Epoque préhispaniqueLes découvertes archéologiques faites jusqu’à nos jours permettent de penser que la civilisation maya commence à se développer au Mexique dans l’Etat de Veracruz autour de 500 av. J.-C. avant de s’étendre au sud.
On distingue deux étapes de développement. La première, dite période classique, va du IVe au Xe siècle. C’est alors que sont édifiées les grandes villes cérémonielles dont Palenque, Tikal, Bonompak, Chichen Itza font partie. Les arts plastiques et architecturaux ne sont pas les seuls à se développer. Les Mayas acquièrent des connaissances en mathématiques et en astronomie et découvrent le zéro bien avant les Arabes. Grâce à ces connaissances, les Mayas mettent en place un calendrier solaire quasi parfait. Ils élaborent également un système d’écriture glyptique qui reste en partie indéchiffré.
Les glyphes sont consignés sur des peaux de gibier ou sur du papier fait de fibres d’agaves ou d’écorce d’arbre (amate) qui constituent les codex, des sortes de livres qui se replient comme des paravents. Ils contiennent des prophéties, des mythes et des connaissances astronomiques ou médicinales sous forme de schémas. Les codex représentent des numéros et des dates. Des personnages et des objets sont dessinés de façon figurative. Parfois on utilise des symboles : la parole, par exemple, est symbolisée par une volute sortant de la bouche. Les glyphes ne délivrent pas à eux seuls la totalité du message, ils ont une fonction évocatrice et constituent en quelque sorte une base repère que vient compléter le discours mémorisé et transmis par le prêtre.
Néanmoins, toute la production artistique orale n’est pas seulement liée aux codex. Souvent, les nobles accueillent des poètes qui, s’accompagnant de musique, célèbrent la victoire des seigneurs. Ceux qui composent les chants vivent dans des temples et se consacrent aux louanges des dieux et des gouverneurs.
Les discours des anciens constituent une autre forme usuelle de tradition orale. Cette production didactique est constituée de proverbes, de paroles doctrinaires et de recommandations qui guident la vie des jeunes.
De la même façon, les discours mythiques sur l’origine du monde, des astres, des hommes et des dieux survivent souvent en dehors du cadre rigide des codex et étaient racontés, sous une forme moins codifiée, pendant les veillées familiales. Cette tradition a traversé les siècles et aujourd’hui encore, elle nous raconte comment les hommes ont été pétris dans la pâte de maïs, comment les dieux donnèrent l’intelligence et la parole aux hommes pour qu’ils leur rendent un culte en leur dédiant des offrandes et des prières…
On ne connaît toujours pas avec certitude les raisons (sécheresse, épidémies, épuisement des terres cultivées, guerre, développement d’autres voies de commerce…) qui ont conduit à l’abandon des villes au Xe siècle. Les habitants migrent vers d’autres zones. C’est le début de la période appelée postclassique qui durera jusqu’à environ 1525, date à laquelle les Espagnols sont déjà installés au Mexique et au Guatemala.
Cette deuxième période se caractérise par la décadence due, en grande partie, à la présence nahuatl (des villes telles que Chichen Itza sont habitées par des groupes toltèques d’origine nahuatl qui se mélangent aux Mayas). Les Nahuatls, originaires des hauts plateaux du Mexique, imposent un esprit guerrier et développent les sacrifices humains.