Chapitre 10

1462 Words
Ilona s'arrêta devant une grande porte en bois massif et tapa deux petits coups. Une voix étonnamment douce lui répondit d'entrer, avant qu’elle appuie sur la poignée. Lorsqu'elle entra et s'effaça pour le laisser entrer à son tour, il s'arrêta net. La pièce était grande, très grande même et éclairée par la lumière du jour qui s’infiltrait par le mur extérieur constitué uniquement d’une baie vitrée et qui offrait une vue imprenable sur le ciel et les arbres. Mais ce qui le frappait le plus était le décor. Était posé sur un tapis pop en mosaïque de couleurs vives, une table basse en bois sur laquelle étaient posé un plateau de fruits et un soliflore. Des tableaux décoraient le mur blanc, des portraits et photographies paysagiste et, juste devant lui, ce qui lui semblait être un espace lecture. Au milieu de ce décor, mademoiselle Darcie était assise dans un large fauteuil, son bébé sur les cuisses. — Bonjour mademoiselle Darcie. — Monsieur Roth, comment allez-vous ? — Bien, merci. — Ilona, apporte des rafraîchissements, je te prie. — D’accord madame. Une fois la domestique partie, elle invita Beau à s’asseoir et se tourna légèrement vers lui. — Comme je vous l’ai expliqué la semaine passée, cette semaine sera déterminante pour vous. Si à la fin de cette période d’essai vos performances sont piètres, je vous demanderai de partir en vous récompensant pour le temps accordé. Dans le cas contraire, si vous me prouvez que vous êtes en mesure de vous occuper comme il faut de Tommy, vous aurez officiellement le poste. Elle prit une pose avant de reprendre. — Alors, pour cette première journée, j’ai chargé Ilona de vous montrer les différentes pièces qu’il faut que vous connaissiez pour l’exercice de vos fonctions. Mais je vais déjà commencer par vous dire que cette pièce où nous nous trouvons actuellement est celle de Tommy. C'est la raison pour laquelle vous me voyez ici de sitôt. C'est ici qu'il passe presque toute la journée, sinon dans ma chambre. Quand le ciel est beau, comme aujourd’hui, il est ravi de sillonner la cour. Elle pointa une porte blanche qu'il n'avait pas encore remarquée. — Cette porte mène sur une petite terrasse et vous pouvez y aller pour prendre l’air et mieux admirer le paysage. Ensuite, elle lui expliqua en prenant tout son temps, les comportements de l'enfant, ses habitudes, ses préférences, sa nourriture. Même si cela devrait se faire en pratique, elle avait essayé de lui expliquer brièvement les habitudes de l’enfant. — D’ici la fin de la journée, vous verrez comment je lui donne son bain. Avez-vous des questions ? Des préoccupations ? — Non, pas pour le moment. On toqua à la porte et celle-ci s’ouvrit sans attendre. Deux femmes y entrèrent. Il reconnut Ilona mais pas le deuxième. — Riley, voilà Beau Roth, celui qui sera chargé de s’occuper de Tommy en mon absence. Tu sais ce que tu as à faire n’est-ce pas ? — Oui madame. Bonsoir monsieur Beau. Veuillez me suivre je vous prie. Je vous ferai visiter la maison. Beau se leva sans attendre et la suivit comme demandé. Elle se leva, et le devança. Il s'apprêtait à lui rappeler qu'elle avait oublié Tommy, mais ce fut comme un déclic en lui. Il se rappela les dire de la domestique, et se dirigea vers l'enfant. Celui-ci avait le poing dans la bouche, et ses grands yeux verts se détournèrent du plafond pour plonger dans les siens. Beau se figea aussitôt et le contempla un moment avant de tendre la main vers lui. Le bébé babilla dès qu'il fut dans ses bras. Inconsciemment, Beau fut aussitôt animé d'un sentiment protecteur, exactement comme la première fois qu'il avait pris Randy dans ses bras. — Tommy, c'est ça ? Murmura-t-il avec douceur. Moi, c'est Beau. Un autre babillement s'ensuivit, et Beau le pencha contre son épaule en se retournant. Il croisa le regard de Monica, qui s'était arrêtée près de la table ronde. Elle afficha un sourire en coin, avant de continuer son chemin. La porte qu'elle ouvrit, découvrit une grande chambre gaiement Une peinture blanche et bleue par-ci, un peu de rose d'un côté. Le sol était en parquet, mais une partie était recouverte d'un tapis en laine. Un berceau en bois était au centre de la pièce et recouvert d'une moustiquaire bleu pâle. — Vous pouvez passer la nuit avec lui ici, quand je ne serai pas là. Sa première réaction fut de regarder le lit. Il se demandait si elle s'y était déjà couchée, avant de sortir cette idée sordide de la tête. — Je l'ai aménagé il y a longtemps, pour le jour où je déciderai de prendre une baby-sitter. Heureusement que je ne l'ai pas peinte en rose. Il détourna le regard du lit pour le porter sur elle. Il s'attendait à y voir un sourire moqueur, mais ce qu'elle venait de dire ne semblait pas l'amuser. Se moquait-elle de lui ou non ? — Mais cette chambre mène dans la mienne, ajouta-t-elle en se retournant. Il bougea un peu pour calmer le petit qui commençait à s'agiter. — Il y a le pavillon du personnel en bas. Je vous ai réservé le vôtre personnellement. Avec une chambre aménagée pour Tommy. Mais avant d'aller le voir, je vais vous montrer les pièces de la maison. Elle sortit de la chambre et ferma la porte. Comme elle le devançait, il glissa un œil discret sur ses longs cheveux qui descendait en cascade dans le creux de son dos. Ses yeux glissèrent sur ses pieds, et il remarqua avec étonnement qu'elle avait enfilé des tongs. — À l'étage, ce sont les deux pièces auxquelles vous avez accès, annonça-t-elle en dévalant l'escalier. — Très bien. Il découvrit une jeune femme au teint café, élancée qui marchait d'une démarche rapide vers la sortie, un plumeau en main. — Ilona, apportez- nous du café et appelez le personnel. Rejoignez-moi au salon. La jeune femme se retourna, surprise. Mais quand elle vit Beau, derrière son employeur, elle comprit. — Tout de suite, mademoiselle. Quand elle se retourna, Beau eu le temps d'apercevoir dans ses yeux marron, une lueur intéressée. Sans nul doute que le personnel de cette maison aimait les reportages. Il souffla et suivit Monica au salon — Asseyez-vous, ordonna-t-elle en prenant place sur le fauteuil. À peine eut-il posé les fesses que des bruits de pas résonnèrent. Bientôt, les deux femmes de service qu'il avait déjà rencontrées entrèrent, l'une tenant un plateau, et deux hommes leur emboîtent le pas. — En prenez-vous ? Il ne répondit pas, mais quand il se rendit compte qu'elle lui parlait, il fronça les sourcils. — Le café. — Non, non merci. Elle se redressa et alla se mettre en rang. — Monsieur Roth est le baby-sitter de Tommy. Donc vous avez un nouveau compagnon avec qui vous devez vous entendre, débuta Monica. Elle les lui présenta ensuite, Ilona, celle qui l'avait accueilli, et Alex, la femme au plumeau. Les deux hommes étaient les chauffeurs, Mayes et Mitch. — Vous avez sûrement croisé Gavin au dehors, il s'agit du garde. Les filles, vous serez à la disposition de Beau. Vous savez comment ça marche. — Oui mademoiselle, répondirent les deux femmes en chœur. — Très bien. Beau, si vous avez besoin de quoi que ce soit, faites en part au personnel. — D'accord madame. — Ok, vous pouvez disposer. Après cette présentation, ils se dirigèrent à nouveau à l'étage, dans le séjour de Tommy. La jeune femme l'avait laissé y entrer seul, prétextant un appel. Quand il était de nouveau rentré dans la pièce, il l'avait contemplé à loisir. Puis il avait été attiré par des fléaux lumineux dans l'espace lecture. Il fronça les sourcils et s'y dirigea. Ce qu'il y découvrit le fascina encore plus. En effet, il ne s'était pas trompé. L'espace était aménagé avec une petite bibliothèque. Des livres étaient alignés avec soin dans une étagère. Ce qui formait des ornements lumineux contre le bois et les livres, était un kaléidoscope posé sur une petite étagère en face de la bibliothèque. Des billes, ainsi que des coquillages de mer et des verres cassés y étaient posées. Il se planta devant celle-ci, ce qui causa des ornements sur le drap du bébé. Magnifique. Cela donnait un air presque féerique à la petite pièce. Dans un coin, une petite table en acier brossé, sur laquelle était posé deux magazines people. Des coussins étaient jetés par terre dans un style négligé. Il sortit presque à regret de la pièce, et alla déposer Tommy dans le berceau. Ses chaussures commençaient à vraiment le déranger. Dans ce décor, il n'en avait absolument pas besoin. Il s'assit dans le fauteuil près du berceau, le regard fixé sur l’enfant.
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