Chapitre 15 : la justice populaire

1376 Words
Le regard planté sur moi, elle se mit à reculer d'une façon très étrange, Ce qui m'interpella bien évidemment. - « Pourquoi fais-tu cette tête ? Ce message porte quelle connotation ? » Lui demandai-je Elle se mit à pleurer à chaude larme en se tortillant les cheveux, son visage montrait à quel point elle était horrifiée. - « La malédiction va donc s'abattre sur nous. » me disait-elle en tremblant. C'est donc à ce moment, qu' on entendit une foule enragée accourir vers nous, armé de gourdins et de machettes, en faisant un vacarme et en manifestant leur mécontentement. En fait, la foule venait pour moi, les membres du Zabatakè avaient sonné l'alerte dans tout le village, nous pointant comme les sorciers à abattre, ceux qui commettaient la majorité des crimes rituels du village. La foule en furie s'approchait donc de nous. Très rapidement, nous nous sommes retrouvés encercler par eux, il avait même la preuve de ce que ces sorciers affirmaient, les parties du corps du curé éparpillées partout étaient la preuve clair de notre dangerosité. Ainsi, Mueke un membre influent de la confrérie des zabatakè prit la parole, et s'adressa à nous à presque 30 mètres d'où nous étions. - « 99 jours pour le voleur, un jour pour le grand patron ... On nous accusait tous les jours de sorcellerie, alors que c'était toi, le fils du plus grand sorcier qui ait pu exister dans ce village. » me dit-il - « Dieu est grand. » ajouta-t-il. La foule se mit à manifester leur mécontentement en bradant leurs armes mais personne n'osait véritablement s'approcher de nous. Toujours dans la même lancé, il continuait à parler. - « Population ! Aujourd'hui c'est le grand jour. Ces deux gens que vous voyez, ont tellement tué dans ce village, C'est Dieu qui a voulu que les choses se passent ainsi. » Dit-il en nous pointant du doigt. « Leur dernier crime en date, c'est notre honorable homme de Dieu. » ajouta-t-il « Abat les sorciers ! Abat les sorciers ! » Se faisait entendre de la bouche des populations. Mais, Delphine prit la parole en usant de toutes ses cordes vocales. - « Nous ne sommes pas des sorciers » disait-elle très en colère. Le chahut de la foule se fit entendre. - « vous êtes des sorciers. » glissa une voix dans la foule. - « on va vous brûler. » dit une autre voix. - « Trop c'est trop ! On ne vous veut plus dans ce village. » Entendais-je encore. Delphine se lança dans un argumentaire. - « Le sorcier c'est ce Mueke qui vous monte contre nous. » leur dit-elle avec fourgue. Mueke se laissait éclater de rire. - « moi ? Sorcier ? Vous ne baratinerez personne ici » dit-il le sourire aux lèvres. - « oui ! oui ! Abat les sorciers. » Entendais-je de nouveau du chahut de la foule. Delphine n'abandonnait pas et essayait de dissuader la foule. - « il se joue de vous, je vous le dis. C'est lui le sorcier. » Disait-elle. - « pourquoi ton collègue sorcier est couvert de sang et nu comme un vers de terre ? hein ? » Nous posait-il la question avec un sourire narquois - « vous étiez en train de manger ce pauvre curé dans votre sorcellerie. » nous dit-il d'un regard moqueur. Moi, je n'en pouvais plus de tout ce remue-ménage, alors je pris la parole, tout en m'avançant vers eux. - « tu veux me tuer ? Alors fait-le. » lui disais-je en avançant les bras tendus à l'horizontal, et sur les côtés. Tous étaient effrayés, et se mirent à reculer, au fur à mesure que je m'avançais vers eux. - « Tuez-moi ! Je suis un sorcier, mais je tiens à vous rappeler que je suis entré dans ce monde obscur par le billet de Natacha, qui est le chef du clan mystique le plus influent de tout ce village. Certains parmi vous en sont membres, j'espère qu'elle n'est pas votre marraine ? » Leur dis-je en souriant. « Parce que c'est ma petite sœur, et je ne suis pas sûre qu'elle laissera mon crime impuni. » leur dis-je ne craignant plus rien, et prêt à ce qu'ils en décousent de ma vie. Quand soudain Natacha sortit de la foule et leur dit en me fixant dans les yeux. - « abattez-le » ****** Au village voisin, le soleil se levait aussi et brillait déjà de mille feux. Tout annonçait une parfaite matinée, mais malheureusement un homme ne se levait pas du bon pied ce jour-là. « Bam ! Bam ! » Un homme vêtu d'un T-shirt et d'un pagne en guise de dessous, était très furieux et il frappait à la porte en hurlant. -« Ouvrez cette porte ! Ouvrez cette porte j'ai dit ! » -« Qui est-ce ? » demandait une femme de l'intérieure de la maison. -« Madame ! Ouvrez la porte sinon je vais la défoncer. » Disait-il en frappant encore plus fort sur la porte. « Je commence déjà à avoir ma claque. » -« Qu'est-ce qu'on a bien pu vous faire ? » demandait la dame apeuré par la fourgue de l'étrange homme en colère. -« vous osez demander qu'est-ce que vous avez bien pu me faire hein ? » demandait-il en riant et claquant des mains. « Vous blaguez mal et avec la mauvaise personne. » -« mais si vous ne nous dites rien comment allons-nous savoir ce qui vous préoccupe ? » demandait la femme. -« Dites à votre fille de ne plus venir dans mes rêves. Si elle se pointe encore dans mes rêves je vais la découper comme de la viande. » Dit-il en hurlant. -« Elle est encore apparue dans votre rêve ? » demandait la dame. -« Elle est venue jusqu'à me gifler même, j'ai encore les douleurs de la gifle sur le visage. » dit-il. -« Pardon je vais parler avec elle » dit-elle d'une voix calme. « Je suis vraiment confuse. » -« Hier c'était mon voisin, aujourd'hui c'est moi et demain ça va être qui ? » demandait le monsieur en frappant encore plus sur la porte. Alors qu'il hurlait la femme ouvrit la porte, le monsieur la bouscula et entra de force à l'intérieur. - « Monsieur, Non ! Ne lui faites pas de mal ... » disait la dame. Il avança et tomba nez à nez avec la petite fille en question. Asrael était une petite fille à peine âgée de 10 ans, elle est une ressortissante de mon village, et pendant longtemps elle a vécu ici, jusqu'aux jours où sa mère découvrit qu'elle avait un Mbèkè en elle. Alors elle prit la décision de s'en aller avec elle hors du village, en croyant que les choses iraient mieux mais c'était tout le contraire car elle donnait des nuits blanches aux villageois. L'homme se tenait donc en face d'Asrael et lui parlait en la pointant du doigt. -« Oh ! Toi je te lance un ultimatum, je ne veux plus jamais te voir dans mes rêves. » Disait-il avant de tenir le bras d'Asrael. « Si je te vois encore dans mes rêves je vais te découper comme la viande. » Asrael se mit à rire aux éclats. -« et tu crois que j'ai peur de ça ? » dit-elle en le fixant dans les yeux. « Regarde-moi une brebis comme ça qui veut m'influencer. » -« hein ? » s'étonnait l'homme en question. « Tu dis que quoi ? » - «j'ai dit que toi et moi, c'est jusqu'à la gare ... je viens dans tes rêve quand je veux.» lui dit-elle en souriant. « Découpe-moi maintenant si tu es sage. » - « Massah... » Disait-il en relâchant son bras et en la regardant avec effroi. -« On vous a toujours dit de ne pas dormir avec les fenêtres ouvertes, mais vous ne comprenez pas. » disait-elle. « Mon Mbèke est tombé amoureux de toi et tu n'y peux rien. Tu auras beau me tuer mais ce qui est dans moi tu ne pourras pas le tuer. » L'homme qui au départ était vert de rage la regardait sans dire le moindre mot.
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