LIAM
– Alors c'est vrai ? Elle me demandait, l'air réjouis.
– Qu'est-ce que tu racontes ? Dis-je, l'air de rien.
Elle se remettait à rire, et je ne me rappelais pas l'avoir trouvé aussi insupportable avant ce jour. Mes muscles ne se détendaient pas, et je luttais pour ne pas la supplier de fermer sa grande bouche.
– C'est bon Liam, après Josh, je suis la seule au courant de tout ce qui s'est passé avant que tu partes en France.
– Je ne t'ai jamais rien dit, comment tu pourrais être au courant de quelque chose ? Dis-je sèchement.
– Tu crois que je suis stupide ? Les jours où je ne te voyais pas, et que finalement, j'avais la surprise de te voir arriver chez moi pendant la nuit, tu crois que je ne savais pas que tu venais juste pour te distraire ?
Je serrais les dents. Je la croyais plus conne que ça...
– Alors, ça te fait quoi de savoir que je sais tout ?
Je ne répondais rien, et la regardais faire les cent pas entre la porte de ma chambre et moi.
– Qu'est-ce que tu veux ?
– Quoi ? Elle me disait, en s'arrêtant.
– Qu'est-ce que tu veux ? Tu ne fais jamais rien par hasard.
– Qu'est-ce que je veux ?
Elle s'approchait de moi, et cette fois, je la laissais poser ses mains sur moi, non sans avoir un mouvement de recul.
– Je veux que tu quittes Mia, et que tu te remettes avec moi.
Je rigolais, et la poussais sur le côté pour sortir de ses griffes.
– Pourquoi on se remettrait ensemble, Tess, je ne t'ai jamais aimé.
Pour elle, s'était comme une gifle sortie de ma bouche. Elle retenait son souffle et semblait chercher ses mots.
– Ne fait pas semblant. On ne s'est jamais aimé. Toi, tu me voulais pour ton image, et moi, je te prenais seulement pour me distraire.
Je détectais subitement de la tristesse dans ses yeux. Je l'avais blessée, et ça aurait été une autre fille, j'aurais pu avoir pitié et ne rien dire, mais quand il sagissait de Tess, je ne me retenais plus. Je la détestais trop.
– Tu peux me dire ce que tu veux, je m'en fous. Mais, ne fais pas le malin. Parce que, ta petite protégée ne restera plus longtemps avec toi, à présent. Mais comme je sais que tu ne veux plus de moi...
Elle se plaquait contre moi, levait légèrement sa jambe et la coulissait le long de la mienne. Je ne bougeais pas, ne cillais même pas.
– Je vais te donner une chance de lui dire toi-même que c'est de ta faute, ce qui lui est arrivée, mais...
Elle approchait sa tête de mon cou, et je sentais son souffle me chatouiller l'oreille.
– En attendant, je ne veux plus que tu m'ignores, ni même que tu me parles comme tu le fais depuis que tu as rencontré cette gamine.
Sa bouche n'était plus qu'à quelques centimètres de la mienne, et je ne quittais plus ses yeux. Si elle savait à quel point j'avais envie de la gifler pour oser parler de Mia comme ça, mais jamais je ne ferais de mal à une fille.
– A partir de maintenant, je veux que tu répondes à mes messages. Parce que je vais te dire un truc, il ne suffit que d'un message à Aria, dont j'ai encore son numéro, pour que ta petite Mia te soit brusquement enlevée avant que tu réalises vraiment ce qui se passe. Et en plus, tu sais que j'en suis capable.
Je fermais les yeux quelques secondes. Elle me tient, cette s****e.
– Je vais tout lui dire.
– Ah oui ?
Elle fronçait les sourcils, et s'éloignait légèrement de mon visage pour m'analyser. Sa jambe redescendait sur la terre ferme et je pouvais enfin respirer normalement.
– Contrairement à toi, je n'arrive pas à faire semblant avec les gens que j'aime. J'en ai marre de me taire, je vais prendre mes responsabilités, pour une fois.
Elle me fusillait encore du regard, et je restais impassible.
– Et tu vas lui dire quand ? Ce soir ? Demain ? J'ai entendu dire que son frère avait subitement fait son apparition. Vanessa m'a dit qu'il était très sexy. Tu crois qu'il va faire quoi, quand sa sœur lui aura appris la vérité ? Et les autres, qu'est-ce qu'ils vont faire, à ton avis ?
– Je me fiche de ce que pensent les autres.
– Oh, bien sûr, tu penses peut-être qu'elle va te pardonner ? Mais tu rêves. Comme tu le dis si bien, ta petite Mia est mon opposé, et je doute qu'elle, elle se mette à tes pieds une fois qu'elle aura appris qu'elle s'est faite v****r à cause de toi.
Je serrais les dents.
– Je lui dirais ce week-end, Tess. En attendant, n'essaye pas de dire quoi que ce soit, sinon, je peux te jurer que ta vie sera pire qu'un enfer. Tu me connais, et tu connais Josh. Je n'ai qu'une parole.
Je lui ouvrais ma porte et restais droit comme un « I ». J'entendais ses talons résonner sur le parquet, et la voyais enfin.
– Ne joue pas au plus malin, Liam. Tu vas vite redescendre de ton pied d'estale, crois-moi. Toutes les filles seront peut-être ravies de te voir célibataire, mais tu en souffriras.
Je la laissais sortir et claquais violemment la porte à peine était-elle sortit.
– Tu en fais, une tête. Me disait Josh quand je franchissais la porte de la salle, dix minutes plus tard, en tenue de running.
Je ne répondais rien, et prenais mon téléphone pour chercher de la bonne musique.
– Qu'est-ce que tu as ? On dirait que tu as vue un fantôme ?
– Tess vient de partir.
– Quoi ?
Il se redressait de son banc de muscu et s'essuyait le visage avec une serviette.
– Tu as bien dit Tess ?
– Oui, cette s****e a essayé de me faire chanter. Elle sait tout.
– Comment ça, elle sait tout ?
– Elle a deviné. Elle sait que les mecs qui s'en sont pris à Mia, c'est des Bloods.
– Tu plaisantes ? Elle, elle a vraiment deviné ? Depuis quand elle n'est plus conne ?
Sur ce point, on pensait exactement la même chose.
– Laisse-moi deviner, elle voulait que tu te remettes avec elle en échange de son silence ?
Je souriais faiblement. Il la connaissait aussi bien que moi, en fait.
– Faut vraiment être cinglé pour obliger quelqu'un à sortir avec toi en échange de quelque chose. Je te lavais déjà dit, que cette fille n'était pas nette.
Il me dépassait, et prenait une valise d'haltères. Il la posait par terre et en sortait deux.
– Tu ne t'entraîne pas avec moi ?
– Non, je vais aller courir.
– Elle t'a énervé, on dirait. Tu es tout tendu. Comme si la journée, tu ne l'étais déjà pas assez.
– J'en ai marre de toutes ces histoires. Il faut que Mia sache la vérité au plus vite, avant que Wayne ou Tess ne lui dise. Elle me détestera peut-être un peu moins, comme ça.
Je le voyais faire une grimace.
– Je sais, c'est perdu d'avance.
Je mettais mes écouteurs à mes oreilles.
– Tu vas lui dire quand ?
– Vendredi. Comme ça, elle aura le week-end pour digérer.
Son silence n'annonçait rien de bon. Il savait autant que moi que cette histoire allait mal tourner pour tout le monde.
– Tu sais, hier, j'ai retrouvé des photos.
– Des photos ?
– Oui, avec Kyle, Lenny...
– Oh. Une stupide erreur de jeunesse, hein ?
J'acquiesçais.
– Tu veux que je vienne courir avec toi ?
– Non, ça va. Je risque de rentrer tard. J'ai besoin de me défouler.
– Comme tu veux.
Je le plantais là, et partais vers la porte d'entrée. C'est là que je voyais grand-mère descendre des escaliers, habillée comme si elle sortait à un gala de charité.
– Bonjour, grand-mère.
– Oh, bonjour Liam. Tu sors ?
– Et toi ?
Elle arrivait à la dernière marche.
– Eh bien, oui, je vais en ville, ce soir. Harrison m'emmène à un dîner avec des vieilles, comme moi.
Je rigolais légèrement et me tournais pour la regarder rentrer dans la cuisine.
– Ah oui ? Pourtant, tu n'es pas si vieille.
Elle me lançait un petit regard de défi, puis me regardait de la tête aux pieds :
– Et toi, tu comptes sortir dans cette tenue ?
– Je vais juste courir, je ne sors pas.
– Oh, alors va te défouler, moi, j'ai une folle envie de vin blanc.
Je rigolais avant de partir.
Le froid me faisait du bien. Je sentais les muscles de mes bras se détendre, et j'arrivais même à penser à autre chose, pendant un petit moment, parce que toute cette m***e m'obsédait depuis deux bonnes semaines, maintenant.
Tess était au courant, tout comme Wayne l'était. Elle pourrait le dire à n'importe qui, que ce soit Vanessa ou Carly, et je n'osais pas imaginer le scandale qui allait se dérouler devant moi si elle l'apprenait de leurs bouches.
Je faisais demi-tour au bout de quelques kilomètres, sentant ma sueur dégouliner dans mon dos, et finissais par marcher pour jeter un coup d'œil à mon portable. Un message de Mia :
TOI, ALLER COURIR ?
Je souriais et lui répondais dans la foulée :
JE RESTE UN SPORTIF, APRÈS TOUT.
Elle me répondait par des smileys et je tentais de reprendre ma respiration avant de lâcher sans réfléchir :
TU VIENS CHEZ MOI VENDREDI SOIR, J'AIMERAIS TE PARLER DE QUELQUE CHOSE.
Le silence qui suivait ce message me crispait et j'accélérais le pas pour rentrer à temps pour manger avec Josh.
C'est seulement quand j'arrivais près de mon portail, qu'elle me répondait :
D'ACCORD.
C'est tout ? Au fond, j'étais rassurée, mais connaissant Mia, elle n'avait pas vraiment envie de parler. D'habitude, elle adorait me poser tout un tas de questions, et ça me manquait, maintenant.