Epoque hispanique

408 Words
Epoque hispaniqueAu XVIe siècle, les Espagnols trouvent des groupes mayas divisés, essaimés et ruinés par les guerres permanentes. Les dissensions internes les empêchent de s’unir pour faire face aux conquistadors. Dans de telles conditions, la colonisation est aisée, de même que l’implantation de son système de contrôle politique et religieux. Les codex sont, pour la plupart, brûlés et les prêtres mayas, conservateurs de la mémoire et du patrimoine culturel de leur peuple, sont soit exterminés, soit contraints de feindre d’avoir oublié leurs traditions en adoptant le christianisme que l’épée du vainqueur espagnol leur impose. A partir de ce moment, la tradition orale se réfugie dans le champ cérémoniel qui parvient encore à échapper au contrôle inquisiteur des autorités coloniales ou encore dans la vie quotidienne. En parallèle, on constate le phénomène suivant : des jeunes Indiens, guidés par des missionnaires, apprennent à écrire le maya en utilisant l’alphabet latin et ils transcrivent le contenu d’anciens codex. Cela est rendu possible grâce à la participation des vieux sages mayas qui acceptent de les éclairer par des explications. Ces sages leur racontent les mythes et les poèmes dont ils se souviennent. De nombreux textes sont ainsi rédigés. Entre autres, le Popol Vuh, probablement écrit entre 1551 et 1560 en quiché, langue maya du Guatemala. Les nobles quichés conservent le manuscrit jusqu’à ce que, entre 1702 et 1703, le père Ximenez, responsable de la paroisse de Chichicastenango, en ait connaissance. Le prêtre récupère le manuscrit, le copie et le traduit avant sa disparition. Bien des années plus tard, un autre prêtre, Brasseur de Boubourg, découvre le manuscrit de Ximenez et le publie en français à Paris, en 1861, avec d’amples commentaires. Il s’agit d’un recueil de mythes (la naissance du cosmos, du soleil, des quatre premiers hommes créés par les divinités à partir de la pâte de maïs) et de récits merveilleux : les aventures de géants insolents qui, se vantant de jouer à la balle avec les montagnes et de faire trembler le ciel, moururent les yeux crevés et les dents arrachées, à cause de leur gourmandise, ou périrent transformés en pierre. On y trouve le récit du voyage des jumeaux qui descendirent au séjour des ténèbres pour y affronter, au jeu de balle, les Seigneurs de la mort et périrent sacrifiés ; le récit qui relate comment une jeune fille s’approcha un jour de l’arbre auquel on avait pendu la tête d’un des deux frères et tant d’autres histoires qui ont fait et font partie de la vie, des croyances et de l’imaginaire des peuples mayas.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD