Clémence La nuit m’a paru interminable. J’ai fermé les yeux des dizaines de fois, mais chaque fois que le sommeil menaçait de venir, son visage apparaissait derrière mes paupières. Je voyais ses lèvres, son regard qui perce le silence, ses mains qui semblaient faites pour bénir et pour condamner à la fois. À chaque battement de mon cœur, j’avais la sensation qu’il battait pour lui. Au matin, mes paupières sont lourdes, mais mon esprit est en alerte, obsédé. J’ai l’impression d’avoir traversé un désert aride, un désert brûlé par le feu du désir. Mes pensées sont sèches, mon corps vide et ma poitrine si lourde que je peine à respirer. Je sais que je vais céder : je vais retourner à l’église. Pas parce que ma foi réclame réparation, mais parce que mon désir réclame son poison. Je devrais p

