Chapitre 2. Rencontre. Deuxième partie.

1220 Words
Je vais t'apprendre un truc monsieur je prends mes aises, la liberté des uns s'arrête là ou celle des autres commence. Il me regarde, me dévisage intensément. Plus les secondes s'écoulent plus son sourcil se lève. Il attend ma réponse. C'est pourtant une question simple, mais pour une raison que j'ignore je suis trop perdue en cette situation pour répondre quoique ce soit. Mais bon sang en général ce n'est pas la répartie qui me manque ! Non mais je vais lui répondre ou pas ? Et si je n'en avais tout simplement pas envie ? C'est vrai, pourquoi j'aurais envie de donner mon prénom à un étranger ? Si il faut c'est un tueur en série qui traque ses proies jours et nuits. Non mais tu délires ma pauvre fille ! Arrête de lire tes livres si c'est pour finir comme ça. Au bout d'un moment, mort d'impatience, et se doutant que je ne lui répondrai pas, non pas que je ne veuille pas mais... je ne sais pas, je suis comme paralysée, il prend à nouveau la parole, avec son beau sourire enjôleur et très séducteur. -Moi c'est Peter Jensen. -Et moi c'est Enora Roberts. Il a l'air ravi que je coopère un minimum et que je ne sois pas une associable complète. Je le suis un peu c'est vrai, mais bon, ça il a dû le remarquer il y a un bon moment déjà. -Tu lis quoi ? -Un livre. Youpi, il n'aurait pas pu deviner tout seul je crois. Il commence à rire encore et encore. Je devrais peut-être envisager une carrière de comique. En tout cas j'ai l'air de bien l'amuser à ce type. Peter si je me souviens bien. Allez EN's tu sais très bien que tu n'aurais jamais oublié son prénom. Je suis sûre que même dans dix ans tu t'en souviendra. Je me sens vraiment mal à l'aise je n'ai qu'à reprendre ma réponse après tout on n'a pas qu'une chance de réussir, c'est la vraie vie pas un jeu. -C'est un super roman, enfin il y a plusieurs tomes. -Quelque chose me dit que des phrases aussi longues ça doit être rare chez toi. -Tu me prends pour une débile qui ne sait pas aligner deux mots ? Je le toise de mon regard le plus noir. Si il y a une chose que je déteste par dessus tout c'est que l'on me prenne pour une idiote. -Je n'ai pas dit ça, je disais simplement, sans méchanceté, que tu n'es pas très bavarde. Il ne perd pas une seule seconde son sourire. Il a du cran, c'est vrai, en général les gens dès les trois premières phrases partent en m'insultant, doucement mais assez fort pour que je puisse les entendre malgré tout. -Bavarde, je peux l'être, c'est sociable que je ne suis pas. Je n'aime pas parler aux étrangers. -Pourtant tu me parles. En fait il commence à m'énerver. Il pense avoir réponse à tout. Et ce sourire qu'il affiche pour dire que c'est lui qui a gagné m'insupporte au plus haut point. Dommage, tu n'es plus aussi beau maintenant ( enfin presque ). -Qui a dit que j'aimais ça ? -J'aime bien ton caractère. -Tu ne me connais pas. Il me prend de court et mon ton à l'origine glacial et distant change du tout au tout et devient plus surpris et interrogateur. Touché, coulé. -Je connais ton genre de caractère. Mais j’avoue que j’aimerais en apprendre plus sur toi. Si seulement tu savais. Si seulement d'une manière ou d'une autre tu pouvais connaître la vérité. Tu peux connaître la surface de ma personnalité mais jamais tu ne pourra connaître mes souffrances, qui je suis réellement, quel monstre je suis. Je te le promets, jamais tu ne saura qui je suis vraiment. Mon regard se perd vers un point fixe sur la table. Je ne peux pas lever les yeux vers lui, que lui dire ? Il ne me connaît pas et même si il apprenait à me connaître jamais il ne saurait tout de moi. Je devine que mon regard peut être triste à cet instant. Je sens sa main se poser sur la mienne. À son contact, à ce simple touché, par cette main posée sur la mienne, le feu s'empare de tout mon corps. Je me sens alors rougir. Par instinct je retire ma main aussi rapidement qu'il a posé la sienne. Cette sensation est si étrange, elle m'a surprise. Rien de comparable à ce que je vis avec l'autre alors. Non ce touché me fait du bien, il réchauffe tout mon être. Cela me change de l'étreinte glacée de cet autre homme. -Je suis désolé Enora je ne voulais pas t'embêter. Je vais partir si tu veux. Mon regard se pose alors à la vitesse de la lumière sur lui, je plonge mes yeux dans les siens. Il est si intense, si beau j'ai du mal à soutenir son regard pourtant j'y parviens mais non sans difficultés. Alors voilà que c'est à moi de faire ce choix, c'est ce que je voulais éviter depuis le début. J'ai trop de fierté pour lui dire que je veux qu'il reste et j'ai tout sauf envie qu'il parte loin de moi. Que faire dans cette situation ? Comme si il avait compris ma réponse, il commence à détourner le regard et lentement il commence à retirer sa main qu'il avait laissé malgré que j'eus retiré la mienne. Ce geste a peut-être dû le vexer. Après tout je peux très bien le comprendre. Alors c'est tout ? J'allais le laisser partir comme ça ? Le seul homme réel qui avait réussi à me troubler, à me faire ressentir de la chaleur ? Il va me quitter et plus jamais je ne le croiserai ? Non c'est un prix bien trop élevé pour cinq minutes de fierté en l'air. Avant qu'il n'enlève complètement sa main, je pose finalement ma main toute tremblante sur la sienne. Mon regard n'a pas cessé une seule seconde de chercher ses yeux et à ce contact qui m'avait coûté croyez moi, il plonge son regard aussi vite que moi lorsque qu'il m'avait touché pour la première fois. Je n'ai pas besoin de lui dire de rester, ce geste veut tout dire. En un regard il m'a compris. Ça fait du bien de ne pas avoir besoin de parler pour me faire comprendre, ça facilite drôlement la vie. Par ce geste qui paraît pourtant anodin, ce geste que l'on peut faire des millions de fois dans une vie, je viens de lier nos deux destins. C'est pourtant tellement égoïste de ma part. Si seulement il savait dans quoi il s'était aventuré. Je suis visiblement monstrueuse de lui faire vivre ça. Mais je n'arrive pas à me défaire de lui, pourquoi ? Ce n’est pas comme si on avait vécu beaucoup de choses ensemble, on ne se connaît qu'à peine, non, même pas à peine, on ne se connaît pas du tout ! Après tout je sais quoi de lui ? Il s'appelle Peter et basta, c'est tout. Pourtant tout mon être l'appelle avec une force désespérée et je lui ai cédé. Je suis pitoyable ! Sans la moindre volonté. Je succombe au premier beau garçon venu. Je devais être trop seule. -Merci, je ne voulais pas partir.
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