes seins, malaxant son galbe, glissant ses pouces contre mes tétons m’envoyant instantanément de doux courants électrisant dans tout mon corps. Contrairement à son habitude, ses caresses précises sont délicates, bien moins possessives et inquisitrices qu’à l’accoutumée. Il glisse les doigts le long de mes côtes jusqu’à l’élastique de mon bikini qui enlace ma hanche, puis tire la ficelle pour en défaire le nœud. Le tissu dévoile mon intimité, il y plonge sa main, son contact me fait hoqueter d’un plaisir immédiat. Avec fermeté et vigueur, il insère un doigt en moi m’arrachant un gémissement incontrôlable contre ses lèvres. - Montre-moi de quoi tu es capable, souffle-t-il contre ma gorge alors que je suis prise dans les tourments vertigineux des incursions conquérantes de sa bouche. Je ne voulais pas si facilement m’abandonner à lui, mais je le sais fort bien, je suis encore vaincue pour cette fois, tout mon corps répond malgré moi à ses caresses puissantes se cambrant à son contact. Il provoque des réactions bien plus décuplées que tout ce que j’ai pu connaître auparavant comme si j’avais toujours été à lui. Je ne sais pas quand il a enlevé son short, envoûtée dans ses tendresses inattendues et désarmantes, mais bientôt il s’enfonce en moi, se frayant un passage dans mes parois veloutées inondées d’une excitation que je n’ai nullement commandée, nous unissant l’un à l’autre, les vagues mordant nos jambes alors que nous faisons durer notre étreinte passionnée. J'oublie tout l’espace d’un moment et je laisse cet homme cruel et dangereux me prendre sur cette plage paradisiaque, et j’aime ça… Mon Dieu… J’aime ça… Emportée par mon plaisir, perdue dans mes sensations, je le repousse fermement, il cède à ma demande, décuplant instantanément les décharges de plaisir qui me secouent tout entière et s’allonge sur le dos alors que je monte sur lui. Je reprends son membre gonflé de désir en moi et m’empale profondément alors qu’il m’attire contre sa bouche, s’emparant de mes dernières volontés, je le chevauche savourant le peu de la liberté qu’il me laisse, envoyant des décharges de plaisir toujours plus puissantes contractant mes muscles intimes autour de sa verge, puis j’atteins le paroxysme dans une douce plainte. Je ralentis mes mouvements pour apaiser mes chairs rendues trop sensibles par l’o*****e, mais Devon me saisit par la taille à deux mains et s’enfonce plus profondément d’un coup de rein puissant prolongeant l’extase qui me parcourait, m’imposant des sensations encore inconnues. - Ce n’est pas encore fini… Gronde-t-il la voix lourde d’un désir vorace. Il me retourne avec habileté tout en restant ancré en moi pour reprendre sa position dominante avant de m’asséner de vigoureux coups de boutoirs sous mes cris étouffés. J’implose littéralement d’un plaisir totalement dévorant, consumant mes neurones en ébullition, m’arrachant des supplications que j’ai l’impression d’entendre au loin. - Devon, haleté-je alors que mon corps se contracte davantage à chaque aller et venues, je n’en peux plus… - Je veux que tu jouisses encore. - Non s’il te plaît, c’est trop fort… Je ne m’en sens pas capable, il impose un rythme effréné, éreintant, il plaque la main sur ma bouche, m’obligeant à me taire et continue de me stimuler inlassablement, j’en ai les larmes aux yeux, je gémis tellement fort contre sa main que ma gorge s’éraille quand l’o*****e m’emporte enfin tandis qu’il me rejoint dans l’extase déchargeant de profondes salves de sa semence en moi. Nous restons figés un moment dans cette étrange étreinte, reprenant notre souffle sans qu’il me quitte du regard. Je meurs d’une honte absolue face à lui. Il m’intimide, mais m’attire, me brutalise, mais m’excite plus que personne avant lui, il est mon égal, mais mon bourreau. Je veux le fuir de tout mon être alors qu’il me fait jouir, qu’il me force et que je ne devrais pas aimer ça.
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