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1483 Words
Après avoir pris une bonne douche, je pris mon petit déjeuner. Je n’avais pas pu fermer les yeux. Méritai-je que ma belle-famille me mette à l’écart ? Hein ? Je n’ai jamais eu le sens des responsabilités ni la maturité de ma grande sœur. Jules ne cessait de me le reprocher. Je sais qu’il aurait aimé qu’elle soit son épouse. Je ne pourrai le blâmer. J’ai parfois l’impression d’être maudite. Est-ce parce que je n’ai pas autant la foi qu’elle ? Ou est-ce la répercussion des mauvais choix que j’ai fait jusque-là ? Je me levai de table, cherchai mes clés dans mon sac, puis me rendit à la radio. Faire cette émission était la meilleure des thérapies en ce moment. Je ne sais pas pourquoi, mais j’aimais bien Khadija. Je la trouvai différente des journalistes sans cœur. Elle était humaine. Une fois sur place, je la trouvai assise seule : -Khadija : Bonjour Dieyna, comment vas-tu ce matin ? -Moi (avec un grand soupir) : Ma belle-mère me hait, sinon ça va. -Khadija : Tu m’en vois navrée. -Moi : Merci. -Khadija : Bon allons-y. -Moi : Ok Nous nous rendîmes tranquillement dans le studio où les techniciens faisaient déjà quelques tests. C’était parti pour un autre tour. Je n’attendis même pas que Khadija me pose des questions, j’enchainai calmement avec la suite : Quand je me réveillai le lendemain, Jules était sous la douche. J’allai le trouver dans la salle de bain afin de savoir où était-il et à quelle heure était-il rentré : -Moi : Bonjour Souleymane. Où étais-tu passé hier soir et à quelle heure es-tu rentré ? -Jules : Maintenant tu viens me trouver jusque dans les toilettes pour me poser des questions ? Eh bin. J’avais besoin de prendre l’air donc j’ai juste conduit jusqu’à la corniche et je suis resté là-bas. Je n’ai pas regardé ma montre, j’ai dû rentrer vers une heure trente du matin. C’est tout ou tu as d’autres questions ? Avant que je n’oublie, je mange chez Farba ce soir. -Moi : Et moi ? Pourquoi ne m’invitent-ils jamais ? Je parie que c’est encore un coup de Marietou. Elle ne m’aime pas et ne le cache pas. Comment peux-tu cautionner cela ? Je suis ta femme, non ta copine. -Jules : Tu vois le mal partout. Si elle ne t’invite pas c’est uniquement parce qu’on évoque tout le temps des souvenirs et elle ne veut pas que tu te sentes exclue. Le monde ne tourne pas autour de ta personne. -Moi : Vous vous connaissez depuis longtemps alors ça ne dérange pas que vous évoquiez de vieux souvenirs. Tu sais quoi ? Je vais t’accompagner. A quelle heure tu y vas ? -Jules : Tu n’es pas conviée alors je ne t’emmènerai pas Dieyna. -Moi : Et pourquoi ? je suis sûre que ma présence ne dérangera personne. -Jules : J’ai dit non ! Tu es bouchée ou quoi ? Non mais c’est du jamais vu ça. Tu es lourde à la fin. -Moi : J’ai une voiture aussi et je sais où c’est alors je vais tout bonnement débarquer ! -Jules : Je n’y crois pas. Mon Dieu qu’ai-je fait pour mériter cela. Il est tôt et tu sais pertinemment combien je déteste parler de si bon matin. J’en ai fini. Il s’habilla rapidement et partit. Je détestais être exclue de la sorte. -Khadija : Du coup, es-tu finalement partie, malgré le refus de ton mari ? -Moi : Oh que oui. J’ai tenté de joindre mon mari plusieurs fois mais il ne décrochait pas. Je lui ai donc envoyé un message pour lui dire que j’étais en route. Il n’a pas répondu. Quand j’ai débarqué chez Farba, il y avait du monde. Ils avaient apparemment invité tous leurs anciens camarades ainsi que leurs épouses. Seul un divorcé et Jules n’étaient pas accompagnés. Quand je fis mon entrée, Marietou me regarda d’un air bizarre comme pour dire : « qu’est-ce qu’elle fait là elle ». Alors que j’allai vers elle, Jules s’avança vers moi et me prit le bras en me tirant vers la cours arrière : -Jules : Je n’ai jamais eu aussi honte de ma vie, qu’est-ce que tu fais ici Dieynaba ? -Moi : C’est moi qui ait honte Jules. Je ne suis pas une petite amie que l’on range dans un placard. Je suis ta femme Souleymane. Tu dois m’imposer. Tous vos amis de la fac sont là accompagnés de leurs femmes et tu es le seul qui s’est pointé sans la tienne comme si tu étais divorcé. Quelle image renvoies-tu de notre couple ? Je ne bougerai pas d’un iota. Je m’en fiche si ma présence n’enchante personne. -Jules : Dans ce cas, je ne reste pas. -Moi : C’est toi qui vois si tu rentres, je te suis. Si tu décides de rester également je le ferai. A toi de voir. Il ne me répondit même pas. Il retourna s’asseoir. Je pris une chaise sur laquelle personne n’était assise puis la posa à côté de mon mari. J’avais pris le soin de saluer tout le monde même Marietou qui ne cacha pas sa déception en me voyant chez elle. Très sincèrement, cela me foutait au pôle nord. Son mari quant à lui était gêné. Il ne cessait de venir vers moi afin de vérifier si tout allait bien et que je ne manquais de rien. Jules ne m’avait pas adressé la parole pendant toute la soirée. C’était flagrant et humiliant. Quand je lui parlais, il ne répondait pas. Il est bien vrai que je n’avais pas été invitée mais ce n’était pas une raison pour qu’il agisse ainsi. Il donna satisfaction à tout le monde. Je parie que lorsque nous sommes rentrés, nous étions le sujet de conversation de tout le monde. Qu’est-ce que Jules avait pu leur raconter ? Que nous deux ça n’allait pas ? Jules et moi sommes partis les premiers. J’avais voulu laisser ma voiture chez Farba et la récupérer le lendemain pour monter dans celle de mon mari mais il me freina dès qu’il comprit : -Jules : Tu es venue seule alors repars seule ! Je n’ai même pas extrapolé ! J’ai allumé ma voiture et je suis partie. Nous sommes pratiquement arrivés en même temps. J’ai pris une douche et je me suis couchée. Le lendemain matin il me faisait encore la tête. Il ne me dit même pas bonjour alors j’en fis de même. La poisse me suivit jusqu’au boulot. Mon boss nous convoqua tous dans la salle de réunion : -M. Diop (le boss) : Merci à tous d’avoir répondu présent. Si j’ai tenu à ce que vous soyez tous rassemblés c’est pour faire taire les bruits de couloir et les rumeurs. En effet, la société a de gros problèmes financiers raison pour laquelle la majorité d’entre vous n’ont pas encore perçu leurs salaires. Nous sommes en train de trouver une solution mais en attendant, afin que les factures ne s’accumulent pas, nous trouvons qu’il est préférable que vous restiez tous chez vous. La majorité de nos gros partenaires nous ont laissé tomber. Je suis conscient que beaucoup d’entre vous sont des pères de famille mais nous n’avons pas le choix. Je suis désolé. Les gens commencèrent à tous parler en même temps. Le bruit était insupportable. Je n’avais vraiment pas besoin de ça à en ce moment. Il me fallait coûte que coûte trouver un nouvel emploi. J’envoyai un sms à Maty étant donné qu’elle avait beaucoup de contacts : -Moi : Hey ma copine, j’espère que tu vas bien ? Ils vont nous licencier, l’heure est grave. Partage mon CV avec tes contacts stp. -Maty : Sincèrement désolée pour toi. Ok ça marche. Au fait, je passerai à ma descente. Jules m’a demandé de te parler. A toute. Il prétend ne pas aimer mais meilleure amie mais c’est elle qu’il envoie me parler, n’importe quoi ! Cette journée ne pouvait pas plus mal finir. Le Syndicat avait décidé de faire une réunion d’urgence quant à la conduite à adopter face à l’annonce du Boss. Je pris part uniquement parce que je ne voulais pas être la brebis galeuse. Cependant, j’avais autre chose en tête. Je profitai du fait que tout le monde avait déserté les desks pour me rendre discrètement dans le bureau de M. Diop. Je frappai puis entrai sans attendre qu’il m’en donne la permission : -Moi : M. Diop, je suis vraiment navrée pour tout ce qui arrive et je souhaite de tout cœur que la situation se décante le plus rapidement possible. Je sais que cette entreprise est toute votre vie. -M. Diop : Merci Mme Cissé. Vos propos me touchent. Je suis très content de vous et de l’excellent travail que vous avez fait jusque-là. Si vous avez besoin d’être recommandée, n’hésitez pas. Ce sera avec grand plaisir.
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