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3096 Words
I'm Emzy ✍️ — Asia eteint-le si tu ne veux pas décrocher ! Dit Nora de sa chambre. Asia éteignit son téléphone, elle ne voulait pas répondre aux appels de Jeffrey. Depuis le petit matin, il ne cessait de la harceler, mais elle ne voulait pas céder. Asia était brisée, mais elle ne voulait pas que Jeffrey et Madison s'en sortent sans conséquence. Elle voulait vengeance et réfléchissait à la manière de parvenir à ses fins. Pour le moment, elle devait maintenir l'apparence de la normalité, même si cela était difficile. Son téléphone sonna à nouveau, et cette fois-ci, elle prit l'appel, soufflant plusieurs fois pour se calmer avant de parler. — Allo ? — Mais où étais-tu depuis ? Je t'ai envoyé une tonne de messages et je n'ai pas cessé de t'appeler ! gronda-t-il. Asia roula des yeux, irritée par sa réaction. Hier encore, avant l'arrivée d'Ethan, elle aurait été sur un petit nuage de le savoir si inquiet, mais à présent qu'elle savait que tout cela n'était que de la fumée aux yeux , elle voulait juste éteindre son téléphone et l'envoyer paître. — Désolée, chéri, Nora passe un moment difficile et on a passé toute la soirée à picoler, tu vois... La concernée sortit de la salle de bain, sa brosse dans la bouche, et la regarda effarée. Asia lui fit signe de ne rien dire, alors que Jeffrey venait de baisser son ton. — Je me suis inquiété, c'est pour ça. Pardonne-moi d'avoir haussé le ton tout à l'heure, ton silence m'a mis dans tous mes états... Nora courut se former la bouche et vint lui demander en mâchant sa bouche ce que disait Jeffrey, et Asia lui promit qu'elle lui raconterait tout après. Son amie se fâcha et alla terminer de s'apprêter dans sa chambre, tandis qu'Ethan, qui avait dormi là, sortait de la chambre d'amis en baillant comme un ours et en se frottant les yeux, ensommeillé. — Bonjour, salua-t-il Asia, qui pestait après avoir raccroché à Jeffrey. Celle-ci lui répondit d'un timide « salut », elle avait honte de son comportement. À cause d'elle, il avait été la risée de tout le campus, et c'était à moquer de lui plusieurs fois avec Jeffrey, alors qu'il se battait jusqu'à mettre en péril sa place dans l'équipe et même sa liberté pour lui éviter cette honte. Après que Nora les ait laissés hier pour aller à son rendez-vous, elle n'avait pas pu quitter sa chambre, trop embarrassée pour avoir l'audace de partager le même espace que lui. À chaque fois qu'elle le voyait, elle repensait à ce jour-là au stade, à sa gifle, et elle n'avait envie que de se cacher sous terre pour fuir ses erreurs. Il traversa la pièce et alla dans la douche, et quelques minutes plus tard, elle entendit l'eau couler, signe qu'il était en train de prendre son bain. Nora sortit à ce moment-là, plus débrayée qu'habillée. Cette dernière portait un ensemble jogging noir qui faisait trois fois sa taille et avait arrêté ses cheveux en un chignon désordonné. Son visage était terne, et les cernes que son anti-cernes n'avait pas réussi à cacher lui valurent un regard désapprobateur de son amie. — Tu ne vas tout de même pas sortir dans cet état ! — Je compose dans une heure, je n'ai pas le temps pour me pomponner, se défendit-elle en prenant ses clés posées sur la table, prête à partir. — Ne mens pas, c'est à cause de Ruslan que tu es dans cet état. — Ruslan Petrov ? Demanda Ethan, qui venait de quitter la douche et avait remis ses vêtements. Nora fusilla son amie, qui lui murmura un faible « désolée » et se retira aussi dans la salle de bain. — C'est lui ? — C'est une longue histoire. — Okay, tu peux me déposer aux dortoirs, s'il te plaît ? Elle hocha la tête et ouvrit la marche, et ils sortirent ensemble du bâtiment. Quelques minutes plus tard, une autre voiture gara sur l'emplacement du parking et le conducteur alla frapper à la porte de leur appartement. — Une minute ! Asia, qui était en train d'appliquer son blush, se leva et alla ouvrir. Elle fut surprise de ne pas reconnaître l'homme qui se trouvait devant elle, même si ses traits lui disaient quelque chose. — À qui ai-je l'honneur ? Demanda-t-elle. — Nikolaï Petrov, répondit-il. — Oh ! Nora n'est pas là, elle est en train de composer actuellement, et... Asia prit le temps de détailler son visage, et maintenant qu'elle connaissait son vrai nom de famille, elle savait à qui il lui faisait penser. Il ressemblait beaucoup à son petit frère. Mais ce qu'elle nota aussi était l'inquiétude qui se lisait sans grand mal sur son visage, et cela l'intrigua. — Pourquoi êtes-vous là ? Si c'est votre abruti de frère qui vous envoie, vous pouvez lui dire d'aller se faire foutre ! L'avertit-elle. — De un, mon frère n'est pas un abruti, et de deux, ce n'est pas lui qui m'envoie. Si je suis là, c'est parce que Ruslan va mal, expliqua Nikolaï. — Oh, quelle coïncidence ! Nora aussi est bouleversée, et c'est à cause de lui ! — Je ne sais ce qui s'est passé hier, mais il est rentré tout abattu, et depuis, il n'a plus dit un mot. Je veux qu'elle m'explique ce qui ne va pas. Asia fut bouleversée d'apprendre desespérance de Ruslan, et elle ne pouvait que croire son frère vu l'état dans lequel il était. Dans ses yeux, elle pouvait lire tout le désespoir d'un grand frère impuissant devant la souffrance de son cadet. Sa mine se défit alors de tiute colère et elle laissa tomber ses bras le long de son corps comme les remparts qu'elle avait mis pour protéger son amie et la défendre. — Je ne comprends pas... entrez, s'il vous plaît, le convia t-elle en lui cédant le passage. Nikolaï ne se fit pas prier et entra. Asia lui indiqua une chaise, et il s'assoya. — Vous voulez un... ? — Non, c'est bon, refusa-t-il poliment en devinant ce qu'elle allait lui dire. — Alors, elle vous a dit quelque chose ? Poursuivit-il. — Oui, hier elle est rentrée, elle n'était pas bien, et on s'est échangé des messages. Elle m'a dit qu'elle l'avait vu avec une autre, et ils avaient l'air complices. Elle n'a pas pu supporter cette trahison, expliqua Asia en rangeant son maquillage dans sa trousse. Nikolaï se passa une main dans les cheveux en comprenant d'où venait le problème et il était sûr sans l'ombre d'un doute que tout ceci n'était qu'un malentendu. Ruslan n'aurait jamais pu se comporter ainsi encore moins se moquer de Nora. — Je ne sais pas qui est cette fille, ni dans quelles circonstances elle et Ruslan se sont vus, mais Ruslan est amoureux de Nora, je le sais, affirma Nikolaï. — Moi aussi, je le crois, mais Nora, je ne pense pas qu'elle voudra l'écouter. — Mais il faut au moins qu'ils s'expliquent , s'il vous plaît, vous devez m'aider, implora Nikolaï. — Comment ? Elle se gratta la tête, confuse. — Avez-vous de quoi noter ? Asia apporta un bloc-notes et un stylo qu'elle lui remit, toujours dans le flou. Nikolaï se mit à noter quelque chose, puis les lui retourna. — Amenez-la à cette adresse, s'il vous plaît, l'implora-t-il. Son regard la suppliait de ne pas refuser et Asia ne put avoir la force de le faire et regarda avec appréhension la note. — Je verrai ce que je peux faire, mais je ne vous promets rien, répondit Asia. — C'est déjà ça, remercia Nikolaï. Il faut que je m'en aille. Ils se firent la bise, et Nikolaï s'en alla, laissant Asia sans dessus-dessous, qui réfléchissait déjà à un plan pour aider Ruslan et Nora. *** — Plus que trente minutes avant la fin de l'épreuve ! Rappela le surveillant après avoir consulté sa montre, son ton grave et sérieux ébranlant les étudiants assis devant leur épreuve. Il circulait entre les rangées, les yeux écarquillés, cherchant à identifier les tricheurs. Son regard pénétrant balaya la salle, détaillant chaque expression, chaque geste. Il repéra un étudiant qui copiait sur son voisin d'en face, tout en surveillant les surveillants. — Monsieur à la deuxième rangée, cinquième banc ! Les étudiants de ce banc levèrent la tête, se pointant du doigt pour savoir s'il s'agissait d'eux, et le surveillant indexa celui au pull beige, le tricheur. — Changez de place ! L'étudiant prit sa feuille et emboîta le pas au surveillant qui alla le laisser à sa nouvelle place, le premier banc, là où il n'aurait pas de voisin sur qui exercer ses grands talents de caméléon. Nora, quant à elle, finit de souligner ses grands titres, rangea ses effets et alla remettre sa copie puis sortit de la salle, grincheuse. — La représentation de la diversité culturelle dans la littérature contemporaine : un examen des œuvres de Salman Rushdie et Junot Díaz, répéta-t-elle en faisant des grimaces pour montrer sa colère. Tout un week-end de perdu à réviser pour au final suer devant l'épreuve ! Elle retint un cri d'irritation et se précipita jusqu'au parking, après cette matinée peu satisfaisante elle avait besoin de retrouver son lit pour oublier tout ça, les examens, les révisions, Ruslan... La jeune femme avait demandé un congé à son employeur de stage mais continuait à travailler au casino, une raison de plus pour elle de se reposer. Grognant d'exaspération, elle se glissa derrière le volant de sa voiture et prit la route pour son appartement. Quand elle arriva, elle ne trouva pas Asia, cette dernière était sûrement déjà au campus pour affronter ses épreuves. Elle se faufila sous ses draps pour tomber dans les bras de Morphée. A seize heures, après son repas, elle c'était préparée comme d'habitude et avait repris la route pour le casino où elle se trouvait à présent. — Ça fera combien ? Demanda un des clients qui avait terminé son verre de Gin tonic, son ton amical et son sourire accueillant contrastant avec la tension qui régnait dans la salle. — Dix-sept dollars, répondit-elle d'une voix professionnelle, son regard furtif balayant la salle pour s'assurer que tout allait bien. Le client sortit un billet de vingt dollars de ses poches pliés en trois et lui tendit. Elle le reçut et pendant qu'elle encaissait, un autre client vint prendre place. — Votre monnaie, dit-elle en tendant le reliquat au client. Quand elle leva les yeux pour remettre son reliquat au client, elle vit le nouveau et resta interdite, figée par la surprise qui lui avait au passage volé sa voix. — Vous comptez la garder pour vous ? La voix du client, d'où se distinguait une pointe d'énervement, la fit sursauter, prise sur le fait dans ses pensées, et elle revint à elle. Gênée par sa discrétion remarquée, elle rougit jusqu'à la racine de ses cheveux et afficha un sourire de gêne et lui tendit sa monnaie qu'il arracha avant de s'arracher de la chaise, volant un hoquet de surprise à la jeune femme. Le client partit, son état de choc fut remplacé par une sombre colère mêlée à une bilieuse jalousie, ce qui répercuta sur ses gestes quand elle débarrassa le comptoir du verre qu'avait utilisé le précédent client. — Qu'es-ce que tu fais là ! Cingla-t-elle sans hausser le ton, en passant un coup de chiffon sur la surface du comptoir avec une force qui révéla son agacement. Le bruit sec du chiffon sur le bois résonna dans la salle, attirant l'attention des clients. Diana empoigna son poignet pour stopper ses gestes et avoir son intérêt, son regard intense et déterminé. — Nous avons à nous dire, murmura-t-elle, sa voix basse et menaçante. Nora se défit brutalement de sa poigne, jeta le torchon sur le bar avec un bruit de dégoût, entrelaça ses bras et attendit qu'elle prenne la parole, son visage fermé et hostile. Le silence qui suivit fut oppressant, pesant sur la salle comme une nuée de tempête. — C'est au sujet de Ruslan... commença Diana, sa voix calme et décisive . — Je ne veux rien savoir, la coupa-t-elle en reprenant son torchon, le temps qu'elle lui avait imparti écoulé. Elle se mit à nettoyer le comptoir avec une intensité qui révéla son irritation. Mais Diana n'avait pas encore fini avec elle. Si elle était là, c'était pour remettre les points sur les « i » et la jeune femme allait devoir écouter ce qu'elle avait à dire, qu'elle le veuille ou non. — Je n'avais pas encore terminé, insista Diana, sa voix montant en intensité. — Pour ma part, si, répondit Nora, son ton sec et dédaigneux. Qu'es-ce que vous voulez ? Elle la regarda avec dégoût, son visage pincé et son regard froid. Diana était insupportable à Nora, elle lui sortait de partout et l'avoir là sous les yeux lui rappelait sa triste réalité et ouvrait les blessures qui commençaient à cicatriser. Décidément, rien ne se passait comme prévu cette journée, les problèmes la suivaient comme une mouche derrière les extrêmement et ça ne faisait qu'accentuer son agacement. Faisant de son mieux pour ignorer Diana qui n'avait pas bouché, bien décidée à mener à terme cette discussion, tout la guettant du coin de l'œil, Nora s'affairait à ses tâches quotidiennes : préparation et service des boissons, gestion du bar, service client, maintien de l'hygiène... Elle avait l'impression de gérer à elle seule tout le bar, alors que des serveurs lui donnaient quelques coups de main. A vingt-deux heures, elle était déjà toute lessivée, tellement qu'elle tenait à peine sur ses pieds et que si elle s'effondrait, on pourrait la ramasser à la petite cuillère. — Et dire que demain je compose, maugréa-t-elle en retirant son manteau du cintre qu'elle enfila avant de prendre son sac et de tomber dans la nuit glaciale. Le vent froid lui fit frémir, et elle se hâta de marcher pour atteindre son voiture. Elle continua à maugréer sur sa vie misérable en traversant l'allée pour aller sur le parking, tout en se disant qu'au moins elle était débarrassée de Diana. Cette dernière avait perdu patience au bout d'une heure et était partie au grand soulagement de la jeune femme, qui se retenait de ne pas commettre un m******e. Arrivée devant sa caisse, elle sortit ses clés de son sac et les introduisit dans la serrure. Mais pendant qu'elle était en train d'ouvrir sa portière, elle aperçut une personne qui venait à elle, une femme. Le bruit des pas sur le parking résonna dans la nuit, attirant son attention. Elle se retourna, son cœur battant un peu plus vite, et vit une femme s'approcher d'elle avec une détermination qui la fit frémir. — Oh non, râla-t-elle en devinant de qui il s'agissait, son cœur battant un peu plus vite. — Oh oui, c'est bien moi, confirma Diana, une lueur de triomphe dans son regard. Cette dernière était en fait en train de l'attendre dans sa voiture, ayant trouvé plus judicieux de la coincer à l'extérieur. — Ça commence à bien faire, mais que me voulez-vous à la fin ? S'agaça Nora, son ton dur. Diana ouvrit sa bouche fine relevée par un gloss, et de la fumée sortit, se dissipant dans l'air froid de la nuit. — Je vous l'ai déjà dit, lui rappela-t-elle, son regard pénétrant. — Et moi, j'ai été très claire à ce sujet, répliqua Nora. Je ne veux pas parler de lui. Si vous êtes là pour m'annoncer être sa nouvelle conquête, c'est pas la peine, je m'en fous pas mal de sa vie ! S'emporta-t-elle, son visage éclairé par la lueur de la voiture. Elle ouvrit sa portière, prête à monter dans son auto, mais Diana la retint. — Je peux le voir dans vos yeux que vous ne le pensez, contra celle-ci, son regard intense. — Et que vous dis mes yeux ? Demanda Nora. Diana pécha la tête légèrement sue le côté, et plissa sa bouche, son sourcil levé vers le ciel. — Que vous êtes jalouse, murmura-t-elle, une lueur de triomphe dans son regard. Nora éclata de rire, un rire jaune pour cacher l'amertume qui rendait amer son cœur, sa rivale ayant touché dans le mil. — Vous êtes sérieuse ? Moi ? Jalouse ? De qui ? De vous ? La bonne blague, s'exclama-t-elle, son ton sarcastique. S'il vous plaît, arrêtons de perdre notre temps, il se fait tard, nous sommes épuisées, retournons chez nous et oublions cette connerie, ajouta-t-elle, son visage éclairé par la lueur de la voiture. — Je sais que vous aimez Ruslan, une femme amoureuse ça ne se cache pas, insista Diana, son regard pénétrant. — Ce n'est pas... commença Nora, mais Diana l'interrompit. — Et je suis aussi venue vous dire que lui aussi tient à vous, déclara-t-elle, son regard intense. Nora rida ses sourcils, ses yeux allant de gauche à droite, déconcertée par la déclaration que venait de lui faire la jeune femme. — Oui, c'est la vérité, vous êtes très importante pour lui, et soyez sans crainte, je ne viens pas revendiquer une quelconque place ou prendre sa défense, non ! Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous, dans quelle circonstance vous avez rompu, je suis juste venue éclaircir certains points, expliqua Diana. Elle prit une pause au cours de laquelle elle profita pour gagner quelques mètres tandis que Nora était encore sous le choc et la détaillait avec méfiance. — Je ne suis pas la maîtresse de Ruslan, je suis sa coach, et je ne sais pas ce qui vous a poussé à croire cela, mais enlevez-vous cette idée de la tête, l'informa Diana, son ton ferme. — Entre moi et Ruslan, il ne se passe rien, c'est vous son choix, articula-t-elle comme si elle voulait lui faire comprendre l'importance de cette déclaration. — Si ce n'est pas vous, c'est une autre, marmona Nora assez fort pour qu'elle l'entende, loin d'être convaincue. Diana souleva avec désinvolture les épaules, ce qui ne rassura pas Nora qui s'attendait à une autre réaction. — C'est tout ce que j'avais à vous dire, bonne nuit, dit Diana. Elle lui tourna le dos et retourna à sa voiture stationnée non loin delà. Mais avant de disparaître totally, elle lui lança sur un timbre — Je serai toutefois ravie de le récupérer si vous n'en voulez plus, Nora, la prévint-elle, provocante. Nora écarquilla grossièrement les yeux, le teint livide. — Mais quelle pes.te ! S'exclama-t-elle, abasourdie par son audace.
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