- Personne ne m’a laissé parler, m’écriais-je contre l’alpha Suprême. Vous n’avez pas cherché, ni vous, ni les Anciens ! Non, vous vouliez simplement ma mort, et par chance je suis toujours là !
Je montrais les crocs, me souvenant parfaitement de cette horrible journée. Cette si belle journée où un grand soleil m’avait effleuré la peau si chaudement, me caressant de ses doux rayons. Et par la suite m’avait frappé tel un orage, et personne, oh grand jamais, personne n’avait cherché à me demander ce que j’avais fait cette journée-là.
Sa cane frappa le sol, me faisant sursauter alors qu’il me regardait les sourcils froncés, ne semblant pas heureux que j’ai haussé la voix.
- Sais-tu ce qu’il s’est passé ce jour-là ? Questionna-t-il d’une voix dure.
Je sentais que ma réponse pourrait le faire exploser, je sentais les ondes de son loup commençait à apparaître et j’avais déjà subit son loup, pas une seconde fois. Alors en hochant négativement la tête, il sembla comprendre que c’était ma réponse. Il souffla, s’installant plus confortablement sur sa chaise.
- Nous étions partis chasser avec Arthur, il n’avait que seize ans. Il était dans sa crise d’adolescence, très peu de contrôle sur ces émotions et son loup. Ma femme était fatiguée et voulait en profiter pour aller prendre un verre en ville. Bien entendu sous garde rapproché.
Il prenait son temps, essayant de me partager cette journée tout aussi riche en émotion.
- Toute sa journée c’est bien passé, c’est sur le retour que tout est arrivé, continua-t-il son regard semblait changé, il craquait. Ses gardes ont aperçu deux personnes, l’un d’eux a reconnu ton père.
On frappa fortement la porte. Coupant notre conversation par la même occasion. John apparut dans cette pièce saturée d’onde d’Alpha. Il renifla avant de tousser, ne supportant pas cette ambiance.
- Bonjour Alpha, coupa mon voisin.
Il se permit de s’avancer dans la pièce, semblant vouloir me sauver de ces griffes et je l’en remerciais d’un regard. Le vieil homme se leva pour s’excuser avant de partir sans un regard. Laissant que les vagues de son aura, comme une trace de son passage.
- Merci, soufflais-je.
M’installant plus confortablement en grimaçant de douleur, John sourit en coin en prenant place sur le bout du lit.
- Content de te voir en vie.
- De même.
Un silence emplit la pièce avant qu’il vienne tapoter mes jambes dans un signe de compassion. C’était assez étrange que ce soit lui qui vienne me soutenir en ce moment. Surtout en voyant ce gros biker se plier sur ce petit lit. Je ne pus empêcher un petit rire qui m’arrêta après.
- Que comptes-tu faire ici ? Ce n’est pas ta place parmi une meute.
Son regard semblait vouloir en dire plus, une ombre qui survolait son regard, il ne m’avait pas tout dit.
- Que fais-tu réellement ici ? Questionnais-je.
Je déviais la question qu’il m’avait posé, j’en était consciente mais je n’avais pas vraiment de réponse à lui apporter, j’étais ici pour un but que je n’avais plus, que j’avais perdu à plate couture.
- Je suis ici pour te ramener parmi les nôtres.
- Notre ?
Je fronçais les sourcils, nous n’avions aucune meute, et nous n’étions simplement que deux personnes loup-garou dans un immeuble rien de plus. Il dût voir mon mécontentement car il n’osait plus me regarder droit dans les yeux.
- Réponds-moi, fis-je après quelques minutes de long silence. Qui sont les nôtres ?
Il mit un moment à réfléchir, semblant peser le pour et le contre de cette discussion, me faisant tout autant douter de lui.
- Les solitaires.
Je le regardais ébahit, oui, nous étions des loups solitaires mais de là à se dire clan, non, nous ne l’étions aucunement. Je sentais ma louve s’éveillait telle la mauvaise humeur qu’elle m’était chaque matin.
- Je ne comprends pas, John. Il n’a jamais rien eu de tel, je fais ma vie de mon côté comme la tienne. Je fais mes propres choix.
- Tu penses sérieusement que tu as eu un appartement aussi facilement en étant louve ? Fit-il en haussant un sourcil.
Le choc. C’était un coup de poignard, je ne comprenais pas.
- Si je suis ici c’est pour ramener ma louve parmi les miens, ceux en margent de la société des meutes, celle que tu haïssais le plus au monde. Depuis le premier jour, je connaissais ta haine pour cette société et la renversé est notre but depuis toujours. Nous avons besoin de toi pour changer les choses.
- Attend, attend !
Je pris ma tête qui semblait bourdonner puissamment. La bombe qu’il venait de m’annoncer me faisait réfléchir à notre rencontre depuis le début mais je ne trouvais pas, rien.
Il semblait attendre que je me reprenne, il m’observait en silence avant d’observer l’infirmière qui rentra dans la pièce. Celle-ci changea ma perfusion avant de ressortir. Je sentis rapidement les effets du produit qui me fit me sentir plus légère.
- Je refuse, clarifiais-je après réflexion. J’ai toujours fait ce que je pensais être le mieux pour l’avenir. Bien que les meutes me répugnent par leurs règles trop anciennes, celle-ci permait aussi de trouver un équilibre pour nos loups, mais pas seulement.
Si nous étions libres, ce serait la déchéance, j’ai vu trop de loups être détruit seul dans les rues, par le manque de repaire et l’isolement rend les plus faible déviant. Le nombre de meurtre sur les humains seraient bien plus élevé.
- Tu as changé, conclua-t-il en se levant du lit.
- Peut-être, mais ce n’est pas plus mal.
Il semblait dans ses pensées avant de tourner un visage beaucoup plus dur, du dégout se lisait sur ses traits, me donnant froid dans le dos.
- Soyez prêt alors.
Et sans que je puisse lui dire quoi que ce soit, il passa la porte et me laissa seule avec mes pensées. Il me fallut plusieurs minutes pour me remettre les idées en place. Cette déclaration ne sentait pas bon, de grands ennuies semblaient planés au-dessus de nos têtes.
La journée fut très longue, j’entendais par la fenêtre des cris de joie, certains de stupeurs. Des grognements semblaient me dire que les combats continuaient tandis que le ciel prenait des teintes bleutées avant que les étoiles se mirent à briller dans le ciel. Laissant un calme plat régnait dans la pièce.
J’attendais une certaine personne, mais rien ne vint. Son combat devait pourtant être fini alors pourquoi n’était-il pas ici. Ma louve, elle, restait entre le sommeil et la réalité, me soignant le plus vite possible en puisant ses forces.
On frappa de nouveau à la porte, mais cette fois-ci la personne attendit que je lui indique de rentrer. Je fus quelques peu triste en voyant Sin débarquer avec ma nourriture, ce n’était toujours pas lui.
- Dis-moi tout ce que j’ai loupé, je ne pouvais rien voir alors j’ai besoin de ma dose !
Celle-ci ria en venant s’installer à mes côtés. Elle me raconta les Alpha qualifiés pour la suite des combats qui aura lieu demain. En soit, pas grand-chose qui m’intéressé car elle ne parlait pas d’une certaine personne.
- Et notre Alpha ? M’impatientais-je.
- Alpha Grayson a perdu largement. Il n’a à peine tenu dix minutes, la rage de notre Alpha s’est tellement fait ressentir que certains des loups se sont transformés et c’est en sentant cet appel que je suis venu voir le combat. Son loup appelait au sang à travers le lien et quand il a abandonné il semblait vouloir le sang d’Alpha Arthur…
Elle sembla se perdre dans ses pensées, en voyant se changement de comportement je tiquais. Ses joues étaient rosies et elle semblait émue par quelque-chose.
- Oh !
Je venais de comprendre que la lune avait décidé qu’un lien surprenant devait la lié à cette famille. Je ne pus que souffler tristement pour elle.
- La Déesse de la lune a une façon peu commune pour cette famille, grimaçais-je en me souvenant du passé d’Oméga. Est-il au courant ?
- Non, je me suis cachée ! Fit-elle inquiète mais elle semblait me cacher une nouvelle fois un secret.
Je fronçais le nez, c’était la journée des révélations et je ne voulais pas en savoir plus, c’était trop pour mon petit corps. Alors j’attrapais une cuillère de cette soupe qui manqua de repartir en sens inverse. Le gout était immonde, mais je m’attendais à quoi d’un hôpital ? En voyant ma difficulté, elle fouilla dans sa poche pour en sortir une barre de céréale qu’elle me tendit.
L’attrapant, je me mise à sourire à cette attention.
- Merci, Sin.
Elle hocha la tête, nous profitions de ce moment pour discuter tranquillement. La conversation était plus facile en ce moment avec elle. Nous parlions assez souvent de notre passé au lycée mais en ce moment nous étions plus sur les tâches qui avaient changés pour les Oméga. Et après une heure de conversation, elle fila dans notre demeure, me laissant seule une nouvelle fois.
Je m’endormis très rapidement, mon corps avait besoin de repos. Et ma nuit de sommeil fut de nouveau perturbé par des cris puissants. Je sursautais en ouvrant les yeux, regardant immédiatement la fenêtre qui était ouverte et d’où passait les rayons du soleil. Que cela fut étrange d’avoir fait un tour d’horloge. Un nouveau cri des spectateurs me rappela qu’un combat se passait.
Mais ne pouvant pas bouger, je restais tranquillement allongé dans mon lit. Ma louve se regénérait vite, me faisant déjà sentir bien mieux, je pouvais respirer avec plus de facilité.
Quand une infirmière entra je l’arrêtais.
- Contre qui notre Alpha se bat aujourd’hui ?
- Alpha Gideon, émit la douce voix de la femme en baissant la tête par signe de respect. Ce sera son dernier combat pour cette épreuve.
- Il ne restera que quatre Alpha c’est ça ? Demandais-je pour avoir la confirmation de mes soupçons.
Elle hocha la tête en réglant la perfusion. J’avais raison, il ne se battra pas contre son propre frère, le but n’était pas d’éliminer tous les concurrents par la force mais les autres épreuves allaient se corser. La prochaine épreuve, il ne restera que deux loups en liste, et je frissonnais d’effroi, espérant ne pas voir un combat entre les deux frères.
Regardant le ciel, je me mordais la lèvre, il n’était pas venu me voir… Pourquoi ?
J’étais son âme-sœur, pas une simple louve voulant gagner, et son loup m’avait montré un rapprochement non négligeable, voilà que de nouveau je me sentais trahis par cet homme qui était mon tout.
- J’espère que tu as une bonne raison pour m’abandonner.
Ma voix semblait plus si froide qu’avant, je ne comptais pas non plus quitter la meute. Que m’arrivait-il pour autant changer ?