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Les Maitres de l'orage - Tome 2

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70 ans séparent les faits décrits dans ce deuxième tome des Maitres de l'orage. Les récentes découvertes pourraient éclairer les zones d'ombres qui entourent les aventures de Marwen sur l'Ile Verte...

Mars 1942. Anne et James de Tréharec quittent Paris sous les bombardements pour se réfugier sur l’Île Verte, siège ancestral de leur famille. Mais l’île est occupée par les Allemands, et d’étranges disparitions alimentent les pires interprétations. Pour retrouver les disparus, Anne, James et Marwen devront affronter l’abominable Rhombus.

En 2012, Arnaud de Tréharec, en vacances dans le château familial de l’Île Verte, fait la rencontre d’un jeune Allemand, Sieg, avec qui il se lie immédiatement d’amitié. Alors que de terrifiants phénomènes naturels se déchaînent sur l’île, la découverte d’un vieux cahier et de lettres jamais postées vont propulser les deux garçons au centre d’événements dramatiques, fruits de ceux qu’ont vécus Anne et Marwen cinquante ans plus tôt…

Entre passé et présent, découvez sans plus attendre le deuxième volet de la saga Les maitres de l'orage dans lequel la jeune génération va devoir faire face aux événements dramatiques du passé.

EXTRAIT

— Mais c’est quoi ce truc ? s’exclama Arnaud.

Il venait d’extirper d’une gangue de boue la chose sur laquelle il avait trébuché. Il la faisait passer d’une main à l’autre en l’observant sous toutes les coutures.

On aurait dit un morceau de bois terni qui avait vaguement la forme d’une petite toupie pour enfants. Arnaud avait marché sur l’extrémité pointue et, bien que son pied ne soit pas blessé, une douleur extrême l’avait terrassé.

Il avança son doigt vers l’extrémité en pointe et à peine l’eût-il touchée qu’une décharge électrique lui fit lâcher l’objet et pousser un cri de douleur.

— C’est du délire ce truc ? Depuis quand le bois est-il devenu conducteur d’électricité ?

Les sourcils froncés, il entreprit de gratter l’objet avec une pierre. Y avait-il du métal là-dessous ? Malgré ses efforts renouvelés le bois était étonnamment résistant et la pierre ne l’entamait pas. Pourtant, malgré sa solidité, on voyait bien qu’il avait été endommagé et que sa base à l’origine était attachée à autre chose.

Arnaud fouilla la poche de son short et en sortit un mouchoir. Il le secoua pour l’ouvrir et y déposa l’objet étrange avec soin. En faisant attention à ne pas toucher son bout pointu, il l’enveloppa du mieux qu’il put puis le fourra dans sa poche, la pointe « électrique » orientée vers l’ouverture.

Il se releva, les genoux et les coudes maculés de boue. Il ne sentait ni les bleus ni les égratignures. Il ne remarquait ni le vent qui se levait, ni les grondements de l’orage tout proche. Les pieds nus dans l’herbe mouillée, les cheveux balayés par le vent, il souriait.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

Entre l'Histoire, l'aventure, la science et les légendes, sans oublier le tumulte des émotions, je vous conseille vivement cette lecture pour découvrir le vertige du Rhombus… - Dubruit dans les oreilles

À PROPOS DE L'AUTEUR

Véronique David-Martin est d’origine bretonne mais vit en Grande-Bretagne depuis une trentaine d’années. Docteure en littérature comparée, lectrice vorace depuis sa plus tendre enfance, elle se nourrit d’histoires, de mythes universels et de légendes celtiques, ainsi que de récits de famille sur la Seconde Guerre mondiale, intérêts qui l’ont évidemment inspirée dans l’écriture des Maîtres de l’orage.

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Côtes-du-Nord : mars 1942
Côtes-du-Nord1 mars 1942Un cahot plus v*****t que les autres précipita Anne de Tréharec contre le siège avant de la voiture et la réveilla en sursaut. Elle se frotta les yeux et passa ses doigts engourdis dans son épaisse chevelure brune. Combien de temps avait-elle dormi ? Un coup d’œil par la fenêtre lui indiqua que le paysage n’avait pas changé depuis des kilomètres : des chemins étroits encastrés entre de hauts talus broussailleux qui bouchaient la vue et lui donnaient envie de vomir. Alors qu’elle tournait la tête, une toupie sombre tournoya devant ses yeux. Anne réprima à grand mal une nausée. Elle ne voyageait pas bien en voiture. Coincée sur le siège arrière au milieu d’un amas de valises et de sacs, Anne frissonna. Il faisait froid dans la vieille Citroën qui cahotait péniblement sur la route pleine d’ornières. – C’est un vrai parcours du combattant ! grommela le Frère Jean. Une main sur le volant, il s’empara de ses petites lunettes à monture métallique et essaya de les astiquer contre son chandail avant de les replacer sur son nez. – C’est ma myopie, mes lunettes, la buée dedans ou le brouillard dehors ? – Sans doute un peu des quatre, répondit son passager, un adolescent blond dont le regard tentait lui aussi de percer le flou combiné de la condensation intérieure et de la brume extérieure. Le Frère Jean passa une main impatiente sur la vitre devant lui. – C’est une vraie purée de pois ! U-ne-pu-rée-de-pois, répéta-t-il plusieurs fois en appuyant sur chaque syllabe. L’adolescent se retourna et fit un clin d’œil taquin à sa sœur. Anne se força à lui répondre par un sourire. – Quelle heure est-il James ? demanda le Frère. Malgré ses efforts pour sembler détendu, la tension dans sa voix était presque palpable. James se rassit face à la route et jeta un coup d’œil à sa montre. – Presque quatre heures. – Aïe, dit le Frère. La nuit tombe déjà. – Vous croyez qu’ils ne vont pas nous attendre, demanda Anne en tentant, elle aussi, de masquer l’anxiété dans sa voix. – À cette allure… commença le Frère. En plus ils ne connaissent pas la date exacte… – Ils nous attendront, dit James. Il se retourna à nouveau vers sa sœur et, son regard clair fixé dans le sien, il répéta tout bas : « Ils nous attendront ». Son visage était calme et assuré. Anne détourna les yeux. Bien qu’elle sache que son frère voulait la rassurer, le vieil énervement remontait en elle. Il ne pouvait rien lui promettre de la sorte et ferait mieux de se taire. Elle soupira, se laissa glisser un peu sur la banquette et posa sa tête contre le dossier. Elle allait se laisser aller de nouveau au sommeil quand une ombre gigantesque et fantastique, comme un homme aux ailes déployées, apparut juste devant la voiture. Le Frère Jean freina en tournant le volant de toutes ses forces. Le véhicule fit une embardée vers la gauche puis s’arrêta net contre le rebord du chemin creux. Le rebond secoua violemment les trois passagers. – Qu’est-ce que c’était, dit le Frère en haletant. – On a écrasé quelqu’un, balbutia Anne les yeux dilatés d’horreur. 1 À l’époque les Côtes-d’Armor se nommaient les Côtes-du-Nord.

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