Latourbière-sous-Pilat, 20 heures 15.Les gyrophares de deux tracteurs arrêtés se mêlaient aux lampadaires pour strier le brouillard et la nuit de la place de la Révolution d’octobre. N’aurait-ce été le statut des engins agricoles, on aurait pu se croire sur une scène de crime dans les docks londoniens. Les propriétaires des tracteurs, accoudés au bar de chez Jojo, éclusaient des verres de Ricard avant d’aller traire les vaches. La salle était bien garnie pour un soir de semaine hivernale. La patronne ne semblait pas se réjouir de l’apport de monnaie qu’occasionnait ce genre de soirée. Elle voyait surtout qu’elle n’était pas couchée de sitôt. Les deux agriculteurs devisaient sur l’intérêt de se regrouper en G.A.E.C, pendant qu’une table de quatre hommes d’une quarantaine d’années faisait b

