GABRIEL Je ne dors pas. Je crois que je n’ai plus jamais dormi depuis cette nuit. J’ai fermé les yeux, oui, mais ce que j’ai vu n’avait rien de reposant. Ce n’était pas du sommeil, c’était une descente. Car elle est là. Clémence. Assise au bord de mon lit. Ses cheveux gouttent d’une pluie qui n’existe pas. Sa robe se colle à elle comme une seconde peau, et son sourire fend la nuit comme une blessure ouverte. Ce sourire… ce n’est plus le sien. Ce n’est plus doux, ni fragile. C’est un sourire qui dévore. Je cligne des yeux. Le lit est vide. Le bois craque. L’air est immobile. Mais dans l’ombre du mur, quelque chose bouge. Une silhouette qui n’a pas le droit d’être là. L’ombre s’étire, se déploie, épouse ses formes. Des hanches. Des épaules. Des lèvres. Et cette voix… cette voix que j’a

