— Je n’ai rien entendu, dit la juge avec un demi-sourire. Et à présent, comment voyez-vous l’affaire ? — L’affaire, comme vous dites, est entre les mains de la gendarmerie et de la justice. Si vous souhaitez que je témoigne, je le ferai bien volontiers. J’ajouterai autre chose, si vous le permettez : ce pervers manipulateur qu’est Von Bulöw s’est appliqué à accabler le pauvre Émile Biger. — Le pauvre Émile Biger a tout de même failli estourbir le capitaine Fortin, fit remarquer la juge. — Vous avez bien dit, il a failli. Monsieur Fortin n’a pas été touché. J’ai interrogé ce pauvre Milar, puisque c’est sous ce nom qu’il est connu dans tout le canton, et il m’a bien volontiers donné sa version des faits. — Et vous l’avez cru ? — Oui Madame. Un faible d’esprit comme Émile Biger aurait ét

