CHAPITRE 12

2392 Words
LIAM – Il faut qu'on le chope maintenant. Me disait Josh, près de mon casier. Je me tournais et voyais Wayne poser ses livres dans son casier. Il le refermait et passait devant nous en nous ignorant. – Pas ici, on le suit dehors. Dis-je en passant devant lui. J'ignorais Aria et Mia et suivait Wayne jusque dehors. – Wayne ? Il s'arrêtait une seconde, avant de reprendre sa marche et de traverser la route pour rejoindre le parking. – Wayne, attend, il faut qu'on parle. Disait Josh. Il s'arrêtait devant sa voiture et se tournait vers nous. – Vous voulez parler, maintenant ? Il était froid, et le voir aussi fermé me faisait de la peine. Il n'aurait pas dû assister à ça, et maintenant, il en souffrait. – On a essayé de te joindre toutes les vacances, mec. Lui disait Josh. On ne savait pas où tu habitais. – Bien sûr, ça explique tout. Il disait, avec un petit rire nerveux. Je croisais le regard de mon frère jumeau et soupirais. – Wayne, le soir de la fête, tu n'aurais pas dû sortir. – Ah oui ? J'ai peut-être bien fait, parce que, je suis apparemment le seul à savoir que Mia s'est fait agresser par votre faute. Je me crispais, et sans m'en rendre compte, je serrais le poing. – Qu'est-ce qui s'est passé, ce soir-là ? C'était qui, ces mecs ? Je me tournais vers le lycée, pour m'assurer que personne ne vienne dans notre direction. Heureusement, on finissait à seize heures, et beaucoup devaient encore rejoindre leurs cours. – Wayne, si on t'en parle, tu risques d'avoir des problèmes. Tu ne voudrais pas savoir. – Je suis déjà dans vos problèmes, alors quelle importance ? J'ai passé mes vacances à me poser des questions à votre sujet. Vous étiez dans un gang, ou dans des embrouilles louches, c'est ça ? Je me crispais, et regardais une nouvelle fois Josh. Comme d'habitude, il voulait me laisser parler pour ne pas divulguer des choses que je voulais garder pour moi. – On avait des problèmes avec ces mecs, avant de partir en France, c'est tout ce que tu dois savoir. Il fronçait les sourcils et rigolait encore nerveusement. Je ne l'avais jamais vue comme ça, et savoir qu'il voulait creuser dans notre passé commençais à m'énerver. – Quels genres de problèmes ? – Des problèmes, c'est tout. – Bon, je vois que vous ne me direz rien. Il commençait à ouvrir sa portière, et je m'avançais plus près de lui pour lui dire : – A qui tu en as parlé ? – Quoi ? – A qui tu en as parlé ? – T'es sérieux, là ? C'est tout ce qui t'importe ? Je te rappelle que ta copine s'est fait v****r. Alors tu peux remettre la faute sur qui tu veux, mais c'est à cause de toi si elle en souffre en partie aujourd'hui. Je serrais les poings, mais ne bronchais pas. Il avait raison. – Et je ne l'ai dit à personne, si c'est ça qui t'importe. Mais tu devrais lui dire, toi. Tu as peut-être peur qu'elle te quitte, mais au moins, ça allégera sa conscience. Elle fait peut-être mine que tout va bien, mais c'est loin d'être le cas. Je reculais pour le laisser monter dans sa voiture, et me tournais vers Josh. – Qu'est-ce que tu vas faire ? Me demandait Josh en me toisant. – Tout dire à Mia. – Quand ? – Je ne sais pas. Je... il faut encore que je sache comment lui dire. Elle va demander quels contacts on avait avec eux. Josh grimaçait, et je levais les yeux derrière mon frère en la voyant sortir du lycée avec les filles. – Elle va rentrer avec son frère, attend peut-être demain. Enfin, de toute façon, ça ne sera jamais le bon moment. – Je n'aurais pas cru dire ça un jour, mais je flippe totalement. Josh rigolait un peu avant de dire : – Au moins, j'aurais eu la satisfaction de te voir dans cet état. Je grimaçais. Quand je rentrais chez moi, je me dépêchais d'aller sous la douche avant de me jeter dans mon lit. Cette journée m'avait pas mal angoissé, et savoir que Wayne était une bombe à retardement accentuait un peu plus ma peur. Je savais que le jour où je lui dirais, Mia ne voudrait plus jamais me parler. Rien que d'y penser, j'en frissonnais. Je me rappelais alors ma vie ici avant que je parte en France. Elle était chaotique, rien à voir avec celle que j'avais en revenant vivre ici. Et pourtant, depuis l'agression, j'avais l'impression de l'avoir repris au moment où j'étais parti. Toute cette m***e ne se finissait jamais, et tout ça, c'était à cause de mon grand-frère, que je détestais au plus haut point. Je me relevais de mon lit en repensant à la vieille boite qui traînait au fond de ma commode. Je la cherchais un instant avant de la prendre et de l'ouvrir sur mon lit. La première chose que je voyais, c'était une photo de Kyle, toute froissée. Je la prenais et serrais le poing en voyant son stupide sourire. Savoir qu'il allait sûrement bientôt sortir de prison me faisait vraiment flipper, et je savais que c'était pareil pour Josh. Trois ans, ce n'était pas assez pour tout ce qu'il avait fait. Je fouillais et trouvais d'autres photos. Sur l'une, je reconnaissais Lenny et Darrel, et mon cœur faisait un bon dans ma poitrine. J'aurais dû être moins c*n, et surtout, je n'aurais pas dû les laisser partir. Je trouvais une autre photo, où là, je tenais un pistolet dans ma main, Josh sur mes épaules. Je me rappelais que c'était Kyle qui l'avait prise, et je ne devais avoir que treize ans. Comment j'avais pu me laisser emporter là-dedans ? J'étais peut-être trop petit pour m'en rendre compte, ou peut-être trop facile à manipuler ? Suivre l'exemple de son grand-frère, voilà ce que j'avais fait, avec Josh. Et maintenant, j'en payais le prix. Mon téléphone se mettait à sonner, et je le prenais pour regarder qui c'était. Tess. Mon cœur manquait un battement, et je fronçais les sourcils. Je n'avais pas eu de ses nouvelles depuis que je l'avais quitté et voilà que maintenant, elle m'appelait ? Je raccrochais, fou de rage, pour je ne sais quelle raison. J'avais déjà bien assez de problèmes à gérer en ce moment, je n'avais pas besoin qu'elle revienne foutre la m***e dans ma vie. Le lendemain, je trouvais Mia près de son casier. J'aimais voir son sourire, à chaque fois que je m'approchais d'elle. Mais depuis l'agression, c'était comme un rappel. Bientôt, mec, quand tu lui diras tout, elle ne te sourira plus... – Ça va ? Dis-je, après l'avoir embrassé. – Oui, et toi ? – Oui, très bien. Je tournais la tête et croisais le regard de Wayne, qui semblait toujours aussi distant. Je ne laissais rien paraître, mais plus je le voyais, et plus j'avais peur qu'il en parle à quelqu'un. Heureusement pour moi, il se tenait à l'écart, depuis hier. – Tu as l'air tendu. Elle me disait, en fronçant les sourcils. – Non, ça va. Je lui prenais la main, et Aria venait se planter devant nous, au moment où j'allais l'emmener vers mon casier. – Salut les amis, je suis désolé, Liam, mais je vais t'emprunter ta copine. Je levais les yeux au ciel avant de lâcher la main de Mia, de lui sourire, et de partir seul vers mon casier. Josh me rejoignait aussitôt. – On reste à la salle, ce soir ? – Je préférais m'entraîner à la maison, pour une fois. Dis-je en ouvrant mon casier. – Salut. Je me crispais en entendant cette voix. Wayne venait se planter à côté de nous, le regard vide. – Salut, Wayne. Je disais en même temps que Josh. – Vous savez si on a entraînement, demain ? – Oui, on a entraînement. – Bien, merci. Il partait de l'autre côté, vers Alec et Matt qui discutaient ensemble près du foyer. – C'est moi ou, Wayne vient de nous parler ? – Oui. Dis-je simplement, en refermant mon casier. Jack et Jason passaient près de nous, et parlaient sans se rendre compte qu'on était là. Et comme d'habitude, les filles s'arrêtaient pour nous regarder, et elles gloussaient quand elles se rendaient compte qu'on les fixait. Ça, ça ne changera jamais. – Tu sais que ça fais plus de deux semaines, que je n'ai pas niqué ? Je rigolais en refermant mon casier. Pour Josh, c'était un record. – Et tu crois que ça m'intéresse, de savoir ça ? – Bah quand même, c'est grave, pour moi. Je levais les yeux au ciel et partais en direction de la salle. – Josh, je m'en fous de tes ébats sexuels. Deux semaines, ce n'est pas la mort. – Oui, mais quand même. C'est pour dire que je pense à autre chose en ce moment. Tous ces problèmes, ça me fous les boules. Je m'arrêtais une seconde et le fixais. Puis, je reprenais ma marche. – Ce n'est pas toi qui vas perdre ta copine en disant la vérité. – Oui, mais ça me fait aussi chier pour toi. Mia, c'est une super fille et je l'aime bien. Elle ne mérite pas tout ça. J'étais choqué d'entendre ça de la bouche de Josh, mais ça me faisait plaisir. – Tu comptes lui dire quand ? On arrivait devant la salle et je lui disais doucement : – Je ne sais pas. La journée se passait ensuite très doucement. J'en avais marre de vivre avec ce p****n de mensonge et c'était de plus en plus dur de faire semblant. Josh n'était plus non plus le même. Il ne faisait plus de blagues, et c'était la même chose pour Wayne. Seuls Aria et Alec arrivaient à animer des conversations, et je savais que ça affectait Mia. – Tu me rejoins dans la salle ? Me demandait Josh quand on arrivait à la maison. – Ouai, je vais me changer, avant. Il me suivait dans l'escalier, et quand je voyais la porte de ma chambre ouverte, j'eu un mauvais pressentiment. C'est en voyant Tess, les jambes croisés au bord de mon lit, que mon cœur manquait un battement. J'eu presque envie de vomir. Je refermais la porte derrière moi, avant de croiser les bras et de m'appuyer contre ma porte. – Qu'est-ce que tu veux, et comment tu es entrée ? Elle souriait et levait un sourcil. Elle avait quelque chose derrière la tête, et la voir aussi heureuse n'annonçait rien de bon. – C'est Harri qui m'a ouvert, il y a quelques minutes. Je lui ai fait croire qu'on s'était remis ensemble. – Et il l'a cru ? Je lui demandais, d'une voix glaciale. – Pas au début. Mais après, j'ai tenté de le menacer, et je suis monté ici. Je soupirais. – Qu'est-ce que tu veux ? – Oh, ça va, tu n'es pas heureux de me voir ? Elle se redressait, écartant un peu les jambes, laissant apparaître son string rose flashy sous sa robe couleur chaire. – Je n'ai jamais été heureux de te voir avant, je ne vois pas pourquoi ça serait différent maintenant. – Oh, pourtant, je me rappelais qu'avant, tu aimais bien quand je te faisais la surprise de venir te voir. Elle s'approchait de moi doucement, et tentait de poser une main sur mon torse, je l'esquivais et marchais en direction de ma salle de bain. – Qu'est-ce qui a changé ? C'est à cause de cette meuf ? – Pourquoi tu prends la peine de poser cette question ? – Parce que je ne vois pas ce que tu lui trouves. Vanessa est du même avis que moi. Elle n'a rien à voir avec moi. – Justement, c'est exactement pour ça que je suis avec elle. Et depuis quand tu reparles à ta sœur ? Elle partait d'un éclat de rire qui accentuait ma colère. – C'est ma sœur, voyons. On ne peut pas détester sa sœur indéfiniment. – Ah oui ? Tu la détestais pourtant assez, à l'époque, quand elle commençait à me tourner autour, avec Josh. Elle me fusillait du regard et prenait une de ses longues mèches de cheveux blonds pour la lancer derrière son épaule. Comment j'ai pu supporter toutes ces mimiques pendant autant de temps ? – Écoute-moi bien, je ne ferais pas le fier, à ta place. Elle s'avançait vers moi, et je reculais contre mon mur, entre la porte de ma salle de bain et ma télé. Elle tentait de poser ses mains fraîchement vernis d'un rose aussi vulgaire que son string sur mon torse, et je prenais ses poignets pour l'empêcher d'aller plus loin. Elle levait ses yeux sur moi, et rougissait. – Et si on parlait de l'agression de Mia ? Elle me disait, un petit sourire menaçant sur les lèvres. Je retenais une grimace. Qu'est-ce qu'elle voulait dire ? Elle se débâtait un peu et je lâchais ses poignets. Elle se mettait dos à moi et commençait à marcher dans ma chambre. Je résistais à l'envi de la jeter par la fenêtre. – Apparemment, ce n'était pas un accident, ce qui lui est arrivé, qu'est-ce que tu en penses, toi ? Je fronçais les sourcils. – Ne me fait pas croire que tu es au courant de quelque chose. – Détrompe-toi. Je sais beaucoup de choses. Je suis sûr que j'en sais même plus que Mia. Après tout, elle s'est fait v****r, mais elle ne sait même pas pourquoi. Cette fois, je me retenais de me jeter sur elle. Son sourire me montrait qu'elle se jouait de cette situation. – Tu peux arrêter de sourire comme ça. On dirait que ça te fait plaisir, ce qui lui est arrivé. – J'avoue que je suis plutôt contente. – Ah oui, j'avais oublié que les serpents ne ressentaient rien. Elle me fusillait une nouvelle fois du regard, avant de sourire, encore ! – Est-ce que Mia sait, qu'elle s'est fait agresser par tes anciens copains louches ? Tous mes muscles se contractaient, et si je ne serrais pas devant Tess, j'aurais probablement laissé échapper un cri de surprise. Bordel, elle savait tout ! Il ne manquait plus que ça.
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