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I'm Emzy ✍️ — Bienvenue sur «La voix de Seattle », la station qui vous fait vibrer toute la journée ! Nous sommes actuellement dans l'émission «Radio Nova », et je suis Randy Mayor, votre animateur préféré. Ethan assit sur la chaise de son bureau, la tête renversée en arrière,les pieds croisés sur la table, écoutait la radio . Il était censé commencer ses révisions mais la paresse l'avait saisi et son cachier ouvert à ses pieds attendait desespéremment qu'il lui donne un peu de aon temps. — Et maintenant, voici une chanson qui va vous faire bouger ! « A flash of love » des Pulse , est la prochaine étape de notre playlist. La chanson commença à jouer et Ethan ramassa son sac au pied de la table et fit monter son sac dans lequel, il sortit sa manette . — « A flash of love » des Pulse, sur Radio Nova. N'oubliez pas de nous suivre sur nos réseaux sociaux pour rester à jour sur les dernières news et les prochains concerts dans votre région... Il se laissa emportee par la musique mais son attention fut brusquement arrachée par la voiture de Jeffrey qui venait de garer devant le bâtiment et il arrêta la radio de ce fait. Il se redressa tandis que celui-ci faisait claquer sa portière et avançait pour entrer dans la bâtisse suivit par Justin avec qui il conversait. Tirant sur sa chaise pour avoir de l'espace, il se leva et récupéra quelques affaires qu'il avait prévu et alla attendre devant sa porte. Après son passage à tabat, Ethan attendait de pied ferme la prochaine fois qu'il reverrait Jeffrey et il savait qu'il n'allait pas attendre longtemps car même si les entraînements étaient interrompus pour le moment, Jeffrey revenait toujours à la garçonnière pour faire son contrôle général. Effectivement, même si ce dernier c'était pris son propre appartement, il ne manquait pas de venir faire une petite visite à ses anciens colocataires et au passage, il les rapellait qui était le patron, le meneur. Il attendit que ce dernier ait fini d'échanger quelques banalités avec les autres et lorsqu'il l'entendit monter les escaliers, il se tint prêt et ne sortit qu'après avoir entendu la porte de son ancienne chambre s'ouvrir. Jeffrey était entrain de réviser studieusement quand il entendit la porte s'ouvrir. — J'avais dis que je ne veux pas être dérangé ! Gronda t-il sans lever les yeux de ses notes. Sans trembler d'un pouce,Ethan se déplaça jusqu'à lui et vint calmement prendre place en face de lui. — Bonsoir Jeffrey. En suivant la voix de son coéquipier, Jeffrey ferma sèchement son cahier et bloqua son regard frigorifiant sur le sien impassible, deux blocs de glace. L'atmosphère était palpable et le silence maître seigneur du temps racontait parfaitement la tension qui tenait en haleine les deux hommes qui se regardaient comme chien et chat et prêts à se jeter dessus comme des sauvages. Jeffrey fut le premier à bouger en prenant une inspiration agacé par l'acharnement du caillou dans sa chaussure sans jamais rompre le contact. — Je vois que la baston de la dernière fois ne t'as pas suffit, allega t-il,en le regardant avec méfiance. — Et moi, je constate que tu n'as rien perdu de ton dédain, répliqua Ethan sans sourciller. Jeffrey frappa du poing sur la table et l'attrapa par le col, fatigué de son entêtement. — Écoutes moi bien petit morveux, je ne sais pas ce que tu cherches à prouver en m'affrontant mais tout ceci doit cesser et immédiatement, j'en ai ras-le-bol de toi ! Ethan approcha son regard du sien et dit entre ses dents : — Tu ne me fais pas peur Jeffrey. Va menacer tes sbires pas moi ! Je veux savoir ce qui se passe réellement entre Asia et toi. Ce dernier le lâcha en le poussant légèrement puis se cacha la bouche derrière sa main tremblante, à bout de nerfs. — Je sais que ce crétin de Hayden t'a parlé du pari et on m'a parlé de ta petite enquête secrète que tu mènes, tu vois je ne suis pas con Ethan. Mais je vais répondre à ta question... Ethan serra les mâchoires pour contenir son irritation qu'il savait allait tripler dans quelques minutes car le regard finaud que lui servait son ennemi était à faire pâlir un arc-en-ciel. Le jeune homme déverouilla d'une main habile son téléphone et lança l'enregistrement, c'était ça son plan. Après l'échec du premier il avait compris que c'était à lui de se créer une chance de descendre Jeffrey et à la même occasion Madison et Justin. Jeffrey posa ses coudes sur la table et enlaça ses doigts entre eux. — Oui, le pari est vrai. Tu sais, peu d'hommes acceptent se faire jeter comme des souillons comme le faisait Asia, elle a brisé de nombreux égos et pour se venger, on a lancé un pari : le premier qui réussira à la faire tomber amoureuse gagnerait... il fit une pause pour créer l'effet de suspense avant de continuer. — Le jeu consiste à la rendre folle dingue de moi, puis à récupérer des photos d'elle nue, à poil, et de les diffuser le jour de la remise des diplômes, lui expliqua-t-il. Ethan resta horrifié devant ce plan machiavélique. Comment des gens censés être matures pouvaient-ils avoir de telles idées ? C'étaient des égoïstes de leur part de se venger d'Asia alors qu'ils faisaient pareil à de nombreuses filles sur le campus et s'en vantaient. Il observa dégoûté Jeffrey, qui souriait de satisfaction quant à son exploit. — Tu es tout rouge, ça va, Ethan ? Se moqua-t-il. Son interlocuteur le toisa, puis se leva silencieusement. Alors qu'il s'apprêtait à quitter les lieux, il l'arrêta. Ethan ne bougea plus, le corps raide, son cœur battant à se rompre, mettant son être dans un état critique. Sa respiration était bloquée et ses doigts moites retenaient à peine son téléphone, sa preuve. Jeffrey tira sur sa chaise en arrière avec ses pieds, se leva et vint se positionner derrière lui. Sa respiration lourde, comme un animal qui reniflait la peur de sa proie, fit fondre son coéquipier, qui suait à grosse goutte. Il craignait encore une fois que ce dernier ait déjoué ses plans. — Tu ne me crois pas si idiot, Ethan ? Lui demanda-t-il sur un ton qui noua l'estomac d'Ethan. Il savait qu'il n'attendait aucune réponse de lui, et cette situation lui rappela l'épisode sur le terrain, et son anxiété monta en flèche. — Je ne t'ai pas raconté cette histoire parce que je suis le dernier des imbéciles, je sais ce que tu trames... Il fit une pause pendant laquelle le sang d'Ethan se glaça, la peur étant à son apogée. — Je sais que tu m'enregistrais. J'ai vite deviné tes intentions quand on a commencé cette discussion, et bravo, tu es pas bête, mais comme on dit, à malin, malin et demi. Le cœur mal en point d'Ethan fut pris de tremblement, et il ferma les yeux, vaincu, faisant naître un sourire vainqueur sur le visage goguenard de Jeffrey. Celui-ci récupéra sans grand mal le téléphone et l'obligea à le deverrouiller en le menaçant de faire intervenir toute la maisonnée. Il supprima ensuite l'enregistrement et le lui remit, mais ne le laissa pas s'en aller. — Mais avant que tu ne partes, je veux encore te faire une petite confession. Sache que Madison y est beaucoup dans ce pari, et que ce sera elle qui affichera les magnifiques photos nature de ma belle Asia. Ensuite, contrairement à toi, je ne suis pas un ami loyal, non... — J'ai eu à me distraire deux ou trois fois avec Prisca, Lana, June, Sharona, Cate, Anna, Cyndi, Ruth... — Mais ce sont les copines de tes potes ! — Ils ne sont pas les seuls à aimer les bonnes choses, révéla-t-il avec légèreté, comme s'il ne se rendait pas compte de la gravité de sa confession. C'était cadeau ! Il le devança et, arrivé devant la porte, il s'arrêta. — Et après avoir repris tes esprits, n'oublies pas de ramasser mon linge sale, je déteste la saleté. — Et concernant mon petit aveu, si tu veux chercher à l'utiliser contre moi, soit, mais sache que tu ne trouveras aucune preuve, je sais me faire discret. Voilà encore un point sur lequel on se diffère,le prévint-il. Jeffrey prit enfin la porte et on entendit ensuite son moteur ronronner, puis le bruit s'éloigna. Seul dans la pièce, Ethan se dirigea vers le panier à linge, non pas pour exécuter l'ordre de Jeffrey, mais pour récupérer son deuxième portable. En effet, contrairement à ce que pensait Jeffrey, il avait bien pensé son plan et, après sa mésaventure de la dernière fois, il n'aurait jamais osé mettre toutes ses chances dans un seul panier. C'est ainsi qu'il avait discrètement dissimulé, dans le linge, quand il était entré, le téléphone qui enregistrait tout depuis le début. Et il avait fait plus que le premier. Il avait là, non seulement une preuve de sa trahison envers Asia, mais aussi de sa duplicité, de quoi mettre un terme au règne de Jeffrey. Et il avait hâte de voir Justin se décomposer quand il apprendrait que son meilleur ami avait couché avec la fille qu'il aimait. Mais, pour être plus sûr, il baissa le volume pour être prudent, lança l'enregistrement et mit le téléphone près de son oreille pour écouter. Ethan sourit, heureux que son plan ait fonctionné, puis quitta la chambre. — Hey, tu vas où, Ethan ? Le héla Justin, alors qu'il venait de finir de descendre les marches. Celui-ci était entrain de jouer à PlayStation en se régalant de chips pimenté . — Prendre de l'air, rétorqua-t-il sans lui jeter un regard. — J'espère pour tes fesses que tu as rangé le linge sale de Jeffrey. Ethan avait arrêté le bouton de porte, s'apprêtant à partir, mais il s'arrêta et le fixa haineusement. — Il peut aller se faire foutre, ton Jeffrey ! Suite à ça, il traversa le pas de la porte, se précipita dans son auto et prit la route. *** — Et tu vas y aller ? Asia était posée sur la table, regardant avec compassion son amie qui avait pris place sur le canapé, le coussin entre ses jambes, l'air apitoyé. Ce matin, à son réveil, Asia avait constaté la morosité de son amie et, après maintes insistances, elle avait fini par lui dévoiler le message de Ruslan. Maintenant, elles réfléchissaient sur la décision à prendre. — J'en sais trop rien, répondit-elle d'une voix morose. — Pour ma part, c'est simple, tu dois y aller. — Non ! Je t'ai dit qu'il était avec une autre... Je le connais et tout ce qu'il veut, c'est juste jouer... Asia embrassa les jambes de celle-ci et appuya son menton dessus. — Raison de plus pour y aller. En face, tu pourras mettre les choses au clair et c'est sûr qu'il comprendra. Nora se mit soudainement debout et se mit à arpenter le salon, bras croisés. — Non ! Il va essayer de trouver un moyen pour m'amadouer et... non, je ne veux pas..., Protesta celle-ci. Asia comprenait la peur de son amie, mais elle doutait des intentions que lui prêtait celle-ci. Ce jour-là, à l'amphithéâtre, elle avait senti la sincérité de Ruslan et avait vu son désespoir. Même si Nora criait sur tous les toits qu'elle ne voulait plus rien avec lui, elle savait que ce n'était pas le cas, qu'il s'agissait là que du cri d'un cœur brisé qui avait peur d'être à nouveau déçu. Elle baissa les yeux, cherchant ses mots pour la pousser à aller à ce rendez-vous. C'était impératif qu'elle y aille, car son bonheur s'y trouvait. Ensuite, elle se redressa et alla la prendre dans ses bras. — Réfléchis-y, ma chérie, lui conseilla-t-elle en frottant ses bras solidaire à son désespoir. On frappa à la porte et elles se séparèrent. — Allez, ne pleure pas, dit-elle en essuyant ses larmes sous ses pouces, triste de la voir peinée. Les coups reprirent cette fois-ci avec plus de hargne, exaspérant Asia. — On arrive ! Elle abandonna son amie qui s'attelait à se redonner un peu de fraîcheur en attendant que Asia revienne. — Ethan ? Mais quel culot tu as de repointer ton nez ici après ce que tu as fait ! Claqua Asia qui venait d'ouvrir à leur visiteur. Ethan ne s'était pas attendu à ce que ce soit Asia qui lui ouvre la porte. Il avait eu un choc en la voyant, mais il s'était vite ressaisi. La situation était d'une urgence capitale. — Je dois te parler ! Annonça-t-il. — Non, va-t'en ! Comme Asia traînait à revenir, son amie quitta sa pièce pour venir la trouver adossée derrière la porte sur laquelle Ethan tambourinait comme un malade. — Tu n'ouvres pas ? Lui demanda-t-elle perturbée, en faisant voyager ses prunelles entre elle et la porte qui faisait grand bruit. — Non ! — Qui es-ce ? Le regard de Asia se fit fuyant. Elle était incommodée par la situation dans laquelle Ethan la mettait. Son amie vivait déjà une terrible situation, et il venait en mettre une couche. — Asia, ouvre-moi cette porte ! Cria Ethan. — C'est Ethan, pourquoi tu n'ouvres pas ? — Parce que je ne veux pas le voir ! S'exclama-t-elle en prenant place sur le pouf. — Qu'est-ce qui s'est passé entre vous ? Asia garda le silence. — Asia ! — Cet abruti de dernière catégorie ose me demander de faire attention à Jeffrey ! Tu te rends compte de son toupet ! Nora n'avait pas bougé. La révélation d'Asia n'avait fait que donner plus de complexité à la situation. Elle soupira, excédée par tout ça, et se mit à masser ses tempes. — On va aller lui ouvrir et il va nous expliquer tout ça en détail. — Non ! Tu ne feras pas ça, Nora ! Je ne veux pas qu'il entre ! Désapprouva cette dernière. Nora fit claquer sa langue, contrariée, et se laissa choir face à son amie, le regard fermé, en désaccord avec sa décision. Asia était furieuse. Sa colère entravait sa gorge. Elle ne tenait plus sur place. Mais après quelques minutes de réflexion, elle trouva un compromis qui les satisfasserait tous les deux et lui permettrait d'aider son amie. — Tu sais quoi, je veux bien qu'il entre, mais en échange, toi, tu vas accepter d'aller au rendez-vous de Ruslan. Okay ? Nora la toisa, ayant vu clair dans son jeu, mais elle finit par céder. Sa curiosité avait pris l'ascendant sur son orgueil. — Okay, accepta-t-elle à contre cœur. — Vas donc ouvrir, marmona Asia. Son amie la regarda de travers, mais finit par se lever et alla ouvrir à Ethan, qui attendait impatiemment au pas de la porte, enflammé. La voie libre, il s'engouffra en force dans l'appartement, sans un intérêt pour Nora, qui, après avoir fermé derrière elle, venait les rejoindre. — Qu'est-ce qu'il y a, Ethan ? C'est quoi cet état de fou dans lequel tu es ? Demanda-t-elle posément. — Tout d'abord, je veux que tu saches que tu es mon amie et que je n'étais au courant de rien... Il tomba sur l'assise, sa tête entre ses mains, tandis que les deux femmes se regardaient avec préoccupation. — Mais de quoi tu parles, Ethan ? Elle s'assit à côté de lui et posa sa main sur son genou pour le réconforter. — Asia, tu pourrais lui apporter de l'eau, s'il te plaît ? Celle-ci jeta son visage sur le côté et croisa en harmonie ses jambes et ses mains, un comportement qui ennuya son amie. Nora se leva et alla chercher de l'eau, puis revint le donner à Ethan, qui le refusa. Avec son anxiété, il pensait que prendre quelque chose ne serait pas approprié pour son estomac. — Mais alors, dis-nous ce qui ne va pas, tu nous inquiètes. Asia la regarda, l'air de dire « Le nous t'inclut toi et qui ? », et en réponse, elle lui fit des gros yeux pour lui demander de mieux se tenir. — Je vais aller droit au but ! Annonça-t-il. Il se défit de son sac à dos, faisant naître un second regard confus. Il sortit le téléphone, accentuant le trouble de celles-ci. — Préparez-vous, car ce que vous attendez risque de vous choquer énormément, surtout toi, Asia. Sa voix était certainement ferme, mais pleine de compassion, et cela retourna Asia. Sans attendre, il appuya sur lecture et sa conversation avec Jeffrey se mit à jouer. — Oh mon Dieu ! Lâcha Nora en posant une main choquée sur sa bouche ouverte en « O » parfait, tandis qu'Asia était statufiée, elle avait été paralysée par le coup dur qu'elle venait de recevoir. Le visage de Asia se décomposa, ses yeux se remplissant de larmes qui coulaient à flot sur ses joues. Elle semblait perdue, comme si son monde venait de s'écrouler. — Non, non... il ne peut pas me faire ça... il..., bredouilla-t-elle, sa voix tremblante. Nora se précipita à ses côtés, la prenant dans ses bras pour la réconforter. — Asia, je suis là, ma belle... murmura-t-elle doucement. Asia se blottit contre elle, les larmes coulant sans cesse. Nora la serra fort, essayant de calmer sa douleur. — Asia... souffla Nora. — Nora... il... c'est faux... Jeffrey... je le connais.... il n'est pas comme ça... Ethan la regardait, meurtri par sa douleur, il n'aimait pas la voir ainsi, mais c'était mieux qu'elle souffre maintenant qu'elle affronte la fin abominable que lui avaient prévue ses ennemis. — Je suis désolée, Asia, je ne sais pas quoi te dire... je... — J'ai essayé de te prévenir, et il faut que je te dise que la dernière fois, j'ai attrapé Jeffrey dans les douches des vestiaires avec Madison, en train de coucher ensemble. J'avais pris une vidéo pour te la montrer... — Ethan ! Le reprimanda Nora, qui était contre la démarche d'Ethan. — Où es-ce qu'elle est, cette vidéo ? — Madison m'a découvert et ils me l'ont pris après m'avoir passé à tabat. — Oh mon Dieu, Ethan... je suis désolée. Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? — Je voulais vous faire face avec les preuves de mes allégations. J'avais compris qu'Asia avait une foi aveugle en Jeffrey, et il avait aussi découvert l'autre enregistrement que j'avais fait, et l'a supprimé. Mais heureusement, j'avais pensé à tout, et j'avais gardé un autre téléphone dans son linge sale, les relata-t-il. Cette seconde révélation les bouleversa comme si un séisme venait de passer, mais la personne qui fut la plus touchée fut Asia, qui se mirent à pleurer à chaudes larmes . Ethan consulta sa montre et se leva. — Il est 17h30, je dois y aller. — Ton rendez-vous, Nora, lui rappela Asia, la voix éraillée. — Il est hors de question que je te laisse dans cet état, objecta Nora. — Mais non, vas-y, je vais... vas-y, insista cette dernière, les larmes encore à la bouche. — Si je peux demander, de quel rendez-vous s'agit-il ? — Je t'en parlerai plus tard, répondit Nora. Ethan haussa simplement les épaules sans insister. — Allez, vas-y, le temps passe, dit Asia, essayant de se ressaisir. — Non, je reste avec toi ! Déclara Nora. Asia se lécha la lèvre, exténuée par tout ça. — J'y vais, mais tu restes avec Ethan. Tu es d'accord, Ethan ? Celui-ci était en train de consulter sa messagerie, envahie par Justin qui le menaçait de bien se tenir, il le suspectait d'être allé chez Asia. — Oui, oui, répondit Ethan, sans lever les yeux de son téléphone. Il n'avait pas d'autres choix, il ne voulait pas tenir tête à Justin maintenant, même si pour cela, il devait supporter la souffrance d'Asia, qui était dans un état pitoyable. Celle-ci alla s'enfermer à double tour dans sa chambre pendant que son amie allait se préparer. — Voilà, dit Nora en sortant de sa chambre, ravissante et prête pour son rendez-vous. Elle glissa la chainette de son sac sur son épaule et alla prévenir Asia qu'elle partait. — J'y vais, à ce soir, ma chérie... et prends soin de toi, lui dit-elle derrière la porte, celle-ci ayant refusé de lui ouvrir. Asia répondit par un murmure, encore sous le choc de la révélation. Nora trottina ensuite jusqu'au salon et après avoir dit au revoir à Ethan, qui l'avait noyée de compliments, elle partit. Ethan, assis devant la télévision qui diffusait du catch, resta seul avec Asia, qui était encore enfermée dans sa chambre, laissant planer une atmosphère pénible dans les lieux. *** Ruslan était arrivé à l'avance pour être sûr de ne pas la rater. Il appréhendait ce rendez-vous et avait peur qu'elle ne vienne pas. D'un autre côté, il stressait à l'idée de la revoir, il ne savait pas dans quel état d'esprit elle viendrait, mais il était prêt à tout donner aujourd'hui pour la récupérer. La baie de Puget offrait un spectacle visuel époustouflant. Les eaux bleues claires se mélangeaient avec les vagues grises, créant un contraste magnifique. Les montagnes Olympics et les montagnes Rocheuses s'élageaient majestueusement à l'horizon, leurs sommets recouverts de neige et de nuages. Les arbres verts luxuriants qui entouraient la baie ajoutaient une touche de vie et de verdure à l'ensemble. L'air était rempli des bruits des oiseaux marins, des cris des mouettes et des sifflements des phoques. Les vagues créaient un murmure constant, un bruit apaisant qui arrivait à calmer l'esprit torturé du boxeur. Les bruits des bateaux et des navires qui traversaient la baie sous le ciel bleuté, en manque d'étoiles, ajoutaient une touche de vie et d'activité à l'ambiance. Assis sur le banc en face de la baie, Ruslan ne cessait de regarder sa montre et fut soulagé de voir qu'il n'était que 18h10. Il inspira profondément, et l'air rempli de l'odeur salée de l'océan, mêlée à l'odeur des algues et des plantes marines, pénétra son être. Les odeurs des poissons et des fruits de mer fraîches embaumaient l'air, rappelant la richesse de la faune marine de la baie. — Où est-ce qu'elle est ? Murmura-t-il. Il quitta le banc et regarda autour de lui pour voir si elle était déjà là, mais il ne la trouva pas parmi les passants et dut se rasseoir. — Ruslan ? L'appela une voix qu'il crut être celle de Nora, et promptement, il leva la tête. — Diana, qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t-il déçu que ce ne soit pas elle. En parlant, il guettait si Nora arrivait, il ne voulait pas qu'elle ne coince là avec une autre, surtout après ce qui s'était passé au casino. Cela ne viendrait que jeter de l'huile sur le feu. Diana était vêtue d'un body recouvert d'un blouson, assemblé d'un jogging et des baskets. Ses cheveux étaient retenus dans sa casquette, et elle tenait dans sa main une bouteille d'eau, l'habillement typique d'une joggeuse. — D'après toi, retorqua-t-elle en lui montrant son habillement. — Bien sûr, ton footing. — Tu attends quelqu'un ? Elle rangea sa gourde dans son sac et s'installa devant la baie, appuyée sur la rambarde. — Oui. Tu pourrais me laisser, s'il te plaît, elle va arriver d'un moment à l'autre, et je ne veux pas qu'elle te trouve là. Diana lui fit face, surprise par cette réplique, mais elle ne semblait pas être prête à partir. — C'est Nora ? — Ça ne te regarde pas, Diana. Au moment où ils parlaient, Nora arriva, et de loin, elle les vit, et le tableau qui se présentait à elle était à l'opposé de la réalité. D'après ce qu'elle voyait, Ruslan et Diana étaient proches, et ce n'était pas le rire de celle-ci qui avait suivi la réponse de Ruslan qui allait la convaincre du contraire. Se sentant humiliée, elle tourna les talons et s'en alla en courant pour qu'ils ne la voient pas. Après avoir traîné pendant des heures dans la rue, elle avait fini par retourner dans son appartement et c'était immédiatement réfugiée dans sa chambre, ne voulant parler à personne. Ruslan avait réussi à se débarrasser de Diana et avait attendu Nora jusqu'à ce qu'il ne reste plus que lui dans les lieux. Il avait essayé à plusieurs reprises de la contacter, mais était à chaque fois tombé sur son répondeur. Lasse, il avait fini par rentrer à minuit moins le quart. Pour lui, c'était clair : Nora n'avait pas voulu lui donner une deuxième chance. C'était fini. Il jeta à la poubelle les chocolats qu'il avait prévu pour elle, un geste qui symbolisait la fin de ses espoirs. Il se reclusa dans sa chambre, les larmes coulant sur son visage. Nikolaï, qui attendait son retour, fut surpris de le voir rentrer dans cet état. Il était pourtant sûr que les choses s'arrangeraient, et le voir si abattu écrasa son cœur. Il se leva et alla frapper à sa porte. — Ruslan, ça va ? Demanda-t-il, inquiet. — Laisse-moi tranquille ! S'écria Ruslan, en cachant son visage déchiré par la tristesse dans son oreiller. — Qu'est-ce que Nora t'a dit ? Insista Nikolaï. — Elle n'est pas venue ! L'informa Ruslan, sa voix étranglée par la colère et la déception. Nikolaï fronça les sourcils, déconcerté. Il se demandait ce qui avait pu se passer à ce rendez-vous pour que Ruslan soit si acerbe. Il hésita un instant, puis retomba dans son fauteuil, perdu dans ses pensées.
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