CHAPITRE 1Vallorbe, Foyer des Bonnes Espérances
Le grincement réveilla Henri Simond. Il resta allongé à l’affût du moindre son, osant à peine respirer. Un nouveau bruit strident le fit sursauter. Il ne rêvait pas. Quelqu’un déplaçait des meubles. Le vieil homme se leva et cria d’une voix tremblante : Qui est là ? Personne ne répondit.
Il avança prudemment jusqu’au salon. Le canapé avait été déplacé au centre de la pièce, mais il n’y avait pas âme qui vive. Il regarda autour de lui. Une ombre fila soudain par la porte d’entrée. Poussé autant par la peur que par la colère, Henri partit tant bien que mal à sa poursuite. Le couloir était désert. Ses jambes le portaient à peine. Il avait l’impression de devenir fou quand il entendit un son étrange, une sorte de hululement. Il se retourna. L’ombre se tenait, là, devant lui. Grande, imposante, elle s’approcha. Il reconnut la Mort, revêtue de sa cape noire. Il recula en poussant un cri. Ses pieds ne touchèrent que le vide, et le vieil homme se sentit tomber dans un gouffre sans fond.