C’était ainsi, pendant les premiers temps du mariage. Puis, promptement, l’existence avait changé. Le monde s’était emparé d’eux et ne leur avait plus rendu la liberté. Peu à peu, les soirées au coin du feu s’étaient faites rares, et maintenant c’était l’exception quand on s’enfermait à la maison. Alors l’ennui de la comtesse se montrait morne. Elle traînait sa maussaderie sur les fauteuils du salon. Mme de Saint-Maurice, heureuse d’avoir sa fille, pour quelques heures, en sa compagnie, essayait de donner la réplique à Raimond pour échauffer, jusqu’à la gaieté, la triste humeur de Lydie. Mais les efforts du mari et de la mère restaient infructueux, et la mondaine bâillait, loin du monde, dans l’engourdissement de la fatigue des bals précédents soudain ressentie. Et sans dissimuler qu’elle

