Lettre XVI

564 Words

Lettre XVI CHARLES À ANATOLE. Rennes, 1786 Je te dois compte de toutes mes impressions et de toutes mes pensées, sans la moindre réserve ; je ne te ferai pas grâce des réflexions que tes deux lettres ont fait naître chez moi. D’abord j’ai vu avec la plus vive satisfaction que ton âme, que tu croyais flétrie par les passions, est neuve encore aux émotions de la nature, et que l’orage des passions n’a pas flétri ta sensibilité. Quand on a tant de plaisir à embrasser son père, on ne peut se plaindre de son cœur ; peu s’en faut que je ne sois trop content du tien. Il y a bien longtemps, mon cher Anatole, que je te répète, que tu es dans l’erreur sur ton propre compte ; que tu prends l’assoupissement de la fièvre pour le repos de la santé. Je vais te dire un fait qui te paraîtra ridicule, ma

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