Quittant ce bâtiment délabré, Colin se demandait s’il allait encore avoir le courage de s’y rendre de sa vie. Une promesse est une promesse sinon il ne comprenait pas pourquoi sur tous les travaux dans le monde entier, il avait fallu qu’il tombe sur le babysitting et voilà qu’il en souffrait déjà sans avoir commencé. Il avait garé sa voiture au loin seulement pour éviter d’attirer les regards curieux et surtout celui de celle qui allait l’employer parce que trouver cette excuse bizarre au sujet de la veste prêtée n’avait pas été simple.
Roulant à toute vitesse dans le but d’arriver chez lui le plus vite que possible et se reposer, il ne craignait rien de ce qui pourrait lui arriver sur la route. Imaginant son corps entrer en contact avec son grand matelas King Size, comme l’effet d’un éclair, il se souvint enfin que jusqu’à son mariage, il était censé rester chez ses parents « en famille » comme sa mère ne cessait de le lui répéter. C’était comme s’il perdait peu à peu sa liberté mais il n’avait pas de choix. Pour cette dernière, il savait qu’il serait prêt à tout.
Entendant le son des voix venant de l’intérieur, il se rendit compte qu’il n’avait pas droit au repos parce que c’était impossible de se faire petit dans cette maison. Il entra la mine dépitée mais le sourire parfait de celle qui l’avait mis au monde le réconforta un peu.
« ça ne va pas mon chéri ? » lui demanda sa mère.
« je vais bien. Je suis juste fatigué et je voudrais me reposer. »
Sa mère posa affectueusement ses mains sur ses joues en lui souriant. Il comprit qu’il n’avait pas d’échappatoire.
« je comprends que tu travailles toute la journée mais pour ce soir, tu ne pourras pas te reposer parce que Claudia est là et on voudrait tous dîner ensemble. »
Et dire qu’en l’espace d’une seule journée, il avait oublié ce nom, il avait oublié que de sa vie, il avait eu à rencontrer une femme au nom de Claudia, il avait même oublié que cette Claudia était sa fiancée. Si seulement il était chez lui, il n’aurait pas à la revoir.
« je suis certaine que cette fille saura te remonter le moral et oublier ta fatigue tu sais ! »
« bien sûr maman, j’en suis certain. Alors où est-elle ? »
« dans le jardin je crois. »
Il remercia sa mère et lorsque cette dernière s’en alla, il souffla. il ne comprenait pas pourquoi sa mère aimait autant sa fiancée comme si elle était sa propre fille mais bon, il n’avait pas à être jaloux pour ça. Il monta dans sa chambre et après une douche rapide, il sortit et une fois dans le salon, il se rendit compte que ni sa fiancée, ni son frère n’étaient là. Même si de son côté il ne connaissait pas ce que Claudia faisait dans sa vie, elle méritait tout de même son respect en tant que sa fiancée. Lorsqu’il arriva dans le jardin, tout semblait vide en dehors de la beauté des fleurs. Sa mère ne pouvait pas se tromper alors, il savait que cette fille était là.
« Claudia ! » l’appela-t-il espérant qu’elle puisse répondre.
Alors qu’il faisait des tours, il entendit des pas derrière lui et ayant horreur de ce que cette fille avait l’habitude de faire c’est-à-dire lui plaquer les mains sur les yeux l’obligeant à deviner qui c’était, il se tourna à temps et la vit. Sa chère fiancée.
« je suis heureuse que tu sois là à l’heure mon amour. Je ne voulais pas passer la soirée seule. Comment était ta journée de travail ? »
Il ne voulait pas être parano mais il ne comprenait pas comment est-ce qu’une femme comme Claudia, qui se souciait toujours de son apparence pouvait être là devant lui les cheveux en bataille et son rouge à lèvre qui avait débordé. Il ne comprenait pas et ce n’était d’ailleurs pas la toute première fois qu’il remarquait cela. Lorsque cette dernière avança vers lui pour l’embrasser, il crut humer l’odeur d’un parfum qui n’était pas le sien avant de la repousser très rapidement.
« qu’est-ce qui se passe mon amour ? arrête d’être tout le temps crispé et profite un peu de la vie tu veux ? »
« seulement, j’aime ce qui est propre. »
Il la vit passer les mains dans ses cheveux et son regard était la preuve qu’elle avait compris ce qu’il voyait. Il la vit la mine bizarre pendant quelques secondes avant que cette dernière ne lui fasse un sourire.
« j’imagine que mon rouge à lèvre est dans le même état que mes cheveux. J’étais en compagnie de Maria dans la cuisine et je n’ai pas arrêté de goûter à tout ce qu’elle faisait avec des doigts tellement c’était bon. J’ai hâte d’être à table si tu savais. »
Une autre surprise qui venait de le foudroyer et dont il n’y comprenait absolument rien. Il décida de ne pas insister et partit. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait mais il avait l’impression que quelqu’un se foutait de lui depuis un bon moment déjà même s’il ne savait pas de qui il s’agissait.
« je sais que j’agis depuis un moment comme une gamine mais tu n’as pas à t’en aller comme ça mon amour. »
Il ne dit rien et partit. Une fois dans le salon, il vit sa mère qui lui annonça que la table était prête et que son père y était déjà. Cet homme n’était pas son ennemi et pourtant il ne savait pas vraiment quel problème il avait avec lui. Lorsqu’il arriva dans la salle à manger, il lui passa un bonsoir vite fait et s’assit. Il voyait bien que deux personnes manquaient à table et surtout celle qui avait dit qu’elle avait hâte d’être à table.
« les autres, ils sont où maman ? »
« dans la cuisine. Claudia y était déjà pour se laver les mains et j’ai demandé à ton frère de rapporter à boire mais tu sais bien qu’il n’est pas comme toi Rovic. Tu peux aller chercher je t’en prie. »
Il se leva et lorsqu’il fut devant la porte de la cuisine, il crut mal entendre ce qui se passait. il se rapprocha de plus près et entendit : « tu étais parfaite tout à l’heure dans le jardin mon amour mais la prochaine fois, évite ton rouge à lèvres. Il pourra tâcher ma chemise un de ces jours et ça ne sera pas bon pour nous deux. » le rire perçant de sa fiancée confirma ce qu’il pensait mais lorsqu’il entra dans la cuisine, il se sentit idiot d’avoir pensé que son frère pouvait lui faire ça car, il était au téléphone et Claudia était près du frigo.
« tu vois ça mon amour, ton frère a une femme dans sa vie et ils étaient tous les deux dans le jardin. Je pense qu’il serait temps qu’on lui mette la pression afin qu’il nous la présente. »
Rovic ne dit rien et sortit de la cuisine. Il n’avait rien à foutre de la vie de son frère et il pouvait sortir avec qui il voulait tant que ça lui plaisait.
Des minutes plus tard, il semblait étouffer autour de cette table où les autres ne cessaient de parler. Il avait besoin du silence mais personne ne semblait le comprendre.
« alors, ton entretien d’embauche ça s’est bien passé ? » Demanda Lorenzo.
Rovic aurait souhaité parler de tout mais pas de cet entretien et surtout pas dans ce quartier où sa « patronne » habitait. Cette question lui avait coupé l’appétit et il ne voulait plus y rester alors, il se leva mais la main de sa mère se posa sur la sienne.
« c’est si terrible que ça, mon chéri ? » lui demanda Maria.
« et tu n’es pas obligé de faire ça mon amour. Je ne sais pas pourquoi tu as décidé de te lancer dans une telle aventure et pourtant tu es un multimilliardaire. » lui rappela celle qui lui servait de fiancée.
En y pensant bien, cette fille avait raison pour une fois et Rovic ne voyait pas vraiment il était obligé de faire cela. C’était vrai qu’il avait accepté de faire cela et qu’il ne faisait jamais chemin à rebours alors il ne pouvait pas laisser tomber.
« je dois être à l’heure demain alors je vais monter dans ma chambre. »
Maria lui fit un sourire réconfortant et il lui embrassa les cheveux avant de s’en aller. Fuir la réalité aurait été bien mieux mais il ne fuyait jamais ses responsabilités.