CHAPITRE 25Le Creux-Frontière, Café du Vallon, avril 1944 Richard Jordan était tapi derrière un buisson depuis plus d’une heure. Cela faisait plusieurs mois que lui et ses « collègues » avaient pour mission de surveiller les alentours du Café du Vallon. Après la petite échauffourée avec Alfred Bise, ils avaient cherché un moyen de se venger. Mais leurs tentatives n’avaient pas eu le résultat escompté. Cependant, ils ne perdaient pas espoir. Ils trouveraient un moyen de lui faire payer l’humiliation qu’ils avaient subie. Les journées d’Alfred étaient réglées comme un métronome. Il se levait tous les matins à six heures, donnait à manger aux poules à l’arrière du bâtiment, aidait ses parents à ouvrir le café puis s’en allait à l’usine de Ballaigues jusqu’au soir. Une vie monotone comme il

