Chapter 1 : School of Misery

2906 Words
PART 1 : Eleana's Misery. Chapter 1 : School of misery. 7 ans et 9 mois plus tôt Je ne voyais pas grand chose. Tout était flou tandis que mes yeux essayaient de s'ajuster à la lumière. Où étais-je ? Mes yeux se fixèrent sur une forme en face de moi. Plus ma vue s'ajustait, plus je pouvais distinguer la forme d'une femme. Elle devait avoir la quarantaine, était blonde et avait un grand sourire. - Bonjour Eleana., fit-elle d'une voix douce alors que je fronçais les sourcils. Je suis Madame Sissi. Je suis ici pour prendre en charge les jeunes demoiselles comme toi. Oui, cette femme paraissait vraiment adorable avec sa voix douce et ses mots rassurant. Je pense que c'est pour cela que l'on se déteste. J'ai vu clair dans son jeu et elle le savait. Je me relevai et me dirigeai vers la porte. - Ça ne sert à rien, mon trésor. C'est fermé. Et puis, nous devons parler. Tu ne te demandes pas pourquoi tu es ici ? Laisse moi te dire, dit-elle comme si elle racontait un secret, que tu es vraiment chanceuse et que beaucoup de filles aimeraient être à ta place. Je la regardai simplement en fronçant les sourcils puis me dirigeai à nouveau vers le lit, le plus loin possible. Le lit était collé contre le mur mais je restais au bord, ne la regardant que du coin de l'oeil. - Bien... Alors, comment te sens tu ?, demanda-t-elle avec espoir. Seul le silence lui répondit. Elle semblait alors légèrement déçue mais gardait espoir qu'un mot sortirait de ma bouche. - Tu es triste ? En colère ? Peut-être ravie ?, continua-t-elle. Je soufflai légèrement, lui indiquant que j'en avais rien à faire de ce qu'elle me disait. Peut-être que si je ne me montrai pas coopérative, ils allaient me laisser retourner vers ma famille. Elle inspira, irritée mais continua avec sa voix toute douce : - Tu sais, les filles qui viennent ici réagissent toutes d'une manière différentes. Beaucoup d'entre elles ont peur. D'autres pleurent. Certaines hurlent, se débattent, s'arrachent les cheveux et se griffent ! Et certaines, comme toi, font le traitement du silence. Celle qui l'a tenu le plus longtemps était Holly Wave née Pires. Sept mois. J'étais épatée. De plus, elle avait quinze ans. Son record ne fut jamais battu. Elle est partie d'ici il y a sept ans maintenant. Elle est la compagne du Delta de la Meute du Nord. Tu la connaîtras surement une fois que tu partiras, je t'expliquerai. Je pensais qu'il était impossible pour cette fille de changer, de devenir quelqu'un de bien, qu'elle serait une délinquante rendant son compagnon triste toute sa vie. A présent, elle aime le clan du Nord comme une famille. Elle se sent mieux que jamais là-bas, elle aime son compagnon plus que tout et elle est de nouveau enceinte. Malheureusement, elle a déjà fait trois fausses couches et ses bébés n'ont jamais pu arriver à terme et survivre. Et cela lui a donné un grand coup dans le moral mais elle tient. Grâce à qui ? A celui qu'elle aime et à ce clan qui est bien mieux qu'une famille. Alors le traitement du silence, très bien. Mais très vite, tu vas t'en lasser. Et en t'interdisant toutes les bonnes choses que nous pouvons t'apporter, tu retardes ta chance de trouver le bonheur, le vrai. Je ne suis pas comme les autres filles. Je ne céderai pas comme Holly. Et je n'ai pas cédé. Je regardai la femme comme je regarde ma mère avec ennui quand je lui fais comprendre que je ne veux pas rester là où j'étais. Plus qu'irritée, elle dit alors d'une voix sèche : - Bien. Traitement du silence ? Très bien. Mais ne fais pas trop la maline, assez tôt tu deviendras une vraie pipelette. Elle se leva et se dirigea vers la porte. Elle se retourna et me dit : - Oh, et Alpha Preston va venir te parler. Tâche d'être respectueuse envers lui. Puis elle s'en alla. Pour tout vous dire, je ne comprenais rien à ce qu'elle me disait. Elle parlait de clan et d'Alpha mais ces termes ne conviennent qu'au loups. Pourquoi utiliser ces appellations pour des humains ? Une chose est sûre, je déteste les loups et les détesterai toujours. Quelques minutes après, la porte s'ouvrit. Mais je ne levai pas la tête. Je savais que c'était lui. Ses pas s'approchèrent et je sentis le lit s'affaisser sous son poids. Je le hais. Il soupira et je voyais du coin de l'œil qu'il passait une main dans ses cheveux. Il se leva alors et, en deux secondes, son corps se transforma en celui d'un loup. D'un loup aussi gros que ceux qu'il y avait dans les bois. Le loup qui m'avait poursuivit et m'avait fait un clin d'œil. Mes yeux s'écarquillèrent à la vue de ce loup bien trop gros pour être normal. En même temps, ce n'était pas un loup ordinaire. Je n'avais pas remarqué que je m'étais éloignée et que mon dos touchait à présent le mur. Le loup s'approcha, monta à moitié sur le lit et posa sa tête sur mes genoux. J'étais trop effrayée pour bouger. J'avais horreur des chiens, loups ou animaux de la même espèce. Ses yeux étaient les mêmes que ceux de Drake. En même temps, si je n'hallucinais pas, il était Drake. La peur me consumait rapidement et, très vite, je tremblais, effrayée par l'allure et les intentions de ces bêtes. Car je savais qu'il n'était pas le seul monstre ici. Le loups recula et se transforma lui-même en Drake. Il avait un pantalon mais sa chemise avait disparue. Il s'assied à côté de moi et je me reculai, refusant de le regarder. Il soupira à nouveau et commença à parler : - Comme tu l'as vu, je ne suis pas humain. Je ne dis rien, mes yeux ne quittant pas mes mains posées sur mes genoux. Il inspira un coup puis continua : - Je suis un loup-garou. Je ne te cache pas qu'il existe des méchants loup-garous comme ceux qui existent à la télévision ou dans les livres... Mais je ne suis pas comme ceux-là. Nous ne sommes pas comme ceux-là. Les loups de ma meute ne sont pas comme ceux-là. Je suis l'Alpha de l'une des six meutes du pays. La Meute du nord. Et toi, ma douce Eleana, tu es ma compagne. Je suis sa quoi ? Compagne ? N'est-ce pas le terme pour... amoureuse ? Ame-soeur ? Oui, j'ai été assez stupide pour lui faire confiance et le suivre mais j'en connaissais un rayon sur les loups. Je sais que mon père aime bien aller les chasser et lui aussi en connaît un rayon sur eux. Nous avons une bibliothèque entière sur eux ainsi que sur leur chasse mais une partie des livres m'ont toujours été interdit. Quoi qu'il en soit, malgré ma stupidité pour une fille de dix ans à suivre un inconnu, j'en connaissais beaucoup sur les loups. Son jeune âge m'a dupé également. N'est-il pas trop jeune pour être alpha ? - Tu es bien trop jeune pour que je puisses te marquer et vivre avec toi. C'est pour cela que tu es ici. Je ne vais pas rester longtemps, j'ai des affaires à régler, mes je vais t'expliquer quelques choses. Tu es ici car tu es humaine et que tu dois apprendre comment fonctionne la vie des loups car, malgré ton humanité, tu feras partie de la Meute. Tu seras leur Alpha femelle, leur Luna. Tu seras aussi importante que moi à leurs yeux, si ce n'est plus. Tu es ici pour apprendre le comportement ainsi que la vie en général dans un foyer. Avec ton rang, tu seras l'Alpha des femelles, tu décideras de tout, tu t'occuperas de tout... Tu en apprendras plus plus tard. Et tu es ici pour te préparer à la cérémonie du marquage ainsi que tout ce qu'il faut savoir dans un couple entre le loup et sa femelle. On ne dirait pas mais c'est beaucoup de choses à apprendre. Tu sortiras de cette école lors de tes dix sept ans et neuf mois. Tu auras trois mois pour t'adapter à la meute et à la vie avec celle-ci. Tu apprendras également à vivre avec moi mais la cérémonie de marquage se fera à tes dix huit ans ou dans les semaines qui suivent ton anniversaire. Ma mère est toujours la Luna malgré... le décès de mon père. Tu prendras les commandes dès que tu seras prête, étant humaine il est plus difficile d'être Luna. Il semblait alors écouter quelque chose. Je n'entendis rien mais le voyait du coin de l'œil qui s'énervait au fil des secondes. Étrange, surement un truc de loup que je ne connaissais pas. Il se leva soudainement, me faisant sursauter. - Je dois y aller. Il me regarda longuement puis me caressa la joue, me faisant frissonner de dégoût. En relevant mes yeux, de la tristesse apparu dans ses yeux lorsqu'il vit qu'elle émotion émanait des miens. De la haine pure et dure. Il se recula puis dit une dernière chose : - Je ne te reverrai pas avant ta sortie mais je t'écrirai souvent. Je tournai ma tête, l'ignorant, lui montrant qu'il pouvait se mettre ses lettres là où je pense. Il soupira de nouveau puis murmura : - Ne doute jamais de mon amour, mon cœur... Puis il fut parti. Un autre frisson de dégout m'envahit. Il devait avoir dix huit ans ! C'est de la p********e ! Je ne pourrais jamais survivre avec une meute de monstre. Je te déteste du plus profond de mon âme, sale monstre... 6 ans et 9 mois plus tôt - Aller, Eleana ! Souffle tes bougies !, cria une voix avec joie et trépidation. Je regardai autour de moi toutes ces filles qui applaudissaient et qui chantaient de nouveau la célèbre chanson du Joyeux Anniversaire. En ce jour des mes onze ans, mes pensées allaient directement vers Jimmy. Jimmy, avec qui chaque fête importante était partagée. Avec qui je me sentais entière, en sécurité. Jimmy. Un an aujourd'hui que je ne l'avais plus vu. Mes pensées, ma survie, mes tentatives de fuites... tout était pour Jimmy. Cela faisait également un an que je n'avais plus parlé et plus souri. Mes yeux étaient vide. Je ne me reconnaissais pas dans le miroir. Les yeux sont les miroirs de l'âme. Et sans Jimmy, mon âme était vide. Sans mes parents. Sans Nora, ma petite sœur. Elle avait fêté ses un an sans moi. Comme elle a dû grandir... Alors qu'elles finirent toutes de chanter, ils attendaient que je souffle les bougies, que je ri et applaudisse, montrant ma joie et combien j'étais heureuse et reconnaissante d'être ici. Mais ils savaient. Ils savaient qu'aucun sourire ne prendrait place sur mon visage, que mes yeux resteront vide et qu'aucun son ne sortirait de ma bouche. Étant futur Luna, elles étaient toutes après moi, toutes à essayer de devenir amie avec moi, à me parler, me réconforter et jouer encore et encore les hypocrites. Avec un soupir, je décidai alors de gâcher la fête. Gâcher la fête ou l'ambiance était ce que je préférais faire. Je les détestais toutes ! Ces femmes pour nous laver le cerveau et nous dire à quel point on devait être reconnaissante envers Mère Nature pour nous avoir donner cette chance, à toutes ces petites filles qui arrivent, se débattent deux jours et après boivent les paroles de leurs compagnons et croient qu'elles sont chanceuses. Par dessus tout, je détestais ce monstre qui est la cause de mon emprisonnement ici. Il m'écrivait souvent. Deux à trois fois par semaine. Il s'attendait toujours à ce que je lui réponde. Ces lettres me donnaient envie de vomir. Avec tout ces "je pense à toi chaque secondes" et "comment s'est passé ta journée ? Moi, bien, j'ai [...]" et j'en passe. Il pense vraiment que je vais lui répondre ? Il pense vraiment qu'en me racontant ses journées et sa vie, que j'allais m'ouvrir à lui ? Après une lecture rapide de ses lettres, elles finissaient toujours déchirées en morceau à la poubelle. Je me souviens de la première lettre. Une semaine après mon arrivée. Toutes les filles étaient attroupées autour de moi. Les filles aimaient beaucoup se dire que ce que leur compagnon leur avait écrit et les comparer, faisant une sorte de concours du plus romantique. Berk. Ma première lettre fut lue d'une lecture brève, sautant deux ou trois mots, voulant vite la déchirée et ne pas penser à lui. Une fois la lecture terminée, j'avais déchiré lentement la lettre en deux, puis en quatre, en huit... Jusqu'à en faire des petits confettis. Les filles étaient restées bouche-bées tandis que je me levai et jetai les confettis en l'air et m'en allai. Revenons-en à la fête car si on devait parler de mon refus de coopérer et de tous les coups que je leur avais portés, on serait encore ici demain. Je relevai la tête avec un sourire si grand qu'il me faisait mal au joue. Toutes les filles hoquetèrent de surprise avant de sourire elles aussi. Puis je me levai. Un silence régnait dans la salle. Alors que je me penchai légèrement, elles virent et comprirent. Mon sourire était vide. Il n'atteignait pas mes yeux. Autant vous dire que la vue était plutôt effrayante. Elles avaient toutes un regard effrayé. Il devait y avoir une cinquantaine de filles à l'école. Alors que mes mains se déplaçaient lentement vers le gâteau, une soixantaine de pairs d'yeux suivaient mes moindre faits et gestes, effrayés. Je glissais lentement le gâteau sur la table et le fis tomber au sol dans un bruit d'assiette qui casse et de gâteau qui s'étale. Je me redressai alors, toute trace de sourire disparu puis leur fis un sourire en coin. Un sourire de défi. Le seul sourire qui prenait place sur mes lèvres cette dernière année, si on peut appeler cela un sourire. Je partis alors sans un mot, la pièce toujours dans le silence total. Je fermai la porte et me dirigeai vers ma chambre. Il y avait des cameras de partout. Essayer de fuir maintenant serait ridicule, je l'ai déjà tenté deux fois avant de m'en rendre compte. Mes tentatives de fuites furent nombreuses et calculées. Alors que je m'allongeais sur mon lit, je repensai à la première tentative. Quatre jours après mon arrivée. Je surveillais l'allée et venue des Femmes. Les Femmes étaient celles qui nous gardaient et nous lavaient le cerveau. Remarquant que la Femme qui surveillait restait plus longtemps de l'autre côté de la salle, je mis au point un plan. Tout se passa bien jusqu'à ce que deux Femmes à l'apparence plus que sportives m'attrapèrent. C'était les Surveillantes. Impossible de les fuir, j'ai déjà essayé. Au bout de la deuxième tentative qui était similaire à la première, six jours après, je remarquai alors les cameras presque invisibles. Je suis la seule à savoir qu'il y en a. Puis toutes les autres tentatives de fuites furent calculées selon l'heure de surveillance des Femmes, des cameras, des portes verrouillées ou non à telle ou telle heure... Je regardai les traits à côté du mur où mon lit était placé et les comptai;Quarante-trois traits. Quarante-trois tentatives de fuites échouée. Je réussirai un jour. La porte s'ouvrit alors et une Madame Sissi énervée entra. - Pourquoi as-tu fait cela ?, cria-t-elle. Ce gâteau a été fait par toutes les filles avec joie et amour pour toi et toi tu le détruis ? C'était un très gros gâteau. Très large avec plusieurs étages, bon pour une centaine de personnes. J'haussai les épaules et, sachant déjà que c'était un combat perdu d'avance, Madame Sissi soupira fortement, montrant à quelle point elle était irritée. Elle posa alors au pied de mon lit un cadeau et dit doucement : - De la part de l'Alpha Preston. S'il te plaît, accepte le fait que tu resteras ici pendant encore six ans et neuf mois pour lui. Accepte le fait que tu sois sa compagne. Plus vite cela sera fait et plus vite tu seras heureuse. Plus vite IL sera heureux. Car il souffre beaucoup. Et cela est de ta faute. Accepte ce cadeau, pour une fois. Puis elle sortie. Je levais les yeux au ciel face à son discours. Si elle pensait m'amadouer, elle avait tord. Un sourire en coin apparue, pensant à l'état de tout ces cadeaux qu'il m'a offert. Le premier fut une belle robe rouge avec un nœud à la ceinture. Elle était vraiment très belle et parfaitement à ma taille. Elle fut massacrée dans l'heure qui suivit sa réception par une paire de ciseau. La tête de Madame Sissi quand elle était venue me chercher pour un cours de savoir-vivre. J'en rirai presque. Presque étant le mot clé de la phrase. Chaque bouquet de fleur, de roses rouges, placée dans un vase de cristal finissait exploser contre un mur. J'ai toujours détesté les roses rouges. Chaque paquet de confiseries hors de prix et à l'odeur alléchante finissait par boucher les toilettes. Littéralement. Quand il m'offrait à nouveau des robes, j'étais contente. Je pouvais occuper mon temps avec un petit atelier découpage. Je me levai et vis qu'il était minuit. Mes pensées étaient là seule chose qui me restait. La seule chose qu'ils ne pourront me prendre. Pas comme toutes ces filles qui se faisaient embrigader, qui subissait avec plaisir ce lavage de cerveau intensif. En haussant les sourcils, je remarquai que j'étais devenue très sarcastique. Intérieurement, bien sûr. A onze ans, j'avais l'impression d'avoir la mentalité d'une adulte. Ce combat pour me libérer m'a murie rapidement. Trop rapidement. Il y a un an encore, je pensais comme un bébé et faisais confiance à un monstre déguisé en gentil garçon...      
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