2Ce n’était un secret pour personne, la galerie dépendait de la Strausserbank, un impressionnant quadrilatère de pierres blanches auquel on accédait par la Waisenhausstrasse, située à cinq cents mètres du royaume d’Helga. Le lundi 9 août, j’y ouvris un compte pendant la pause de midi. Un jeune fondé de pouvoir, aimable, tiré à quatre épingles, s’ingénia à placer au mieux de mes intérêts les dix mille francs que je déposai à la banque. À l’époque, c’était une coquette somme, ce qui motiva l’urbanité onctueuse de son accueil. Il répondit à toutes mes questions. C’est ainsi que j’appris que Sixtus Strausser était directeur ; son fils, Kaspar, sous-directeur ; malgré son âge canonique, le fondateur, son père Hans-Jakob présidait toujours le conseil d’administration dont Helga Strausser, fille de Sixtus, était membre. Très volubile, il mentionna avec fierté qu’un boulevard de la ville, le stade et la patinoire portaient le nom du patriarche. Je le remerciai. Il me remit sa carte de visite. Il s’appelait Peter Hafner.
Helga, Theo et une partie du personnel étant en vacances, il incombait à Helmut Waltz d’assurer l’intérim de la directrice. Je me retrouvai seul avec Hedwig. Pas un cadeau. La quarantaine, mal fagotée, boulotte, courte sur pattes, atrabilaire chronique. Une laideur séduisante lorsqu’elle souriait. Pour l’amadouer, je devrais me mettre en situation d’infériorité comme un jeunet qui recourt à l’expérience d’une collègue chevronnée. J’attendis quelques jours avant de l’entreprendre. Mon diagnostic établi, je savais les étapes à suivre pour traiter le Daubigny. Le mardi 10, vers onze heures, affectant un air tracassé, je fis appel à elle :
— Comment vous y prendriez-vous pour retirer la toile du châssis sans l’abîmer davantage ?
Devant son air buté et revêche, je poursuivis :
— Je sais plus ou moins ce que je dois faire, cependant afin d’éviter de commettre une erreur et m’attirer les foudres de l’expert, l’avis d’une professionnelle me rassurerait. Un nouveau n’a pas droit à l’erreur.
« Professionnelle » la dégela. Elle m’expliqua comment procéder. Nous pique-niquâmes ensemble.
— Où avez-vous appris le métier, monsieur Dreyer ?
— Peter, je vous en prie.
— D’accord, moi c’est Hedwig.
Éviter à tout prix les questions délicates et orienter la conversation sur le présent.
— À Brienz, dans l’atelier d’un ami de mon père. Et vous-même ?
— À l’Académie de Berne.
— Vous travaillez ici depuis longtemps ?
— Quinze ans. Helga n’était pas encore directrice. Je fus engagée par sa sœur Gisela.
— Elle est l’aînée ?
— De trois ans. Hélas, elle fut assassinée en 38 et sa fin tragique ne fut jamais élucidée, ajouta-t-elle avec tristesse.
— Vous l’aimiez beaucoup ?
Elle hésita avant de répondre.
— Jurez de ne parler à personne de ce que je vais vous dire.
Je jurai.
— Oui, je l’aimais beaucoup. Très compétente et bien plus humaine qu’Agrippine – c’est le sobriquet de la patronne. Nul ne comprit le mobile de ce meurtre. Inoffensive, sans amant, elle vivait seule avec ses chats.
— Un crime de rôdeur comme disent les flics quand ils font chou blanc ?
— Ce fut effectivement la conclusion de l’enquête, mais personne ne fut dupe.
— Pourquoi ?
Un silence.
— Vous avez juré.
— Je suis catholique. Se parjurer est un péché mortel.
Elle esquissa un léger sourire. Nos croyances différaient.
— Elle est d’une ambition effrénée et d’un cynisme outrecuidant, deux jours avant l’enterrement, Helga occupait déjà le fauteuil directorial.
— Vous la soupçonnez d’avoir éliminé sa sœur dans l’intention de prendre sa place ?
— Gisela fut empoisonnée à l’arsenic. Tout le monde sait que le poison est une arme de femme. Un rôdeur l’aurait violée avant de l’étrangler. Il aurait ensuite mis la maison à sac pour trouver argent et bijoux. Rien de tout cela. Cerise sur le gâteau, Helga lui avait rendu visite la veille au soir.
— Les enquêteurs n’ont pas fait le rapprochement ?
— Peut-être, mais un juge classa l’affaire huit jours plus tard.
— Comment est-ce possible ?
— Le grand-père d’Helga, Hans-Jakob, était et est toujours l’homme le plus puissant de la ville, si vous voyez ce que je veux dire ?
— Je vois. Stade, boulevard, lycée Hans-Jacob Strausser. En conséquence, une affaire étouffée par un juge corrompu. Toutefois, pourquoi éliminer Gisela si elle était compétente ?
— Sa compétence n’était pas en cause. Helga voulait la place, elle l’a eue. Un point c’est tout !
Les révélations d’Hedwig me sidéraient.
— Est-elle mariée ?
— À ma connaissance, ni mari, ni amant. Une louve solitaire. Nul ne connaît l’adresse de son domicile privé.
— Il suffirait de la suivre quand elle quitte son travail.
— Qui s’y collerait prendrait un gros risque.
— Pourquoi ?
— Elle ne se déplace jamais seule.
Je changeai de sujet.
— Elle occupe le premier étage de la galerie ?
— Son poste de commandement. Là où elle magouille.
— Avec qui ?
— Les Frisés, pardi ! Une fois, je suis entrée dans la chambre forte attenante à son bureau. Bourrée à craquer de chefs-d’œuvre. D’où viennent-ils ? D’Allemagne, évidemment. Ce qu’on montre au public dans la salle d’exposition est de la poudre aux yeux. Les vraies transactions se font à l’abri des regards indiscrets et rapportent gros.
Soudain, son visage se rembrunit.
— Je vous en ai trop dit. Je vous connais à peine. Je devrais me méfier de vous. Vous avez juré, mais qui me dit que vous n’êtes pas à la solde d’Agrippine ?
— Soyez sans crainte, Hedwig. Considérez-moi comme un ami. Une dernière question : pourquoi le personnel vit-il la peur au ventre ?
— La moindre peccadille est sévèrement sanctionnée. Le faux Flandrin, par exemple, nous a valu à Theo et à moi une retenue de deux cents francs sur notre salaire de juillet alors même que nous n’avions pas encore eu le temps de l’examiner puisqu’il était arrivé la veille. En cinq ans, elle a licencié dix personnes pour des motifs anodins. Les restaurateurs sont moins menacés : les bons sont une denrée rare tout en étant eux aussi sous haute surveillance. En août, on est plus tranquille. C’est la raison pour laquelle je prends toujours mes congés en septembre.
— Quel genre d’homme est Waltz ?
— Un brave sous-fifre.
— Désolé pour votre amende, je vous rembourserai.
À dix-huit heures, en partant, elle m’adressa un sourire.
— Ne vous sentez pas obligé de me rembourser. Vous n’y êtes pour rien.
Étendu sur mon lit, je méditais les confidences d’Hedwig. Non seulement Helga était un despote, mais sans doute une criminelle et une receleuse de biens volés aux Juifs. « Les restaurateurs sont moins menacés : les bons sont une denrée rare. » À condition de s’occuper exclusivement de leurs oignons. La Strausserbank était une mafia dont le parrain se nommait Hans-Jakob. « Ce qu’on montre au public est de la poudre aux yeux. » De fait, lors de ma visite à la salle de vente, qui me valut une semonce d’Helga, j’avais été frappé par la médiocrité des œuvres exposées. Quant au Daubigny, il appartenait sans doute à une famille juive décimée dans une chambre à gaz et détourné à son profit par une fripouille nazie. Haïssables et maudits nazis, haïssables et maudits Suisses, faux neutres qui financent indirectement la machine de guerre allemande, complices de génocidaires, qui, sous des dehors de respectabilité, accaparent les richesses d’un peuple martyr. Ce pays, alliant beauté et majesté, qui avait si peu de poètes et de mystiques figurait la république de Mammon. Avec le recul, je nuance ce jugement trop sévère, nombreux furent les particuliers qui recueillirent chez eux des réfugiés, Juifs ou non. Par quel canal, la Strausserbank écoulait-elle le fruit de ses rapines ? Elle devait être implantée un peu partout dans le monde. Beaucoup de questions, peu de réponses !
Le lendemain, je remis deux cents francs à Hedwig. Elle m’embrassa. Mon opération charme avait réussi au-delà de toute espérance. Pendant la pause de midi, j’allai m’entretenir avec Peter Hafner. Il me reconnut sur-le-champ.
— Comment allez-vous, monsieur Dreyer ?
— Pas encore en vacances, monsieur Hafner ?
— La semaine prochaine. Que puis-je pour vous ?
— Supposons que je veuille transférer certaines sommes d’argent à l’étranger, combien avez-vous de succursales ?
Son visage poupin et la limpidité de son regard bleu me convainquirent de sa naïveté.
— Soixante-deux dont cinq aux États-Unis et trois en Grande-Bretagne. Pour un transfert, je vous conseille un de ces deux pays.
— Je vous remercie infiniment.
Soixante-deux succursales ! Un empire. Hedwig confirma mon intuition. Hans-Jakob était le propriétaire d’Airsuisse, la plus importante compagnie aérienne du pays. Pots de vin. Pas de douanes, pas de contrôles. Un trafic dans la brume. Un pactole fabuleux.
Le dimanche suivant, après la messe à Sankt-Peter, je me rendis en bus à l’aéroport, situé à douze kilomètres du centre-ville. Je déambulai dans le hall des départs. Ce jour-là, il y avait trois vols d’Airsuisse à destination de Londres, New York et Rome. Renseignements pris, des vols hebdomadaires desservaient les grandes capitales dont cinq en Amérique latine. La compagnie possédait trente-cinq Boeings. J’étais édifié. Je comprenais pourquoi l’Allemagne n’avait pas envahi la Suisse ; elle constituait une réserve monétaire inépuisable et un tremplin qui permettait de trafiquer avec le monde entier, y compris avec les Alliés.
Mes relations avec Hedwig s’amélioraient de jour en jour.
— Méfiez-vous de Theo. Helga l’a enrôlé il y a quatre ans. Question métier, il ne vous arrive pas à la cheville. C’est un jaune, me confia-t-elle un midi.
— Un jaune ?
— Un délateur. Il vous tient à l’œil. Ne le remboursez pas. Agrippine l’apprendrait. Je parie d’ailleurs que je fus la seule à être sanctionnée.
— Mariée ?
— Qui voudrait d’un laideron ? répondit-elle avec amertume.
Je n’insistai pas.
— Et vous ?
— Farouchement indépendant.
— Bel homme, vous ne devez pas laisser les femmes indifférentes.
J’évoquai la secrétaire.
— Celle-là ! Une nympho ! Elle collectionne les amants, se sert et jette. Pour elle, le mâle est une friandise.
— Helga est une femme superbe. D’ordinaire, les beautés ne souffrent pas la concurrence.
— C’est sa cousine. Entre elles, c’est c*l et chemise.
— Les Strausser sont partout. Quels liens entre la banque et la galerie ?
— Helga n’entreprend rien d’important sans l’aval de son grand-père. Les tableaux aboutissent à la banque. La galerie sert d’intermédiaire entre vendeurs et acheteurs. Hans-Jakob dicte sa loi. Juges, policiers, avocats, hommes politiques lui mangent dans la main. Il a un bataillon de mercenaires à sa solde. La Suisse est un pays libre, elle ne l’est pas à Zurich.
— Jusqu’au crime ?
— Sans aucun doute. Songez à Gisela. A-t-elle renâclé, refusé certaines tâches, menacé de faire des révélations ? Hans-Jakob s’est servi de l’ambition d’Helga pour mettre sa sœur hors circuit.
— Pourquoi n’avez-vous pas démissionné ? Il existe d’autres galeristes dans le pays.
— Je gagne très bien ma vie et Zurich est ma ville natale. Je me suis couchée. Comme les trois singes, je ne vois rien, je n’entends rien, je ne dis rien. Depuis 38, vous êtes la première personne à laquelle je fais des confidences. Le jour où vous avez fait appel à moi, j’ai réalisé qu’il s’agissait d’une ruse pour me circonvenir. Vous êtes perspicace, très intelligent, d’une grande énergie intérieure. Mettez ces qualités en veilleuse. Soyez ce qu’Helga veut que vous soyez et rien d’autre : un docile restaurateur de génie. Où logez-vous ?
Je lui dis.
— C’est Agrippine qui vous a fourni cette adresse ?
— Oui.
— Dans ce cas, votre chambre est fouillée régulièrement. Vos relations et vos déplacements surveillés.
Je lui fis part de ma démarche à l’aéroport.
— Erreur. Ils vous ont certainement repéré. Soyez lisse et sans histoire.
À entendre Hedwig, je devais me tenir à carreaux vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La belle ville de Zurich était sous la coupe d’Al Capone Hans-Jakob. Helga était sa créature. Pas d’initiatives, pas de questions indiscrètes. Observer, écouter, enregistrer. Une apparente soumission aveugle.
Fin août. Retour d’Helga et de Theo. Hedwig partit en vacances chez sa mère à Uster. En guise de bonjour, le « jaune » m’adressa un rictus sardonique. Le Daubigny avançait. Les craquelures atténuées, j’en étais à la consolidation de la toile.
Lundi 13 septembre. Vers dix heures. Helga me convoqua. Dorée comme un bretzel, elle répondit à mon salut par un léger mouvement des lèvres que j’interprétai comme une ébauche de sourire.
— J’ai lu vos rapports. Je suis passée à l’atelier hier soir. Excellent travail, Peter. Votre stage probatoire est terminé. Je confirme votre engagement et vous augmente de mille francs. Vous êtes supérieur à Hedwig et Theo.
Après avoir signé un contrat qui me liait à la galerie Strausser pour une durée indéterminée, je décidai de m’offrir un logement plus décent.
Quelques jours plus tard, au grand désappointement de ma logeuse, j’emménageai dans une petite maison à un étage, en banlieue, à l’orée d’un bois. Le tram vingt-deux m’amenait à la Banhofstrasse en une demi-heure. Cuisine, salle de bain, séjour et chambre à coucher pour un loyer mensuel de cent soixante francs. Peu auparavant, on m’avait livré table, chaises, bureau, lit, armoires, frigo, cuisinière à gaz, ottomane et lampadaire. J’aurais le téléphone à la fin du mois
— Vous avez déménagé, mentionna Helga lorsque je lui remis mon rapport.
— J’apprécie le calme et la solitude.
Inutile de lui donner ma nouvelle adresse, elle la connaissait déjà.
— À quoi occupez-vous vos loisirs ?
Une première : elle s’intéressait à moi !
— Promenade, musique classique, lecture.
— Quels genres de livres ?
— Essentiellement des romans policiers anglais.
— Vous avez de la chance. Ma fonction m’accapare entièrement. Je n’ai guère le temps de lire. Bonne soirée.
J’avais passé au bleu qu’après une courte prière je courais à travers bois tôt le matin, m’exerçais au lancer du couteau dans le petit jardin de ma nouvelle demeure et vivais sur le qui-vive ; depuis quelque temps, j’éprouvais la désagréable impression d’être épié.
La veille de Noël, mon ordinateur tombe en panne. Jérôme l’emporte pour tenter de résoudre le problème. Il déclare forfait. L’intervention d’un électronicien s’avère indispensable. Poursuivre à la main est une gageure. Du fait de mon arthrose, mon écriture est illisible. Ce contretemps me réjouit. Je fêterai la Nativité loin du cloaque zurichois. D’autant que la réminiscence de cette époque funeste commence à me peser. L’entrain du début a disparu. Ma prière autant que mon moral sont retombés à zéro. À quoi bon remuer toute cette boue ? Je m’en ouvre au père abbé.
— Demain nous commémorons le début de la plus grande aventure humaine, me dit-il avec son bon sourire. Même si les évangiles de l’enfance sont des légendes, méditez l’esprit des textes de Luc. Une immersion dans le passé nous aide à mieux vivre notre présent et à préparer notre avenir. Vous portez en vous une histoire personnelle rare. Vos angoisses, vos cauchemars, votre aridité spirituelle sont les symptômes d’un inconscient très perturbé. En la mettant noir sur blanc, vous exorcisez vos démons. Pour les psychiatres, la parole est libératrice. Je les rejoins sur ce point. La prison qu’on a dans la tête est la pire. Votre passé vous occupe entièrement. Errant dans la salle des pas perdus d’une gare, vous savez d’où vous venez, où vous êtes, mais vous ignorez de quel quai part votre train. Il faut parfois de nombreuses années avant de trouver sa voie. D’où vous venez est en rapport avec où vous allez. C’est la raison pour laquelle je vous ai encouragé à écrire. Pourchassé, victime d’un chantage permanent, meurtrier malgré vous, indemne physiquement, traumatisé moralement, vous entrez dans un monastère en expiation de ce que vous considérez comme une mauvaise vie. J’ai lu le dossier de mon prédécesseur à votre sujet. C’est la solidité de votre foi et votre sérénité qui ont décidé Dom Bernard Savigny à vous accepter. Quand je vous ai nommé maître des novices, je n’avais pas encore perçu la nébulosité de vos motivations lorsque vous êtes venu frapper à la porte de Saint-Maur. Si je vous avais mieux compris, je ne vous aurais pas affecté à une tâche qui requiert d’être en phase avec le Seigneur. Vous ne l’étiez pas. Vous ne l’êtes toujours pas. Trop d’images subliminales, trop d’inhibitions vous rendent inapte à la contemplation. C’est pourquoi je table sur votre récit pour vous libérer des tentacules de la culpabilité.
Malgré le froid intense, une casquette sur la tête, une écharpe de laine autour du cou, emmitouflé dans mon manteau, je déambule dans le jardin. Le père abbé m’a ouvert les yeux. Sans en avoir conscience, j’ai trompé Dom Bernard sur une vocation inexistante. Même si j’ai observé la Règle pendant quarante ans, ma vie religieuse est un fiasco. Je le savais déjà, mais de l’avoir entendu explicité aussi clairement me laisse un arrière-goût amer. Le seul remède pour grignoter le quignon de vie qui me reste est de mettre mon passé au net, une tentative hasardeuse de l’apprivoiser et de m’évader de « la prison que j’ai dans la tête ».
Au cours de la messe de minuit. Ne craignez point car je vous annonce une grande joie… Il vous est né un sauveur. Un sauveur ! Même dans un sens équivoque, c’est ce que je fus à divers moments de ma vie laïque. Un sauveur ! Le mot s’attarde dans mon esprit.
Le lendemain, mon ordinateur revient de Rennes. À nouveau opérationnel. Avant de poursuivre, je relis mes premières pages. Qu’un vieil homme se souvienne jusque dans les moindres détails d’événements si lointains prouve qu’ils l’ont marqué d’une empreinte indélébile.