Mikhail nettoya minutieusement sa SIG p49, modèle 1949.
Cette partie de chasse comme il aimait appeler ses missions, s'était avérée fructueuse. Il jeta un coup d'œil à sa partenaire du jour qui tirait calmement sa cigarette.
___ Ça se voit que tu avait besoin de te lâcher, fit celle-ci. Qui t'a mis de si mauvaise humeur ?
Mikhail rangea son arme dans sa malette. C'était son arme préférée, son petit fétiche. Elle avait une histoire et cette histoire faisait partie de sa vie.
___ Je pense qu'il vaut mieux en rester là, Sandy. Je n'ai pas la patience et l'envie de discuter.
Elle avança doucement vers lui.
___ Quoi ? Ne me dis pas que la jeune femme qui se trouve actuellement chez toi, te fais de l'effet.
Mikhail prit sa malette.
___ Heureux de t'avoir revu, Sandy. Je te souhaite un bon retour en Italie.
Kelly analysait le dossier que Mikhail lui avait remis. Elle avait du mal à comprendre certaines clauses. C'était comme si cet emploi cachait autre chose. Les tâches qui lui étaient confiées n'en étaient vraiment pas. Elle avait comme l'impression que cet homme avait une autre idée derrière la tête.
La sonnerie de son téléphone la ramena à la réalité.
___ Kelly, enfin tu répond au téléphone. Cela fait un moment que j'essaie de te joindre.
___ Bonjour à toi aussi Véro. Je suis heureuse de t'entendre aussi.
Son amie avait Lâché plusieurs paroles incompréhensibles au téléphone.
___ Je m'inquiète pour toi et toi tu n'en as rien à foutre. Mais dans quel monde vivons-nous si on ne peut plus s'inquiéter pour ses amies.
___ Je vais bien et je m'en sors également bien. Tu devrais plutôt t'inquiéter pour toi-même et ce Lucas qui te tourne autour.
___ Ce Lucas ? Alors c'est comme cela que tu l'appelles maintenant ? Je pensais qu'il était le plus bel homme au monde ?
Kelly le pensait aussi jusqu'à ce qu'elle rencontre Mikhail Kozlov. Lui était bien pire, il avait l'allure d'un tueur en série.
___ Écoute Véro, tu sais maintenant que je vais bien. Tu ne devrais plus t'inquiéter. Je te laisses, j'ai des choses urgentes à faire. Bisou.
Elle raccrocha avant que son amie ait eu le temps de se plaindre encore plus.
Kelly parcouru le document une fois de plus et se décida à élucider certains point avec son employeur qui pour une raison inconnue, était toujours dehors.
Elle sorti de sa chambre et se dirigea vers le bureau de celui-ci. Elle frappa un bon moment et décida d'aller voir Vera.
___ On dirait que quelqu'un a du mal à dormir ces derniers temps, fit celle-ci en voyant la tête de Kelly.
___ Il y a de quoi, avec un employeur comme le mien, c'est plus facile de cohabiter avec le diable qu'avec lui. Marmonna Kelly.
Vera l'invita à s'asseoir mais Kelly n'avait pas le temps de papoter.
___ Pourrais-je parler à Monsieur Kozlov ? Cela fait un moment que je le cherche.
___ Oh, il est rentré il y a quelques minutes. Je pense qu'il doit être soit dans son bureau, soit dans sa chambre.
___ Ça doit être la deuxième option car j'ai déjà exploiter la première. Je préfère l'attendre ici, je ne veux pas risquer de me trouver accrocher quelque part.
___ J'aimerais bien t'accrocher quelque part. Et tu n'a pas idée d'où.
Kelly se retourna et manqua de tomber. Mikhail Kozlov dans toute la splendeur de sa noirceur se tenait devant elle, plus ténébreux que jamais.
____ Vous ?
Il s'avança lentement.
___ J'ai cru comprendre que tu me cherchait ? Alors, me voilà. J'ai hâte de découvrir ce que tu veux me dire.
Kelly perdait tous ses repères lorsqu'il apparaissait. On aurait dit qu'il avait le pouvoir de la déposeder de toutes ses facultés de réflexion et de mouvement.
___ J'aimerais discuter du contrat avec vous. Il y a certains points qui me semblent flous.
Il leva un sourcil.
___ Je vous laisse, fit Vera en sortant de la cuisine.
Kelly restant silencieuse un moment.
____ Voulez vous que nous discutions du contrat dans la cuisine ?
Mikhail haussa les épaules et mit ses mains dans ses poches.
___ Il n'y a pas d'endroits adéquats. L'essentiel c'est d'en parler.
Elle soupira et posa le dossier sur la table. Elle l'ouvrit et chercha les pages qu'elle avait marqué. Les clauses lui paraissaient beaucoup trop agaçantes.
___ Vous avez certaines clauses qui me semblent pour ma part, étouffantes.
Il n'avait rien dit et lui avait demandé de s'asseoir par un regard.
Il prit place et elle en fit autant.
___ Article 3: L’assistante ne pourra quitter la propriété sans en informer préalablement l’employeur ou toute personne qu’il aura désignée.
___ Tous tes déplacements doivent avoir une raison valable et je me dois de veiller sur toi. Tu ne pourras pas sortir ou revenir sans mon autorisation, tu es sous ma responsabilité.
___ Je ne suis pas en pensionnat. J'ai aussi mon mot à dire, fit Kelly.
L'expression de son employeur lui fit comprendre qu'elle n'allait pas avoir gain de cause.
____ Article 6: L’usage du téléphone personnel est toléré uniquement lorsqu’il n’entrave pas les activités de l’employeur.
____ Tu dois te concentrer sur le travail et il est hors de question que tu te laisses distraire n'importe comment et la première des choses à surveiller, c'est ton téléphone portable.
Kelly préféra ne rien dire, ce combat semblait perdu d'avance.
____ Toute relation personnelle susceptible de détourner l’attention de l’assistante de ses fonctions est proscrite durant la durée du contrat.
___ Tu es tenue de te consacrer à moi. Personne d'autre ne peut détourner ton attention. Je me dois aussi de veiller sur tes fréquentations.
___ Qui je fréquente ou pas, ça me regarde. Vous n'avez pas le droit de m'interdire de voir quelqu'un.
___ Tu diras à ton petit copain que tu travailles pour moi et qu'il se doit de rester loin de toi.
Kelly se leva et croisa les doigts.
___ Monsieur Kozlov, nous sommes dans un état de droit et j'ai le droit de faire ce que je veux. Vous n'avez pas à vous mêler de ma vie. Je travaille pour vous mais je ne suis pas votre jouet que vous pouvez manipuler à votre convenance.
Mikhail se leva à son tour.
___ Tu n'es pas mon jouet. C'est ma manière de travailler. Et si cela ne te plaît pas, alors tu démissionnes et tu repars chez toi.
___ Bien, c'est justement ce que j'allais faire. De toutes les façons, je n'ai pas signer ce stupide contrat. Rien ne nous lie. Je vais m'en aller d'ici.
___ Bon retour chez vous, mademoiselle Scott.
Il l'avait laissé planté là et s'en était allé. Kelly monta rapidement les escaliers. Elle refusait de passer une minute de plus dans cette maison. Elle avait quitté la maison de ses parents pour éviter qu'on la contrôle. Elle refusait de se laisser contrôler par ce type bizarre.
Mikhail ferma violemment la porte de son bureau.
Vera était assise tranquillement dans le canapé et il savait qu'elle n'allait pas tarder à lui dire le fond de sa pensée. Il n'avait pas envie de l'entendre mais il savait qu'elle finirait tout de même par donner son avis.
___ Tu as tout suivi je suppose et tu es ici pour me dire que je suis excessif et que je devrais arrêter de tout contrôler.
Elle lui avait tendu une tasse de café. Mikhail prit la tasse de café d'un air agacé.
____ Tu ne trouves pas que ces clauses sont farfelues ? Tu exagères parfois, tu sais ?
Mikhail se passa une main sur le visage.
____ Ton envie de tout contrôler finira par te mettre dans des situations plus inconfortables que celle-ci. Kelly est une bonne jeune femme et elle n'a pas besoin de toutes ces contraintes. Tout le monde n'est pas Sarah.
Mikhail déposa la tasse de café sur le bureau.
____ J'ai besoin d'être seul.
Vera avait préféré ne rien dire et de s'en aller. Elle savait que son neveu était en perpétuelle lutte avec ses propres demons intérieurs et elle craignait qu'il finisse par éloigner tout le monde à cause de cette lutte sans fin. Elle était convaincu que cette jeune femme était la clé pour que son neveu soit enfin libéré mais il était en train de briser ses espoirs.