IV En cette matinée de dimanche, Mlle Victoire se rendit comme de coutume avec Denys et sa mère à la grand-messe en l’église du Saint-Esprit, sa paroisse. Bien que son père, voltairien, lui eût inculqué ses idées, elle avait conservé certaines pratiques religieuses considérées comme une tradition. À cette messe dominicale, le banc des Malereyne, le premier du côté de l’Épître, ne devait pas rester inoccupé. De même lors de quelque cérémonie ou fête particulière Mlle Malereyne se trouvait là, en robe de soie et mantelet de velours un peu râpé. Elle offrait le pain bénit à Pâques, sous forme de brioches selon la coutume ; mais ces brioches, elle les faisait confectionner par sa cuisinière, selon une recette à elle très économique. Une messe solennelle était célébrée après la Toussaint pour

