Part 1 :
Eleana's misery
Chapter 2 :
Girls of Misery.
4 ans et 9 mois plus tôt
Treize ans. Trois ans enfermée ici. Trois ans à vivre dans la tristesse, la solitude et dans mes pensées. Les bougies brillaient sous mes yeux et les filles chantaient avec moins de joie que la dernière fois. Onze étaient parties car elles avaient toutes eu l'âge de partir dans la cage aux lions. Ou plutôt la cage aux loups. Il y a eu douze nouvelles filles, l'une d'entre elle ayant quinze ans. Si j'avais son âge, ils ne m'auraient pas eu. J'aurais eu plus de force et me serais battu comme une lionne. Mais maintenant, c'était trop tard. Les tentatives pour fuir se sont multipliées mais rien n'y fait. J'étais sous constante surveillance.
La fille est arrivée il y a une semaine. Elle s'appelait Cally. Je l'appréciais car elle était comme moi. Elle ne parlait pas et avait un regard vide. Alors que toutes chantaient, je la fixai du regard et je me sentais mieux. Je me sentais mieux de savoir que je n'étais la seule à trouver tout cela fou, à considérer cela comme du k********g et je sais qu'elle pourrait être une très bonne alliée. Son regard croisa le mien et on se fixa l'une et l'autre du regard. Alors qu'elles finirent de chanter, je continuai de la regarder comme si de rien n'était. Un sourire en coin apparu alors sur mes lèvres. Elles savaient ce qui allait se passer.
L'année dernière, j'avais vidé la bouteille de jus sur le gâteau avant de prendre des morceaux avec les mains, les écrasants et les jetant sur les filles. C'était très amusant et j'ai même reçu une lettre du monstre qui m'a dit que plusieurs filles ce sont plaintes à leurs compagnons et qu'ils lui ont, de leur côté, demandé des comptes. Il m'avait dit de me calmer, qu'il y avait beaucoup trop de plaintes contre moi et blablabla. La deuxième année, j'ai décidé de continuer mon sale comportement avec les Femmes mais aussi avec les Surveillantes et les Cuisinières. Elles ne me supportent plus, je le sais. Ça se voit dans leurs regards haineux mal masqué par leurs faux sourires. Étant "futur-Luna", tout le monde se devait de me "respecter". Faire les hypocrites, quoi. J'ai également arrêter de manger de la viande à mon arriver ici, au grand damne de ces prédateurs carnivores.
Mais une fois mes douze ans passés, j'ai décidé de m'en prendre aux filles. j'ai coupé les cheveux de dix filles dix nuits d'affilées avant de me faire attraper la onzième nuit à cause du cri de Tara Miller, la compagne du Béta de la meute de Drake. Elle avait treize ans, était arrivée deux mois après moi et était devenue comme toutes les autres filles : un mouton. Elle avait tout accepté à bras ouvert et était folle amoureuse de son compagnon. Berk.
Cette fille était mon ennemie de l'école. Elle me surveillait comme un vautour surveille sa proie et avait empêché beaucoup de mes plans de finir avec succès. Et quand je lui ai coupé les cheveux, c'était la cerise sur le gâteau. Je lui avait coupé plus de la moitié de ses longs cheveux blonds de manière inégale, en coupant plus à un endroit qu'à un autre, détruisant sa mèche qui faisait d'elle une "beauté". On s'est ensuite battu. Avec de vrais coup de poings et coups de pieds. Les Femmes, alertées par le bruit, sont toutes venues et m'ont prises sur le fait en train de lui donner des coups de pied dans le ventre tandis qu'elle était pliée en deux. Avec le ciseau à la main, elles ont tout de suite su que j'étais la responsable de la catastrophe capillaire des dix autres filles. J'étais satisfaite de lire la lettre d'un Drake très énervé deux jours après. Son bêta voulait que je sois punie. Bien sûr, cela ne fut pas le cas.
Revenons-en à mon treizième anniversaire, à savoir maintenant. Mon sourire en coin fit hausser les sourcils de Cally tandis que je levai ma main et éteignai chacune de mes bougies avec mes doigts. Chaque flamme fut étouffée par mes doigts. Je n'avais pas mal. Je fixais tout le long Cally qui avait un sourire en coin qui se formait sur son visage, un sourire similaire au mien. Et là, je su que j'avais une alliée.
2 ans et 9 mois plus tôt
Mes quinze bougies brillaient et les filles chantaient d'une voix monotone. Elles ne prenaient plus la peine de faire les hypocrites. Je soupirai et gardai les yeux baissés. Cally est partie il y a deux semaines et je n'arrivais pas à m'y faire.
Après le treizième anniversaire qui s'était finit avec moi et Cally jetant du gâteau sur tout le monde, même sur les Femmes et Surveillantes, nous étions parties en courant nous réfugier dans ma chambre. Cally s'était alors effondrée de rire sur mon lit et moi je gardai sur mes lèvres mon fameux sourire en coin.
- Moi, c'est Cally., dit-elle en me tendant la main.
Je lui serrai la main mais ne dis rien. Elle sourit encore plus et me dit :
- Alors les rumeurs sur toi sont vraies, tu n'as pas sorti un mot de ta bouche depuis ton arrivée il y a trois ans ?
Je secouai ma tête, un petit sourire sur les lèvres. Un sourire fier. Le seul que l'on pouvait qualifier de sourire, avec les dents qui apparaissaient légèrement. Une lueur apparue dans ses yeux et elle se mit à faire des gestes. Elle s'était mise à signer : la langue des signes ! Ma mère était malentendante alors je savais parler cette "langue". Un sourire, un vrai, apparu sur mon visage.
"Tu connais la langue des signes ?"
"Oh que oui je la connais !" lui fis-je, ce qui la fit rire.
Puis nous fîmes connaissance à travers ce langage. Personne n'est venu nous voir de la soirée et alors que je lui racontai tout mes coups durant ces trois ans, elle riait et m'expliquait qu'elle était comme moi. Que quoi qu'il se passe, elle essayera toujours de fuir et combattra toujours pour réussir à reprendre sa liberté.
Depuis ce jour, nous étions inséparable. Aucune des personnes dans cette école ne pouvait signer, nous laissant donc l'opportunité de continuer à faire ensemble les quatre-cent coups. Cally était la figure fraternelle qu'il me manquait. Elle me rappelait beaucoup Jimmy. On a tout partagé ensemble. Cela faisait du bien de sourire, de "parler", de se faire comprendre. Je lui appris comment rendre les Femmes, Surveillantes et Cuisinières folles, comment bien se débarrasser des pacotilles que nous envoyaient les monstres tout en embêtant les Femmes, où se trouvaient les cameras, l'horaire des Surveillantes, des Femmes et du personnel.
Et il y a eut cette fois où nous étions à deux doigts de gouter à notre liberté. C'était il y a six mois. Le plan était simple. Chacune était au deux extrémités de l'école. Nous avions les horaires de chaque adulte se trouvant dans cette école. On était dimanche, jours où une partie du personnel était en congé. J'étais assise au sol et attendais que tout se passe comme prévu. L'alarme se mit alors à sonner. Parfait. Je devais alors moi aussi m'en tenir au plan. Une Femme passa quasiment en courant tandis que le code orange passa au code rouge "Code Rouge, Code Rouge...". Elle passa sans me voir. Parfait. Je mis alors mes mains sur mon ventre et, avec mes meilleures talents d'actrice, me pliai en deux et fis comme si une douleur me prenait dans le ventre. Le bruit que je fis attira l'attention de la Femme qui devint aussi blanche qu'un linge tandis que je me pliai en deux, me tortillai dans tout les sens et commençai à trembler.
La Femme se baissa et cria :
- CODE NOIR !
Le Code Noir retentit alors tandis que des femmes arrivaient par ici.
- Oh mon Dieu, c'est la Luna de l'Alpha Preston !
- Elle se met à trembler !
- Vite, amenons les à l'infirmerie !
- Les ? Mais elle est seul ?
- Cally Thompson à été retrouvée à l'autre bout de l'école se tenant aussi le ventre, tremblante et ses yeux roulaient derrière son crâne alors qu'elle était chaude de fièvre et toute transpirante !
- Eleana ! Eleana, tu m'entends ?, fit la voix paniquée de Madame Sissi.
- Elles sont tout le temps ensemble ! Elles ont dû attraper un virus !
- Les Symptômes de Miss Thompson sont plus prononcés !, fit une voix âgée et dure. Elle a de la fièvre et est toute transpirante !
- Et qu'est ce que c'est que ça, à votre avis ?, frappa la voix froide et cinglante de Madame Sissi qui touchait mon front et mes joues. Seigneur...
Je sentis alors qu'on me soulevait et doublait la force des tremblement, faisant rouler mes yeux derrière ma tête et des bruits de suffocation, me pliant deux fois plus.
Au bout de deux minutes, la fatigue me pris le corps tandis que l'on me posa sur un lit. Je voyais du coin de l'œil Cally qui dormait. Du moins, c'est ce que pensaient les Femmes et l'Infirmière...
- Je vais lui donner les même calmant..., Fit une voix douce qui devait être celle de l'infirmière.
Alors que je sentis l'aiguille transpercée ma peau, le plan se déroulait toujours à la perfection. Je croquais le cachet se trouvant derrière ma dent, un cachet trouvé lors d'une visite à l'infirmerie, celle-ci se trouvant en dehors de l'école, dans un petit bâtiment collé à l'enceinte.
Le calmant devait agir immédiatement si j'étais réellement malade alors je me calmai puis fermai mes yeux, satisfaite d'arrêter de trembler car mes membres devenaient trop fatigués pour tenir. On pouvait les entendre parler car elles étaient encore dans la salle puis elles sortirent, fermant la porte. J'entendis un léger raclement de gorge et ouvris mes yeux. Cally me regardait et me fit un clin d'œil. Nous nous levâmes sans faire de bruit puis écoutâmes les Femmes parler.
- Les mêmes symptômes... Partager virus...
- Prévenir Alpha... Commandant Thorne...
- Laisser dormir... reposer... attendre...
Nous nous regardâmes avec Cally puis nous nous fîmes un sourire.
Nous ouvrîmes la fenêtre tout doucement et vîmes que l'on était au rez-de-chaussez, surement à cause de notre état.
Nous sautâmes sans faire de bruit mais au moment de sauter, la fenêtre fit un bruit. Plutôt léger mais une bonne oreille pourrait l'entendre. Nous entendîmes la porte s'ouvrir et, sans plus attendre, nous mîmes à courir.
Lorsque l'on fait du sport, la seule chose que je fais est courir. Je travail mon endurance et ma vitesse chaque fois, pour des situations comme celle ci. A quatorze ans et demi, je courais deux à trois fois plus vite et plus longtemps qu'à mes dix ans, ce qui est normal. Cally était moins rapide mais se débrouillait, atteignant la forêt qui se trouvait à deux cent mètres, on pouvait entendre les Surveillantes qui s'étaient mises à notre poursuite.
Nous doublâmes de vitesse et nous enfonçâmes dans les bois. Je courais d'une telle vitesse que tout ce qui était autour de moi était flou et que le vent me faisait mal aux yeux. J'entendis Cally trébucher et couru l'aider à se relever, rendant les Surveillantes dangereusement proches.
- Part sans moi, je ne suis pas assez rapide ! Je peux les distraire !, me dit-elle.
Je la tirai par le bras et couru, lui tenant la main. Nous mîmes plus de vitesse dans nos pas de sorte à ce qu'il y ait toujours un écart entre nous et les surveillantes.
- Léa ! Je te ralentis ! Je peux les distraire tandis que tu t'enfuies, je trouverais bien un moyen de les avoir un jour !
Je la regardai puis parlai pour la première et dernière fois depuis mes dix ans. Je lui dis dans un chuchotement pour que rien ne nous entende :
- Je ne te laisserai jamais tomber. Ce sera toujours ensemble que l'on se battra.
Des larmes apparurent dans ses yeux tandis que nous doublâmes de vitesse. Au bout de dix minutes, Cally était épuisée et les Surveillantes toujours à nos talons. Cally trébucha de nouveau, mon élan ne me faisant arrêter que trop tard. Je me retournai et vis une surveillante sauter sur Cally et la maîtriser doucement mais fermement sur le sol.
- COURS LEA !, m'implora-t-elle en me regardant.
- Je ne te laisserai jamais., lui dis-je en langue des signes.
Une Surveillante vint me maintenir mais je ne me débattais pas.
On trouvera un moyen, Cally, je te le promets.
Elles finirent de chanter et attendirent, comme si elles étaient habituées à attendre que mon monologue intérieur finisse. Mais cette année, je ne fis rien. Cally devait vivre un enfer avec Hades lui même. Je ne savais pas de quelle meute était son monstre personnel, seulement qu'il était Commandant. Ce n'était pas comme un Bêta ou Delta mais plus comme un chef de troupe qui recevait directement les ordres de l'Alpha et qui participait à la vie politique. Un haut-membre, quoi.
Je me levai, soupirant, les bougies fondant sur le gâteau. Je pouvais apercevoir la lueur d'espoir des filles qui pensaient qu'elles pourraient enfin manger du gâteau le jour de mon anniversaire.
Pour toi, Cally. Car tu as ramené de la vie à cette âme vide qu'est la mienne.
Puis je pris le gâteau et, les bougies toujours allumées, le jetai en l'air, le faisant atterrir tout droit sur la tête de Tara Millers qui s'était mise vers le fond. Tandis que son hurlement ressemblant à un grincement de tableau retentit, je partis, enlevant la pince de mes cheveux et les secouant, leur rendant leurs belles formes ondulées.
Je tiendrais ma promesse Cally. Et je sais que tu tiendras la tienne. Nous n'abandonnerons jamais et nous fuirons ensemble.