Île Verte juillet 2012Mai 1942, l’Île Verte Ma très chère Claire, Mai est arrivé et on se croirait en été, surtout après l’hiver qu’on a eu. Depuis le début de la guerre c’est comme si la nature conspirait avec les boches pour nous rendre la vie difficile. Froid sibérien, peu ou pas de chauffage, et jamais assez de nourriture. On se sent revivre avec la douceur de l’air et l’apparition du soleil, avec la verdure au lieu de la grisaille… Mais bien que nos âmes ressentent elles-aussi ce bien-être de nos corps, le carcan glacé de la guerre les retient encore dans sa prison de désespoir. Si rares sont les nouvelles de Paris que l’on se sent terriblement isolés ici. En plus on reçoit des échos de choses affreuses qui sont censées se passer là-bas : bombardements sanglants par les Anglais,

