J'ai fini par raccrocher 30 minutes avant la fin de la pause. Je ne sais pas quoi faire, qu'allais-je dire à Cherifa qui m'a surement attendu pendant un moment. Je décide alors de descendre pour lui parler. Arrivé au rez de chaussé je la trouve seule dans le hall.
Moi : Chérifa tu es toujours là ?
Cherifa : je suis allé manger un petit truc et je suis revenu. Je n’avais pas trop faim et je ne pouvais pas attendre plus.
Moi : désolé je t'avais promis de déjeuner avec toi mais j'ai eu un problème technique, il fallait que je règle ça.
Cherifa : je pense que tu as mon numéro Bachir.
Bachir : oui je voulais te prévenir mais je ne savais pas que ça allait durer autant.
Cherifa : je ne t'en veux pas, j'ai besoin de me reposer un peu, tu peux me laisser seule ?
Bachir : mais Cherifa...
Cherifa : s'il te plait Bachir.
Bachir : je sais que j'ai eu tort mais je suis là.
Elle ne m'a pas répondu et ne m'a même pas adressé un regard. J'ai compris de suite qu'elle n'allait pas céder aussi facilement. Je décide de repartir alors, je me sens vraiment coupable. Je suis parti me chercher un truc à me manger et en route j'ai bien réfléchi et j'ai décidé d'appeler Adja ce soir pour qu'elle me vienne en aide.
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Chez moi, 20h30
Conversation téléphonique
《 Adja : salut Bachir !
Moi : mon bébé ! comment tu vas ?
Adja : je vais bien et toi ?
Moi : ça peut aller.
Adja : hum tu dois me dire quelque chose ?
Moi : tu n'as pas tort. Adja il y'a une femme qui me plait vraiment et je pense qu’aujourd’hui j'ai merdé.
Adja : (en criant) une femme qui te plait toi djaa c'est qui même ?
Moi : (en rigolant) pour être honnête je suis moi-même surpris mais elle me fait tourner la tête depuis un certain temps.
Adja : et tu l'as connu où ?
Moi : elle travaille avec nous. Elle s'appelle Cherifa.
Adja : hum un collègue ! mais dis-moi pourquoi tu dis que tu as merdé ?
Moi : déjà ça fait un moment que je voulais un date* avec elle mais je ne savais pas où l'inviter car elle est beaucoup plus mature que les filles que j'ai l'habitude de fréquenter.
Adja : oui et ? Continue !
Moi : aujourd'hui elle n'était pas bien et je lui ai promis de l'écouter autour d'un déjeuner mais comme par hasard hier on m'a dit que Nancy aussi avait un problème. J'ai essayé de la joindre mais en vain, et aujourd'hui elle a choisi le moment où je devais voir Cherifa pour rappeler.
Adja : et tu as raté ton rendez-vous à cause de Nancy ?
Moi: j'ai raté mon ça mais pas à cause de Nancy. Je devais la réconforter et c'est ce que j'ai fait.
Adja: mais Bachir qu'est ce qui te prend? Nancy n'est pas folle, tu aurais pu lui expliquer que tu étais occupé et que tu allais la rappeler. Elle peut comprendre ça.
Moi : je ne pouvais pas adja, elle n'était vraiment pas bien.
Adja : tu m'as dit que Cherifa aussi.
Moi : oui mais...
Adja : écoute Bachir j'ai peur que tu continues de te comporter ainsi à l'avenir, Cherifa te plait mais quand elle a besoin de toi elle doit attendre que tu règles le problème de Nancy d’abord. Même séparés, Nancy a toujours une énorme place dans ta vie. Une autre femme ne supporterait jamais ça.
Moi : je te promets que ça n'arrivera plus afin si jamais ne me pardonne.
Adja : alors elle l'a pris comment ?
Moi : elle ne veut plus me parler.
Adja : je l'aime bien celle-là.
Moi : ce n'est pas drôle en plus tu ne m'aides pas là.
Adja : ok écoute moi, si vraiment tu tiens à cette fille, tu dois faire beaucoup d'effort et j'ai une idée.
Elle m'a donné pleins d'idées pour conquérir Cherifa. Vraiment Adja je l'adore, je ne sais pas ce que je ferai sans elle.
Moi : je te promets de faire tout mon possible.
Adja : bah tu as intérêt, sinon ne reviens pas vers moi.
Moi : ne t'en fais pas.
Adja : après tu me racontes tout ok ?
Moi : s'il se passe quelque chose tu seras la première à être au courant.
Adja : bon Bachir je suis désolé mais je dois aller diner maintenant, je dois dormir, j'ai cours demain matin.
Moi : ah tu as raison, en tout cas merci princesse.
Adja : de rien mon préféré.
Moi : allez bisou et prends soin de toi.
Adja : bisou je t'aime.
Moi : je t'aime aussi.
》
Après avoir raccroché, j'ai bien réfléchi à comment m'y prendre et suivre les conseils d’Adja.
Quelques temps après Mohamed est venu me dire que le dîner est prêt.
Arrivé dans la salle à manger je vois Mohamed et mes parents déjà à table.
Maman : Bachir tu sembles très fatigué, j'ai préparé des lasagnes puisque tu les aimes tant, allez viens manger.
Papa : Farah chérie, Bachir n'est plus un enfant.
Moi : (en m'asseyant à coté de Mohamed) maman tu vois même Adja et Mohamed ont grandi.
Mohamed : objection !
Maman : même quand vous aurez cinquante ans, vous resterez toujours mes bébés.
Papa : on verra si tu diras la même chose quand Bachir deviendra lui-même un père de famille.
Mohamed : (en rigolant) je me marierai bien avant lui, je le connais bien.
Moi : je préfère mourir plutôt.
Papa : Mohamed tu ne penses pas qu'il est temps que ton frère se trouve une bonne épouse.
Mohamed : oui il est temps mais Bachir n'a pas encore trouvé quelqu'un.
Maman : je suis sûr qu'il va bientôt se décider.
Moi : se décider à ?
Maman : épouser Nancy bien sûr, tu ne trouveras pas mieux.
Moi : maman encore !
Mohamed : maman il est capable de savoir ce qu'il ressent, s’il te dit qu'il n'aime pas Nancy c'est parce que c'est vrai.
Maman : comment peut-on ne pas aimer cette fille ? Dis-moi.
Papa : moi je peux accepter que tu ne veuilles pas l'épouser mais tu as 24 ans les jeunes de ton âge sont déjà fiancés.
Mohamed : Bachir papa a raison il doit y avoir au moins une femme avec qui tu veux faire ta vie.
Moi : je pense bien qu'il y'en a.
Je ne sais pas ce qui m'arrive, mais quand Mohamed a dit ça j'ai directement pensé à Cherifa. Ça commence à me faire peur. Je ne la connais même pas assez, on est jamais sorti ensemble, mais elle m'inspire une certaine confiance. Moi Bachir NDAO je me rends compte que je suis en train de tomber amoureux.
Maman : tu dois savoir qu'une belle fille de la famille NDAO ne doit pas être n'importe qui.
Moi : tu pourras juger par toi-même.
Papa : alors Bachir ? Tu nous la présente ?
Moi : d’accord Papa, je vais lui parler, elle viendra ici le plus tôt possible.
MAIS PARLER À QUI ? JE SUIS VRAIMENT DANS DE BEAUX DRAPS.
Papa : n'oublie pas notre discussion de la dernière fois, il est temps pour toi de prendre des responsabilités.
Moi : papa je ne peux pas me précipiter.
Maman : en tout cas si c'est une fille à la hauteur je ne vois pas pourquoi attendre.
Bachir : tu vas l'adorer maman j'en suis sûr.
Cette discussion m'a donné encore plus envie de conquérir Cherifa.
Après le dîner je décidé de l'appeler mais ça sonne dans le vide.
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07 Décembre, 8h50
J'arrive au travail avec mon père et je vois que Cherifa est déjà là et en plus elle est seule. Puisque je suis avec mon père c'est sûr qu'elle va répondre si je lui parle.
Moi : bonjour Chérifa
Cherifa : ( avec la même tête qu'hier ) bonjour Bachir, Bonjour monsieur Ndao.
Papa : bonjour mademoiselle je vois que vous êtes venu plus tôt que d'habitude.
Cherifa : oui monsieur, effectivement je ferai de mon mieux pour être plus ponctuel, et je m'excuse encore.
Papa : aucune importance ! Ce qui compte c'est que vous le refaites plus.
Cherifa : d’accord monsieur dit-elle avec son sourire qui peut me rendre fou.
Papa : allez bonne journée !
Cherifa : merci bonne journée à vous aussi.
Je laisse papa prendre seul l'ascenseur en lui disant que je dois attendre Fatou pour lui demander un service.
Moi : (quand papa est enfin parti) tu fais la même tête qu'hier.
Cherifa : tu me veux quoi Bachir ?
Moi : je sais que tu es fâché à cause de ce qui s'est passé hier.
Cherifa : et ça te surprend ?
Moi : non mais tu dois au moins me laisser t'expliquer.
Cherifa : mais tu m'as déjà....
Elle arrête de parler et je sens une présence derrière moi.
Cherifa : Ah monsieur Sy bonjour comment allez-vous ?
Je me retourne et je vois Karim avec son sourire s*****e.
Karim : on peut se tutoyer je crois, bonjour !
Moi : bonjour.
C'est tout ce que je peux sortir. Cherifa elle n'a pas répondu elle a juste un peu souri.
Karim : Bon je vous laisse, bonne journée.
Cherifa : merci à vous aussi.
Moi : merci.
Lorsqu'il s'est retourné j'ai continué mon discours.
Moi : s'il te plait Cherifa laisse-moi une chance de te montrer que je suis digne de confiance.
Cherifa : j'ai eu confiance en toi depuis que je te connais et j'espère que j'ai bien fait.
Moi : oui crois moi tu as bien fait.
Après mots je vois Fatou arriver, j'arrête de parler pour la saluer. Elle nous salue en retour.
Moi : bon mesdames je dois rejoindre mon bureau, passez une bonne journée.
Fatou et Cherifa : merci à vous aussi.
Je ne me suis même pas encore retourné je les vois déjà commencer à chuchoter je ne sais quoi. Vu la manière dont Cherifa me répond et comment elle me regarde, je pense qu'avec encore un peu d'effort, elle acceptera de me pardonner mais le vrai problème c'est comment faire pour qu'elle m'accepte dans sa vie.