GABRIEL Le silence n’efface rien. Il n’a pas la douceur des apaisements, mais la lourdeur d’une pierre posée sur ma poitrine. Mon souffle reste court, irrégulier, comme si mes poumons eux-mêmes refusaient de se détendre. La sueur perle encore sur ma peau, mêlée à la sienne, et mes muscles tressaillent à chaque souvenir de ses griffes. Ses marques me brûlent encore. Chaque éraflure est une cicatrice fraîche, une preuve que je lui appartiens. Mes lèvres, rougies et meurtries par ses morsures, tremblent comme si elles attendaient d’être reprises. Je ferme les yeux un instant. Grave erreur. Tout revient aussitôt : la fièvre de ses baisers, la violence de ses reins, la cadence impitoyable qu’elle m’imposait. Je revis tout dans ma chair. Et quand je rouvre les yeux, elle est là, immobile, à m

