Il était 09h 30 du soir, cela faisait maintenant 1 heure et 18 minutes que Winston cherchait des solutions à son problème sur internet ET qu'il essayait désespérément de faire taire Daniel, qui avait décidé d'envoyer de la musique à fond et de chanter à tue-tête, en pleine nuit, avec sa voix de prince des ténèbres.
- Daniel, éteins-moi ça, s'il te plait ! Grogna Winston pour la énième fois.
Daniel roula des yeux mais ignora délibérément la demande de Winston, préférant continuer à chanter et danser dans son pyjama à pois, avec ses cheveux en bataille et des chaussons recouverts de laine bleue aux pieds, plutôt que de faire ce qu'il disait.
- Ne m'oblige pas à me lever, continua Winston.
Winston lâcha un long soupir quand il vit Daniel lui tirer la langue. Cela ne faisait encore que quelques heures qu'ils vivaient sous le même toit et Winston n'en pouvait plus. Exactement comme il l'avait prédit, il a passé toute la sainte journée à surveiller les enfantillages de Daniel, ce qui fait qu'il n'a pas eu une seule seconde pour appeler sa sœur ou Jordan ou son avocat. Tout d'abord, il a dû chercher une place dans son petit appartement pour stocker toutes les affaires de Daniel, puis il s'est disputé avec celui-ci pendant des heures pour savoir qui allait dormir dans le lit (au final, ils s'étaient dit qu’ils prendraient le canapé à tout de rôle), et maintenant, il devait arriver à lui fermer sa bouche/boite à musique avant que les voisins ne viennent se plaindre!
Winston se leva de sa chaise et se dirigea vers l'iPhone connecté aux speakers de son appartement pour le débrancher mais Daniel l'en empêcha en le tirant par le bras et en l'entraînant sur "la piste de danse" (soit sur le tapis du salon).
- Allez, Winston ! Lança-t-il en riant. Ne soit pas aussi rabat-joie, danse avec moi!
- Daniel, arrête ! Répondit Winston en essayant de le repousser. Éteint ça tout de suite, il y a plein de petits vieux qui ont besoin de repos dans cet immeuble !
- Et alors? Ils sont tous sourds, ils n'entendront rien!
- *Soupir* Je n'arrive pas à croire que tu viens de dire ça... Quoi qu'il en soit, on n'est pas les seuls à habiter ici alors on ne devrait pas faire autant de bruit! Baisse le son, au moins!
- *Sourire* Embrasse-moi et je le ferai.
- *Roule des yeux* Oh pitié, éteins-le juste, qu'en en finisse!
- Tu vas devoir me donner un b****r, avant!
- Même pour sauver ma propre vie, je ne le ferai pas.
Winston dégagea son bras de l'emprise de Daniel et essaya tant bien que mal d'atteindre à nouveau le téléphone posé sur la petite étagère du salon mais fut coupé dans son geste par la sensation de bras robustes qui s'enrôlèrent autour de sa taille et qui, en une fraction de seconde, collèrent son dos contre un torse solide et musclé. Puis il sentit un petit b****r se déposer dans son cou et juste à cet instant précis, Kiss Me d'Ed Sheeran se fit entendre dans la pièce et commença à la remplir d'une ambiance un peu trop romantique au goût de Winston.
Un énorme sourire s'afficha sur le visage de Daniel. Il rapprocha encore le corps de Winston du sien, si cela restait possible, et se pencha vers son oreille pour lui susurrer :
- Je pense que même mon iPhone a envie que tu m'embrasse.
Winston ne pût s'empêcher de déglutir à l'entente cette phrase. Un long frisson lui parcourut tout le dos et Dieu seul savait qu'il ne voulait pas que son cœur se mette à battre aussi fort à ce moment-là mais celui-ci ne lui obéit point et tapa à un rythme infernal contre sa poitrine. Winston plaça ses mains sur les deux bras ceinturés sur sa taille et essaya du mieux qu'il put de les défaire mais, contrairement à ce que l'on pourrait croire en le voyant faire sa diva, Daniel avait beaucoup de force.
- Lâche-moi tout de suite, Daniel, lança Winston d'un ton menaçant en essayant de calmer les battements de son cœur.
- Danse avec moi, Winston!
- Non.
- S'il te plaît!
- Non!
- Pourquoi?
- P-parce que-
Pourquoi je bégaye?!
Winston avait beau ne pas vouloir l'admettre, il était sensiblement nerveux d'être aussi proche de Daniel et ne voulait sous aucun prétexte rétrécir les centimètres entre eux dans une danse. Et, bien sûr, cette nervosité n'échappa pas à Daniel, vu le sourire-en-coin-de-beau-gosse-sûr-de-lui qui se dessinait lentement sur ses lèvres.
- Une seule danse sur cette chanson, Winnie, supplia-t-il. Après, je te laisserai tranquille.
- Non, Daniel! Je ne veux pas!
- Allez!
Daniel relâcha Winston quelques secondes pour lui faire faire des tours sur lui-même, et celui-ci en profita pour se libérer rapidement. Dès qu'il recouvrit sa liberté, il se rua sur l'iPhone et coupa la musique, ramenant ainsi le silence (pourtant troublé par le bruit du tam-tam de son cœur) et un semblant de sérénité dans l'appartement.
- Enfin, lâcha-t-il. Tu vois que ce n'était pas si compliqué.
Il pouvait pratiquement sentir Daniel croiser les bras et bouder derrière lui.
- Tu n'es vraiment pas sympa, Winnie, marmonna celui-ci.
- Et toi, tu es un adulte alors arrête de te comporter en gamin. *Soupir* Toutes tes conneries m'ont fatigué, je n'ai même plus la force de cuisiner alors que j'ai super faim.
- Moi aussi j'ai faim, je te signale!
- On se commande quelque chose? Demanda Winston en s'asseyant sur le canapé. Pizza?
- OK!
- Quelle pizza tu veux?
Daniel s'allongea de tout son long sur le canapé et posa sa tête sur les genoux de Winston.
- Peu importe, tant qu'il y a beaucoup de fromage dedans, répondit-il.
Winston soupira et commanda les pizzas sans prendre la peine de chasser Daniel de ses genoux vu qu'il savait très bien que celui-ci allait revenir.
Je vous jure, ce gars est pire qu'un parasite !
Une fois les pizzas commandées, Winston alluma la TV, histoire d'éviter de se retrouver dans un silence inconfortable avec Daniel. Pendant une dizaine de minutes, il porta toute son attention sur le film d'action qui marchait à la télé sur une quelconque chaîne avant de daigner lui jeter un petit regard. Celui-ci avait l'air de dormir, ses yeux étaient fermement clos. Sa bouche était légèrement entrouverte, et ses cheveux blonds semblaient bouclés quand il était allongé. Winston se surpris à vouloir passer une main dedans pour sentir leur douceur, mais il ne le fit pas, évidemment. Il secoua fortement sa tête pour sortir cette idée de son esprit puis reporta son attention sur l'écran de la télé.
- Dis, Winston, lança soudainement Daniel après quelques autres minutes de silence. Est-ce que tu es gay?
Winston lâcha un grand "hein?!" en se penchant vers Daniel et vit que celui-ci le fixait avec beaucoup de curiosité et de sérosité dans le regard.
- Pourquoi cette question ? Demanda-t-il suspicieusement.
- Comme ça, juste pour savoir.
C'est vrai que Winston n'avait jamais dit à Daniel qu'il était gay.
- Hm... Commença Winston. Oui...
Après tout, si je l'ai avoué devant toute ma famille, ce n'est pas pour en avoir honte devant une seule personne !
- Mhm, fit Daniel comme s'il venait d'apprendre la chose qui nécessitait le plus de réflexion au monde.
- Et... Toi?
- Moi?
- Oui.
- Non.
- Non?!
- Oui.
- Oui ou non?!
- Je réponds oui à ton non!
- Quoi...?
- C'est non!
- *Agacé* Bon, tu es gay ou pas?!
- Non, Winston, je ne suis pas gay.
- ...Sérieusement?! Depuis tout ce temps, tu n'es pas gay?!
- Oui. Je suis bi.
Winston leva la tête et lâcha un grand "oh" de réalisation.
- *Sourire* Bah oui, continua Daniel. Je ne suis pas assez fou pour ne pas remarquer la beauté du corps féminin. Tu n'as jamais trouvé une femme sexy, donc?
- Bien sûr que si. Être gay ne signifie pas être aveugle. J'ai déjà trouvé pleins femmes sexy, belles et j'en passe. C'est juste que... Je n'ai jamais désiré leurs corps ou quoi que ce soit d'autre. Elles ne m'ont jamais intéressé, quoi.
- Ah oui? fit Daniel. Mais les hommes, si?
- Hm... On peut dire.
- Comment tu as su que tu étais gay?
- Oh, d'une façon banale. Je suis tombé amoureux d'un garçon, c'est tout.
- Vraiment?! Vas-y, raconte !
- *Rire* Tu sais, il n'y a pas grand-chose à raconter.
- Peu importe, je suis toute ouïe !
- Hm... D'accord.
Winston ne savait pas ce qui l'étonnait le plus : le fait qu'il soit en train d'avoir cette discussion avec Daniel ou le fait qu'il soit en train d'avoir cette discussion avec Daniel.
- Par où commencer...? Soliloqua-t-il. Je crois que, tout au fond de moi, j'ai toujours su que j'étais gay. Je veux dire... Au collège, à l'époque où je ne savais pas encore que j'étais attiré par les garçons, j'étais toujours entouré de fille et je n'ai jamais essayé d'approcher ne serait-ce qu'une seule d'entre elles; c'était toujours elles qui faisaient le premier pas. Je ne suis sorti qu'avec une seule fille de toute ma vie, je me rappelle même de son nom, elle s'appelait Georgina. On aimait les mêmes choses, elle et moi. Les maths, l'astronomie-
- Quoi?! Depuis quand est-ce que tu aimes les maths et l'astronomie?!
- *Sourire* Tu ne sais rien de moi, tu sais.
- est totalement faux! Je te connais comme ma poche!
- Ah oui? Quelle est ma couleur préférée ?
- Euh... Attend, laisse-moi réfléchir.
- C'est bien ce que je me disais.
- Rooh, ça va! Ce n'est pas non plus comme si tu me l'avais déjà dit! Continue ton histoire!
- Oui, bref, je disais donc : Georgina et moi, on était pareille, et il fut un temps où je pensais réellement que je l'aimais. On semblait si compatible. Seulement... Quand je l'embrassais (ce que je n'ai d'ailleurs fait que 2 ou 3 fois), je sentais que quelque chose manquait. Il y avait un truc qui n'allait pas, tu comprends?
Daniel, qui s'était adossé à l'autre bout du canapé pour être face à Winston, hocha lentement la tête. Il semblait vraiment pris dans le récit de Winston.
- Il n'y avait pas d'étincelle, continua Winston. Pas de feux d'artifice. À l'époque, je me suis dit que c'était parce qu'elle n'était pas la bonne, et j'ai finis par la quitter. Mais jamais à cet instant-là je n'aurai pensé que c'était parce que j'étais homosexuel. J'ai grandis dans une famille vraiment très chrétienne, je connais tous les versets de la bible par cœur et c'était écrit : c'était mal pour deux hommes de s'aimer. Seulement, je m'en fichais en ces temps-là, vu que ce n'était pas mon cas. Puis un jour... Il est apparu comme par magie dans ma vie et il a tout chamboulé.
Daniel leva un sourcil quand il vit l'air rêveur qui prit place sur le visage de Winston.
- J'ai son nom gravé au fer rouge dans mon esprit pour. La. Vie, continua Winston. Warren Matson. À l'époque, j'avais... 14 ans, je crois? Lui, était un peu plus âgé, il devait avoir 16 ans. C'était mon nouveau voisin et je te jure qu'à la seconde même où mes yeux s'étaient posés sur lui, j'étais tombé en amour. Il avait un de ses sourires... Il était brun aux yeux verts, avait des lèvres appétissantes et, Dieu, qu'il était beau! J'étais trop timide pour aller lui parler mais la fenêtre de sa chambre était juste face à la mienne et sa famille priait à la même église que nous alors j'ai eu tout le loisir de l'observer en secret. Il m'obsédait, je ne pensais qu'à lui et je ne comprenais pas pourquoi. Ça ne m'était jamais arrivé avant. Puis, une fois, il a parlé avec mes frères, ils sont devenus amis et j'ai enfin eu le plaisir de le voir de plus près et de discuter avec lui, les jours où il venait jouer à la maison. Sa voix était... Waouh, suave, sexy... Et quand je le voyais jouer au foot avec mes grands frères, sans T-shirt et avec de la sueur qui faisait luire son corps de rêve, je n'avais qu'une seule envie, c'était de lui arracher son short et de-
Winston se coupa rapidement dans son récit et jeta un petit regard à Daniel : celui-ci le reluquait avec un petit sourire en coins sur le visage. Winston sentit immédiatement le rouge lui monter aux joues.
- *Raclements de gorge* Bref. Très vite, on s'est rapproché et on a commencé à être de très bon ami. On faisait tout ensemble. J'essayais de tout faire comme lui mais quoi que je fasse il était toujours meilleur que moi. De toute façon, c'était loin de me déranger, j'étais même très fier de lui. Au début, je pensais que cette drôle de sensation que je ressentais chaque fois que je le voyais était de l'admiration mais, peu à peu... J'ai finis par comprendre que c'était plus que ça et j'ai enfin admis que je l'aimais. Plus on devenait proche, et plus je me rendais compte que l'amour que je lui vouais n'était pas une simple amourette passagère mais quelque chose de bien réel, puissant et surtout blessant. Ça me faisait mal de savoir que l'on ne pourrait jamais être ensemble, parce qu'on était tous les deux des garçons, et que malgré tout je continuerai à l'aimer. Et puis, un jour, j'en ai eu assez. Je lui ai tout avoué, comme ça, cash. *Sourire* Je lui avais crié "Je t'aime, Warren, et pas comme un ami!" en pleine figure, c'était plutôt marrant même si, sur le coup, ça ne m'a pas trop fait rire. J'avais tellement peur de ce qu'il allait me répondre, en une fraction de seconde, j'ai eu le temps de penser à fuir, me suicider ou créer une télécommande pour revenir dans le passe et m'empêcher de dire ce que j'avais dit mais une seconde plus tard, tous mes doutes et mes peurs étaient partis, parce qu'il m'a répondu... "Moi aussi, je t'aime". J'étais aux anges. Doucement, il s'est approché de moi (on était seul dans une petite cabane un peu sombre)... Et il m'a embrassé. Et j'ai tout ressenti. Les étincelles, les feux d'artifices et même quelques tremblements de terre. Tout. Je l'aimais, je l'aimais de tout mon cœur et à 14 ans, je me voyais faire ma vie avec lui. Malheureusement... Ça n'a pas duré très longtemps. Le lendemain, il était parti.
- ...Comment ça ?
- Il était parti. Je suis allé chez lui seulement pour trouver sa maison entièrement vide de meuble, j'ai demandé à mes frères s'ils savaient quelque chose mais ils semblaient aussi perdus que moi, finalement ce sont mes parents qui m'ont dit qu'ils étaient partis la veille.
Daniel vit le chagrin inonder les beaux yeux dorés de Winston et il ne pût s'empêcher d'avoir de la peine pour lui.
- Mon cœur s'est brisé en mille morceaux, murmura Winston. La seule chose qui m'a rassuré, c'était que quand on s'était quitté ce soir-là, il m'a dit qu'il m'aimait et que je ne devais jamais en douter. Je n'ai pas cherché à savoir où il était ou pourquoi il était parti. Chaque jour, j'ai gardé l'espoir qu'il me contacte ou qu'il revienne me voir... Mais il ne l'a jamais fait. Voilà. Maintenant tu sais tout de ma première histoire d'amour avec un gars.
Ils restèrent silencieux quelques instants, principalement parce que Daniel sentait bien que Winston avait envie de pleurer. Ça devait être dur pour lui d'en parler. Daniel avait envie de le prendre dans ses bras... Mais se dit que ce n'était peut-être pas la meilleure des choses à faire. Alors à la place, il décida de dire :
- Bon. Et toi, tu as envie de savoir comment j'ai su que j'aimais aussi les garçons ?
- Oui, pourquoi pas.
- Alors voilà. J'étais ado et j'avais envie de savoir ce que ça faisait d'embrasser un mec, alors j'ai embrassé le premier gay qui m'est tombé sous la main, j'ai aimé ça et c'est ainsi que j'ai su que j'aimais aussi les mecs!
- ...Quoi, c'est tout ?
- Oui, désolé mais tout le monde n'a pas vécu une love-story digne d'un conte de Disney comme premier amour gay!
Winston essaya de retenir son amusement mais, n'y arrivant pas, il éclata de rire. Daniel sourit. C'était la première fois qu'il était aussi fier de faire rire quelqu'un.
Lentement, il rampa à la manière d'un serpent vers Winston et se plaça au-dessus du corps de celui-ci, qui d'ailleurs arrêta immédiatement de rire.
- Si j'avais été ce Warren, je ne t'aurai jamais laissé partir, chuchota-t-il.
- Dommage que tu ne sois pas lui, alors, murmura Winston en retour.
- Je peux toujours être son substitut. Tu peux m'arracher mon short, il n'y a aucun problème.
Winston sentit ses joues s'empourprer et il détourna ses yeux de ceux de Daniel, se sentant clairement mal à l'aise d'affronter son regard. Daniel le prit par son menton et le força à lui faire face à nouveau. Aucun mot n'avait besoin d'être échangé entre eux, Winston comprit ce qui se passait rien qu'à la façon dont Daniel fixait ses lèvres. Daniel voulait l'embrasser, c'était évident, et il eut à peine le temps de cligner des yeux que celui-ci était déjà en train de se pencher vers lui et de réduire l'espace entre leurs bouches. Seconde par seconde, ses lèvres s'approchaient de plus en plus près de celles de Winston...
Ding dong.
Sous l'effet de la surprise, Winston repoussa Daniel d'un coup et le fit tomber au sol.
- Ç-ça doit être les pizzas, articula-t-il. Je vais ouvrir!
****
- Bonne nuit, Winnie.
- Bonne nuit, Daniel.
Winston éteignit sa lampe de veille, plongeant ainsi la pièce dans la pénombre du soir. Oui, Daniel dormait dans sa chambre. Ils avaient installé le clic-clac près du lit de Winston, vu que monsieur Lloyd avait peur d'être seul.
- Fais de beaux rêves, continua Daniel.
- Oui, oui, toi aussi...
- Essaie juste de ne pas me sauter dessus durant la nuit.
- Aucune chance.
- Comment ça ? Tu avais pourtant envie d'arracher le short de-
- Tais-toi et dort, s'il te plait. Je te signale que tu travailles, demain.
Je savais que je n'aurais pas dû lui dire tout ça !
- Ah, c'est vrai... Fit Daniel. Tu vas me manquer.
- Toi, pas du tout.
- Je t'aime aussi, Winston.
- Oh, ferme-la.