Récupérant son poing, je le laissais filer sur ma droite, profitant pour remonter ma jambe vers son torse. Celui-ci ne pu atteindre sa cible car une autre main m’agrippa celle-ci, me faisant lâcher un juron de plus. Il la tenait fermement et j’observais ses griffes venir transpercer ma peau. Un nouveau juron, encore un.
Ce n’était pas simple, mon corps sanglant tremblait de part en part mais je ne me laissais pas faire et vint projeter ma tête contre la sienne, nous assommant avec violence. Tombant en arrière, je vis le loup se ternir sa tignasse blonde en titubant. Je l’entendais grommeler ce que je pensais être des insultes mais quand il releva le visage vers moi, un sourire y était présent.
- Ça commence enfin à m’amuser petite louve ! Ria-t-il aux éclats, me donnant un frisson.
Il pencha son dos, laissant le grondement de son loup effleurer la commissure de ses lèvres, la puissance qu’il émanait de son corps se fit plus vibrante, rentrant dans mes chacun de mes muscles comme un coup par vague. Ma louve gronda, me levant à mon tour, je ne pris même pas la peine de me semi-transformer, je préférais ma forme plus souple d’humaine.
Il détala sur moi, sa vitesse avait encore augmenté mais cette fois-ci je décidais de courir à l’opposé, suivant bien entendu la limite de notre combat par les Anciens. Il me rattrapa très vite mais je pus enfin voir ses mouvements, il fit voler ses griffes dans mon dos, son but : me faire tomber. Mais par mon élan, je fis un énorme pas en avant, pied joint, je frappais le sol de mes pieds pour m’élancer en l’air. Projetant ma tête en arrière, je sentis le vent passer dans mon dos, ses griffes furent évitées sans aucun soucis et continuant ma lancé, je finis mon rond en posant mes mains au sol pour continuer ma roue en arrière.
Arriver sur mes deux pieds avec un petit tournis, j’observais le loup qui pour s’arrêter si vite avait dû rouler sur le côté, la poussière déposée contre sa tenue en était la preuve encore existante. La grimace sur son visage me prouva qu’il était surpris mais il ne perdit pas de temps pour s’élancer une nouvelle fois vers moi, mais avant d’arriver face à moi il s’élança avec grâce au-dessus de moi, me faisant lever la tête pour regarder son corps se changer au fur et à mesure et quand il arriva sur ses quatre pattes, un magnifique loup se trouvait face à moi.
Sa transformation rapide était impressionnante, je n’avais jamais vu une telle facilité. Et le loup devant moi était encore plus surprenant, il était d’un blanc-roux qui au soleil reflété des couleurs dorés. Le loup releva sa tête, montrant son poitrail avec tellement de prestance que je compris la définition d’être né roi.
Il l’était déjà sous sa forme humaine, mais en loup il transpirait la domination. La grandeur de son loup était tout aussi impressionnante. Il était plus grand que Black, pourtant Arthur était né d’une humaine comparée à son frère né de deux parents loups. Mon corps sentait contre sa peau le pouvoir d’Alpha, une puissance si forte qui me donnait envie de reculer.
Claquant sa mâchoire, le loup me réveilla de ma torpeur, voulant que je me transforme aussi pour la suite du combat. Mais j’étais têtue, non ?
- Si tu donne la patte, je te donnerai une friandise, attisais-je en souriant en coin.
Le loup gronda avant de s’élancer mais on peut toujours s’échapper d’un loup sans bouger dans la nature. Mais un loup-garou ? Autant préparer sa tombe, et je l’avais cherché. Essayant d’échapper à ses crocs qui tentaient de me mordre mes bras, je ne fis pas attention à ses pattes qui vinrent frapper mon tibia, me faisant entendre un craquement.
La douleur longea ma jambe, malgré l’adrénaline du combat, mon cri fonda comme un cri de détresse. Un autre hurlement suivit le mien alors que je m’écroulais au sol. Tournant mon regard sur le côté, j’observais Black fou de rage qui ne regardait que son frère en demandant vengeance. Son regard passait entre lui et son loup, il était au bord de la frénésie, son père s’était même levé. Les observant, je sentis une fourrure caressait mon corps tremblant.
Je ne pouvais pas m’en empêcher, ma louve l’appelait en sentant que je n’étais pas assez forte et ne voulant pas de son aide. Elle émit une nouvelle vibration, mon corps gémit sans mon autorisation et je sentis les vagues de violence venir de Black alors que des crocs se posèrent sur ma gorge. Il ne me croqua pas, il joua avec des petites morsures sur cette endroit qu’un Alpha ne devait jamais exposer. Me faisant comprendre que je devais me transformer si je voulais continuer ce combat.
J’observais l’ancien commençait à lever la main pour arrêter le combat alors je soufflais et commença la transformation, obéissant. La douleur de mes membres se changeant n’étaient rien comparé à mon tibia qui se remis à sa place, la transformation n’avait jamais été aussi brutal et le loup au-dessus de moi semblait rire de la situation.
Et sous ses pattes, ma petite louve apparut. Ses poils gris et blanc étaient déjà couverts de poussière et de sang, rendant un aspect sauvage. Arthur s’écarta pour observer ma louve se remettre sur patte, il semblait surpris de ma hauteur, mais il devrait se méfier. Ma louve était petite mais bien plus rapide que lui.
Et je comptais bien lui montrer en ne perdant pas de temps pour m’élancer sur lui avec rapidité. Je sentis le courant passer sur ma tête et ma louve gronder de plaisir en venant planter ses crocs dans la patte antérieur gauche. Petite vengeance personnelle.
Il gronda en me repoussant sur le côté mais ma louve n’attendit pas, profitant d’être lancé à l’opposé pour se propulser sur son train arrière et venir attaquer la patte extérieure gauche. Le loup n’était pas blessé gravement, la puissance de ma louve était bien trop peu puissante pour le blesser durement. Mais assez pour l’emmerder et ne pas pouvoir riposter.
Continuant mon petit jeu, je pus voir du sang gouttait de chacune de ses pattes. Heureuse de ce fait, je me mis à lui tourner autour, claquant des dents devant lui. Petite mais teigneuse. Il ne semblait pas répondre, gardant sa posture initiale sans répondre. Je me demandais ce qu’il prévoyait car il ne semblait même plus m’observer.
Je m’élançais une nouvelle fois, cette fois-ci je comptais juste le réveiller en lui mordant la queue qui bougeait de droite à gauche en signe de détente. Nous étions dans un combat, ne l’oubliait-il pas ?
Attrapant sa queue, j’y mis le plus de force possible en sentant les poils sur ma langue. Que c’était une sensation désagréable alors qu’en pinçant plus fort j’atteints le petit morceau de peau. C’est là que je sentis une douleur puissante contre mon flanc gauche. J’avais relâché ma vigilance en le voyant pas riposter. Penchant ma tête, j’observais sa gueule transpercer mon flanc dégoulinant d’un vermeille.
Son regard était illuminé de bonheur, ayant réussi à obtenir ce qu’il voulait. Relâchant la proie dans ma gueule, je couinais alors qu’il garda sa prise, venant soulever mon corps sans aucun problème avant de me secouer de droite à gauche. Au début je me débattais, griffant dans le vide en espérant toucher sa carcasse mais rien n’y fit. Je sentais ma tête devenir lourde, comme si mon sang ne lui atteignait plus. Mes forces s’amenuirent et je ne débattus plus.
Il s’arrêta à ce moment-là, me déposant lourdement au sol avant de poser sa grosse patte sur mon torse. Ma louve avait dû mal à respirer, semblant chercher le peu d’air. Avait-il troué un de ses poumons ?
- POUSSEZ VOUS MAINTENANT, hurla une voix au loin.
Elle semblait dur et violente mais mon corps ne put se permettre de regarder quoi que ce soit. Cette impression de perdre plus qu’un combat était si lourd. Mon désir de diriger avec unité nos meutes semblaient une veine désillusion quand on n’arrivait pas à battre un autre Alpha.
Je n’étais pas faite pour ça ?
Fermant les yeux, mon corps entama la transformation inverse, me laissant contre le sol froid avec toujours cette patte posée fièrement sur moi. Cette patte disparue assez vite mais le sang perdu et mon ego brisé firent que je n’entendais plus grand-chose. Quelques brides de conversation vinrent à moi mais je n’arrivais pas à les situer.
Mon corps fut soulevé tendrement, une douce odeur emplit mon corps comme pour me sauver de toute cette douleur. Celle-ci semblait s’adoucir, me laissant le bonheur d’un peu de clarté. Je tins fermement cet apaisement, ne voulant pas le perdre tellement j’avais besoin de ce contact apaisant.
- …fais…arrêter… à moi….
Ce que j’entendais ne voulait rien dire pour moi, je ne comprenais plus mais je savais que j’étais transporté rapidement dans un autre lieu. Lieu que ma louve ne sembla pas appréciée puisqu’elle montra les crocs, se mit à se débattre de toute son âme. Cette s****e avait profité que je n’ai plus les rênes pour faire comme elle le souhaitait.
Je sentis qu’on vint piquer un endroit de mon cou et qu’un cri hurla. Ce furent les dernières sensations de mon corps avant qu’un voile noire transperce et me force à y rester.
Je ne savais pas comment, où pourquoi, mais je sentais mon corps si lourd, mes paupières si dures à ouvrir. Quand je pus qu’un peu cligner, une lumière m’aveugla durement. Voulant relever mon bras pour me frotter les yeux, un cliquetis métallique m’arrêta dans ma course. Je tirais une nouvelle fois sur mon bras mais une pression m’en empêcha et le bruit revint tout de suite.
Celui-ci dû aussi réveiller quelqu’un car en ouvrant les yeux je me retrouvais face à face avec une faucheuse.
- Je peux donner mes dernières paroles ? Crossais-je au mieux de ma voix guttural.
- Très drôle, Luna.
Je me trouvais pourtant assez comique, souriant, le Docteur Pharrell ne semblait pas avoir d’humour. Je comprenais mieux pourquoi il n’y avait pas d’infirmière vu son humeur si douce et bon-enfant. Regardant par la suite mes mains, j’observais des entraves reliant mes poignets qui me firent tiquer. Fronçant les sourcils en relevant la tête vers le médecin.
- Tu as été… commença-t-il en passant une main bandée dans ses cheveux, par gêne. Quelques peu mouvementé lors des soins !
Ma louve semblait ronronner de plaisir face à la blessure de l’homme. Me faisant poser plus de question sur ce qu’il s’était passé. Mais j’avais quelques suppositions en sentant encore le gout de l’hémoglobine sur mon palet.
- Peut-être le moment de me les enlever le toubib ? Me moquais-je en lui désignant du menton mes chaines.
- Bien sûr, Luna !
Il se précipita à mes côtés, glissant ses doigts gelés contre ma peau pour déclipsé mes liens. Même mes chevilles étaient ligotées. Une fois libéré, je me relevais avec l’aide du médecin, gardant tout de même une position semi-allongé. Je relevais ma tunique blanche à pois vert pomme pour observer l’étendu des dégâts. Mais je ne vis qu’un bandage me prenant tout le bassin. Même mes jambes étaient bandées.
- Il va vous falloir trois jours de repos entier pour que votre louve vous soigne. Le plus important était les perforations dans vos poumons, manquant de justesse votre cœur. Vous êtes chanceuse de vous en tirez à si bon compte !
- Et je vais devoir rester cloué dans ce lit alors que les combats se déroule maintenant ?
- Vous n’avez pas d’autres choix, notre Alpha nous a permis de tout utiliser pour vous laisser dans ce lit.
- Ordure ! Grondais-je contre ce pauvre médecin qui ne faisait que son boulot.
Black, toujours lui pour m’emmerder dans chacune de mes situations. Et rester dans un lit, ce n’était pas moi. En voulant me pencher, ma respiration se bloqua, causant une toute petite respiration, m’empêchant de prendre de grande bouffé d’air. Le médecin s’approcha pour me forcer à m’allonger.
- Une perforation des poumons n’est pas rien. Vous avez en plus de ça une côte cassée. Eviter de trop bouger tant que ce n’est pas entièrement guéri. Sinon vous ne pourrez plus jamais courir comme vous le souhaitez.
- Bien, grommelais-je.
Je n’avais d’autres choix que de rester dans ce maudit lit à ne rien faire. En voyant que j’obéissais correctement, l’hybride se releva en me souriant pour me tendre un verre d’eau et des médicaments de l’autres côtés.
- Ce sont des antalg-
Je le coupais d’un signe de la main, prenant en premier la poignée de médicament et d’un coup avalant l’eau pour faire tout passer dans mon corps. J’avais confiance en ce médecin, qu’elle intérêt vouloir ma mort surtout si Black le connaissait pour me laisser à ces bons soins.
- Bien je vais vous laisser vous reposer, je reviens dans une heure.
J’hochais la tête, comme une bonne patiente que je n’étais pas. Une fois qu’il referma la chambre, je commençais mon inspection, la fenêtre semblait être une bonne solution mais mon corps refusait de bouger. Je devais avoir de l’aide.
On toqua à ce moment-là à la porte.
- C’est ouvert puisque ce n’est pas chez moi, criais-je pour le nouvel arrivant.
L’ouverture fut avec une grande délicatesse, face à moi un grand homme doté d’une canne que je reconnus bien trop vite.
- Alpha ! M’écriais-je en voulant me relever.
Très vite la douleur prit tout mon corps. Quelle bêtise de vouloir se pencher pour saluer l’Alpha Suprême. Toussotant, ma grimace s’amplifia de nouveau. Tenant mon ventre comme je pus alors que le bruit de ses pas s’avançant me vinrent aux oreilles. Il prit place sur une petite chaise, attendant que ma douleur passe pour ouvrir les lèvres.
- Je sais que cette discussion vient tardivement mais mon loup désire des réponses. Et je me dois de lui en donner, même légère. Comme tu le sais, il prend de plus en plus de place en moi. Je ne me contrôle parfois plus face à ma meute… ma femme… était toute ma vie, ma sécurité. Mais je ne vous apprends rien sur les âmes-sœurs, S’exprima le vieil homme en serrant fortement sa canne.
Je comprenais que moyennement, mon âme-sœur m’avait rejeté pour m’accepter neuf ans plus tard. Il m’était impossible de connaître le moindre sentiment agréable en pensant à ses mots. Je grimaçais, cachant au mieux mon dégoût. Son regard doré me transperça un long moment avant de descendre sur mes bandages, il semblait dans l’inconfort.
- Je m’excuse pour mon jeune fils, s’inclina-t-il face à moi me surprenant encore un peu plus. Il a perdu sa mère trop tôt, et il a tout autant perdu son frère que son père à ce moment là. Il a reporté sur vous…
Il semblait vraiment s’excuser pour Alpha Arthur. Mais il n’avait rien fait de mal, c’était nos lois triviales qui avaient voulu ce combat.
- C’était notre combat, tout ce qu’il se passe dans cette zone n’est pas de votre ressort.
- Bien plus que tu ne le penses, murmura-t-il dans sa barbe naissante montrant le peu de soin qu’il y prodiguait.
Le silence prit place, ce fut un moment assez gênant. Une mouche pouvait voler qu’elle brulerait nos tympans. Mais si je voulais passer à la suite, je devais crever l’abcès une bonne fois pour toute.
- Je n’ai rien à voir avec votre femme. Pour ma famille… je ne les penses toujours pas coupable malgré les preuves, tout est flou pendant cette période, je ne me souviens plus parfaitement de ce que j’ai vu. Mais le jour de… l’attaque… mes parents m’ont déposés au lycée, c’était rare. Aussi rare que je ne lâches aucune insulte à Jean.
Je me moquais, essayant de détendre un peu l’atmosphère tandis que dans mon esprit afflué cette journée que je qualifierai des plus traumatisantes.