Les pauvres villageois ne savaient pas qui était la véritable personne à leur côté, il ne voyait juste qu'une charmante petite fille qui les motivait à anéantir la menace que j'étais. Prit d'un courage inouïe, ils avancèrent vers nous dans l'intention de nous soumettre à leur justice. Le regard flanqué sur celui de Natacha, je me rendais enfin compte du message que Solange voulut me passer, elle me mettait en garde contre ce qui nous arrivait.
Les « Si je savais » viennent toujours trop tard, notre mort se dessinait comme une évidence.
- « Clinton ! Entrons nous réfugier. » Me dit Delphine en hurlant.
Alors je me suis mis à courir afin de rejoindre la maison de Delphine, et la foule accourait vers nous en colère. Nous réussîmes à entrer à l'intérieur, et nous verrouillâmes les issues derrière nous. Je pense que ce fut l'un de nos plus mauvais choix car on s'était très rapidement fait encercler, et nous étions à leur merci.
- « on va vous tuer » se disait dans la foule.
- « brulons cette cabane. » se disait aussi
- « oui ! oui ! » furent les réponses communes.
On allait crever dans cette cabane en bois, telle était notre fatalité. La foule lançait des pierres sur les murs en bois très fatigués, et ils transperçaient la fenêtre vitrée, et entraient nous trouver à l'intérieur.
On se mit à l'abri dans sa chambre, qu'on barricada avec son lit à coucher pour que personne ne puisse venir nous trouver à l'intérieur. Les bruits ne cessèrent guère, et un chahut total se fit entendre, les villageois étaient vraiment mécontents et nous savions qu'il n'y avait plus aucune solution pour nous tirer de cette situation.
Assis à même le sol, Delphine se mit à pleurer.
- « On va mourir. » me disait-elle en coulant des larmes.
- « je suis désolé pour tout. » lui répondis-je presque en larme
Je n'aurais jamais pu imaginer que ma vie allait être aussi compliquée et surtout que j'allais avoir une aussi triste fin.
- « Clinton ! Je dois te parler » me dit-elle très affectée par la situation
Très intrigué par son expression faciale.
- « oui ! je t'écoute » lui répondis-je
- « je n'ai pas vraiment été honnête envers toi. » me dit-elle en fixant le sol. « Si on doit mourir autant mieux être honnête l'un envers l'autre. » ajoute-t-elle
Je me suis mis à froncer les sourcils, et à la regarder avec insistance.
- « oui, dit moi tout »
- « je suis ... »
Au moment où elle s'apprêtait à se confier
« Bam » « Bam »
Ils se mirent à frapper sur la porte pour la défoncer, dans le fait nous interrompîmes notre conversation, et nous nous levâmes aussitôt alors que d'autres coups se firent entendre sur la fenêtre.
Des cris de joie, presque hystériques se firent aussi entendre de l'extérieur, en fait, le bruit de ces coups venait du fait qu'ils étaient en train de condamner les ouvertures. Ils se sont mis verser du pétrole, sur les murs de planche et ils s'apprêtaient à nous faire griller vivant.
Delphine se mit à frapper sur les planches en criant à l'aide. Une scène qui me brisait le cœur tout en sachant que je ne pouvais rien faire pour nous venir en aide.
- « je ne suis pas une sorcière, je ne veux pas mourir, ne me tuer pas. » disait-elle en frappant de toutes ses forces.
Je m'approchai d'elle et essaya de la contenir. Je la pris par les épaules en lui disant.
- « Aller vient, on va rester au milieu de la pièce. »
Elle repoussa ma main violemment.
- « lâche-moi, c'est à cause de toi que je vis toute cette m***e. Ne me touche plus ! »
Je la lâchais donc tout en reculant de quelques pas. Un énorme brouhaha, nous fîmes comprendre qu'il venait de mettre le feu à la cabane. Alors je la pris de force, et je la ramenai au milieu de la chambre.
- « wohoooo !!!! »
- « ouloulou !! »
- « b***e de Satan ! »
- « vous allez aller en enfer ! »
Se faisait entendre de l'extérieur.
- « on va mourir ! » me dit-elle en larme, tout en s'agrippant très fort à moi.
*******
Au même moment dans le village voisin...
-« tu ne fais plus le malin n'est-ce pas ? » disait la petite Asrael à l'homme déjà très apeuré.
-« Mince ! Tu es sure que tu es une enfant ? » Demandait l'homme en claquant des mains puis il balança son regard sur la mère de la jeune fille. « Vous écoutez ce qu'elle me dit ? Elle ose me menacer. Qu'est-ce que vous avez accouché comme çà ?»
La femme en question balança son regard de l'homme à sa fille.
-« Asrael pardon laisse le en paix, on a déjà assez de problème comme çà, pardon n'en rajoute pas. »
Le visage d'Asrael se fronça et on y voyait une colère monstrueuse se dessiner.
- « Que t'ai-je déjà dit ? hummm ? » demandait Asrael à sa mère. « Tu es folle ou quoi ? ne t'ai-je pas déjà dit de ne plus entrer pas dans mes relations amoureuses. »
La réaction de sa mère qui suivit ses paroles démontrait à quel point elle avait peur de sa fille.
- « Chérie ce n'est pas çà... Je ne veux pas qu'on nous expulse de ce village. » dit-elle en supplication. « Tu sais comment on a souffert au village, je ne veux plus le revivre. »
- « Attend un peu, quand elle parle de relation amoureuse, elle fait allusion à qui ? » demandait l'homme très intrigué en fixant la mère d'Asrael.
- « pouvez-vous garder le silence ? ou aimerez-vous que je vous laisse résoudre ce problème tout seul ? »lui répondit la mère d'Asrael.
- « Non ça va, parlez avec elle. » dit-il en reculant de quelques pas.
La mère d'Asrael se retourna ainsi vers sa fille.
- « Chérie, on avait conclu que tu pouvais manger l'âme de n'importe qui que tu voulais mais à condition que çà soit hors de ce village. » ajoutait-elle.
- «Oui mais déjà amoureux de lui et son âme est déjà mienne. » disait Asrael en fixant l'homme dans les yeux.
Celui-ci se mit à claquer des mains et manifestait son effroi.
- « Ma part est venue » dit-il en croisant les mains. « Je vais tout entendre dans ce village. »
- « Chérie s'il te plait fait pour moi. » lui disait sa mère. « je ne veux pas retourner dans ce village maudit. »
- « Maman ! il y a des choses qu'on ne choisit pas dans la vie. Parmi ces choses, l'amour en fait partie. » dit-elle en fixant l'homme dans les yeux. « cet homme et moi, nous sommes déjà mariés. Rien ne peut désunir deux personnes qui s'aiment. »
- « Hein ? » s'interloquait l'homme en question. « On est quoi ? »
- « tu es mon époux. » lui dit-elle en le regardant droit dans les yeux.
L'homme dépassé décida de prendre la sortie de s'en aller mais avant il lui dit.
- « je vais voir Le curé et je vais voir si tu feras encore la maligne. »
Asrael se mit à rire aux éclats.
- « J'espère qu'il réussira à nous désunir ce même jour, parce que s'il ne le fait pas cette nuit je vais te montrer qui porte la culotte dans notre couple. » dit-elle alors que l'homme prit la sortie et se rendit chez le curé.
Si j'ai un conseil à vous donner pour ne pas vivre un mariage spirituel, une chose d'ailleurs très difficile à désunir.
S'il vous plait ne dormez jamais la fenêtre ouverte, quand je parle de fenêtre ouverte je ne parle pas uniquement de la fenêtre au sens premier.