15.

3127 Words
I'm Emzy ✍️ Le temps faisait son capricieux cet après-midi à Seattle. Depuis le matin, il ne cessait de pleuvoir des cordes, ruinant ainsi la journée de nombreux habitants. Protégé dans sa voiture, Ruslan grognait à l'idée de devoir affronter ce temps pluvieux. Il n'avait pas amené de parapluie avec lui et devrait courir sous la pluie pour rejoindre l'appartement de Khalys, avec qui il avait rendez-vous ce matin. Depuis leur rencontre au café, ils avaient continué à échanger et avaient décidé de se voir aujourd'hui pour mettre sur pied un plan, car avancer à l'aveuglette ne les aiderait pas. Ruslan avait une petite idée en tête. Il avait fait des recherches et avait affronté de nombreuses reprises cette nuit-là pour trouver un élément qui le guiderait, et il l'avait trouvé. Il se gara sur le bas-côté de la route et souffla pour se donner du courage avant de déverrouiller sa portière et de tomber sur le trottoir inondé, subissant la colère du ciel gris. Il courut, manquant de tomber sur le trottoir glissant, et alla s'abriter dans le bâtiment. Puis, il prit l'ascenseur pour se retrouver à l'étage où se trouvait l'appartement. Tout au long de la montée, la pression l'avait accompagné. Il était à nouveau angoissé de la revoir, car il ne s'était pas encore habitué à sa présence. Six ans de séparation, c'était long, et il espérait que, avec le temps, ça irait mieux. Il se frotta les paumes, frigorifié, et souffla à l'intérieur pour les réchauffer, en regardant l'écran d'affichage dont l'aiguille lui indiquait qu'il arriverait bientôt. Ruslan avait l'impression qu'on avait mis deux gros poids sur ses épaules. Il se sentait étouffé dans cette cage de fer, et ce n'était pas la musique d'ambiance censée tenir compagnie qui allait changer quoi que ce soit de son anxiété. L'ascenseur s'arrêta, et le ding suivit de l'ouverture automatique de ses portes, permettant au jeune homme de retrouver un espace plus ouvert et moins oppressant. D'une démarche qui trahissait son malaise, il chemina dans le couloir qui semblait s'éloigner de lui au fur et à mesure qu'il avançait, devenant de plus en plus étroit et compressant tel un étau, prêt à le combattre. Il tenta d'avaler sa salive pour faire taire les voix chaotiques de sa nervosité, mais sa gorge nouée l'empêcha de continuer son chemin, faisant grimper un peu plus son stress. Toutefois, il parvint à gagner la porte de l'appartement de son amie, et ce fut une nouvelle épreuve pour lui de l'informer de sa présence. — J'arrive ! S'écria Khalys, qui avait entendu les coups frappés à la porte. Elle se débarassa de son tablier et prit le couloir qui allait à la porte d'entrée. Mais avant de l'ouvrir, elle jeta un coup d'œil au miroir accroché près de celle-ci pour regarder si elle était présentable. Même si elle semblait avoir une maîtrise parfaite d'elle-même, elle avait toujours la pression à chaque fois qu'elle devait le contacter ou le voir, et aujourd'hui ne faisait pas exception. Elle arrangea son chignon, qui était dans un état lamentable, se vaporisa un peu de parfum qu'elle gardait toujours rangé dans le meuble à chaussures, puis ouvrit la porte, un sourire accueillant relevant ses pommettes saillantes. — Bonjour, tu as fait vite, dit-elle. Son invité souriait également, même si son sourire était légèrement forcé et menaçait de s'effondrer. Mais cela n'enlaidissait pas son charme. — Tu aurais voulu que je passe plus tard ? demanda-t-il. — Non, je pensais que tu irais d'abord à la salle de sport avant de passer. — J'irai plus tard. — Okay, murmura-t-elle. Elle s'effaça du chemin et le laissa pénétrer dans son petit paradis. Précédée de Khalys, qui lui montrait le chemin à suivre jusqu'à l'espace de vie, Ruslan s'engouffra dans le couloir, se faisant sa propre idée des lieux. Et tout ce qu'il pouvait dire, c'est que tout était parfait : bien rangé, propre, étincelant. Il demanda si c'était pareil chez Nora. Il secoua la tête pour retirer ses idées déplacées, qui avaient germé dans son esprit en imaginant sa chambre, son parfum sensuel, la douceur de ses couvertures. — J'ai fait du pain perdu, je t'en apporte ? lui demanda-t-elle, debout au milieu du salon. — Non, j'ai pas faim. Khalys l'invita d'un geste de la main à s'asseoir, et il pinça sur son pantalon, le tira légèrement vers le haut avant de se laisser précautionneusement tomber sur le canapé à la matière moelleuse, tellement qu'il s'y enfonça presque. Et elle fit pareil, les jambes croisées. — Tu m'as parlé d'une piste que tu avais, il s'agit de quoi exactement ? entra-t-elle dans le vif du sujet. Le jeune homme se recula un peu vers l'avant, ses doigts croisés pendant entre ses jambes légèrement écartées. Sa mine était grave, et la gravité du sujet avait vidé son corps de toute trace d'anxiété, comme s'il l'avait désintoxiqué d'une drogue nocive pour son cerveau. — Oui, j'ai contacté un des enquêteurs qui était en charge de l'enquête il y a six ans, et il m'a dit qu'il a certaines informations qui peuvent m'intéresser. Les yeux de Khalys se plissèrent, troublés par cette révélation. Elle décroisa les jambes et se pencha vers lui. — Et si il a de telles informations, pourquoi n'a-t-il rien dit ? Pourquoi t'en parler à toi ? Les appréhensions de cette dernière avaient été partagées par le boxeur, mais son informateur lui avait donné les justificatifs nécessaires qui l'obligeaient à lui donner le bénéfice du doute. — Il avait des doutes et était en train de réunir les preuves quand on lui a enlevé l'affaire. Ensuite, quelques temps après, on a classé l'affaire, et il a compris que cette histoire impliquait une grande autorité, donc il s'est tu. — Ça se tient, et tout ceci n'est que pour prouver que Boris y a une main mise. Son père a dû intervenir pour qu'on ne remonte pas jusqu'à lui. S'adossant, il se mit à réfléchir sur l'ambiguïté de la situation. Si, effectivement, le père de Boris avait une main mise dans cette affaire, les choses devenaient plus alambiquées. Il fallait donc non seulement combattre Boris, mais aussi son père, un diplomate de la Pologne, ce qui découragerait plus d'un, mais pas lui. Diplomate ou non, il arriverait à faire tomber Boris, à lui faire payer ses crimes. — Et as-tu déjà causé avec lui ? demanda Khalys. — Non, il veut être sûr qu'il n'a pas à faire à un traître et veut que nous nous rencontrions face à face. — C'est mieux, approuva t'elle. — Okay, quand donc ? — Bientôt, je dois d'abord régler un problème ici. Khalys se leva et alla prendre place sur le bras du canapé. Puis, elle posa sa main sur la nuque de Ruslan et rapprocha sa tête jusqu'à ce qu'elle se pose sur son flanc. — C'est pour elle ? Demanda-t-elle, sa voix profonde et marquée par l'émotion qui la rendait réconfortante. Et Ruslan ne répondit pas, la réponse sautant aux yeux. *** Nora était allongée à plat ventre sur le lit, sa tête soutenue par sa paume de main, en train de réviser ses leçons. Elle se saisit de son crayon posé près de son document et souligna un paragraphe qui lui semblait important. — La littérature égyptienne a eu une influence profonde sur la littérature de l'Antiquité, notamment sur la littérature grecque et romaine. Elle a également influencé la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance, murmura-t-elle en lisant son texte. — Les textes les plus anciens qui nous soient parvenus sont les textes des pyramides, qui datent du IIIe millénaire avant J.-C. Ces textes sont des hymnes, des poèmes et des légendes qui célèbrent les dieux et les pharaons, répéta-t-elle en faisant de son mieux pour se rappeler des mots qu'elle avait lu. Son téléphone sonna à ce moment-là, et elle pesta contre la personne qui venait de l'interrompre dans un moment aussi avancé de ses révisions. Elle commençait à trouver cela passionnant, et voilà qu'on venait tout gâcher. Elle décrocha, et à son grand étonnement, c'était Ethan au bout du fil. — Je ne m'attendais pas à ton appel... Comment vas-tu ? demanda-t-elle. — Bien, et toi ? Tu es déjà prête pour les examens ? répondit-il. Elle souffla et se retrouva sur le dos, capturant une de ses mèches entre ses doigts et se mit à jouer avec. — Non. Mes révisions m'ennuient, et j'étais en train d'y trouver goût quand tu as appelé. — Oh, dit-il, dérangé de l'avoir perturbé. Désolé, je ne savais pas. — Si tu veux, je te rappelle plus tard, proposa-t-il. — Non, alors... ? Répondit-elle. — Tu as sûrement dû entendre mes échos avec ton amie, s'avancè-t-il embarrassé en frottant son oreille. Effectivement, c'était le cas. La jeune femme avait été très étonnée d'apprendre leur altercation, et elle avait été d'autant plus choquée par la gifle que Asia lui avait donnée. À son retour, elle lui avait bien évidemment demandé la raison de ce scandale, mais celle-ci ne lui avait rien dit et s'était enfermée dans sa chambre. — Oui, confirma-t-elle d'une toute petite voix. — Je suis désolé de ce qui est arrivé. Je tiens à te dire que tout est de ma faute, mais... Il se retint de lui donner la raison de ce drame, tant qu'il ne savait pas si Asia lui avait parlé. — Elle t'a raconté ce qui s'est passé ? — Non. Qu'est-ce qui s'est passé ? On sonna à ce moment-là, sauvant Ethan qui ne voulait pas avoir à répondre à cette question. Il préférait que cela vienne d'Asia pour se justifier une fois qu'il aurait toutes les preuves à sa disposition, et ce n'était pas prêt d'arriver de sitôt. En effet, malgré toutes ses tentatives, il n'avait pu tirer aucune information de ses coéquipiers, soit qu'ils ne savaient rien, soit qu'ils vouaient une loyauté incommensurable à Jeffrey. — Asia, on a sonné ! S'écria Nora. — On peut se rappeler après, toi va ouvrir, proposa Ethan pour couper court à la discussion. — Non ! Quittant le lit, elle trottina jusqu'à la porte, l'ouvrit et tomba sur un livreur. — Mademoiselle Adams ? Demanda-t-il. — Oui, que puis-je pour vous ? Répondit-elle confuse. — Signé ici s'il vous plaît. Il lui donna le stylo électronique et elle traça sa signature sur l'écran tactile. Le jeune homme fouilla dans son sac de livraison, sortit un paquet qu'il lui remit et elle le prit toujours dans le flou le plus total. — Bonne journée, lui souhaita t-il en tirant légèrement sur sa casquette. Une fois le livreur parti, elle retourna à l'intérieur, toujours dans un état second. — Nora ? — Oui... oui, je suis toujours là, balbutia t-elle d'une voix étrangère. Précautieusement, elle déposa son colis sur la table et commença à le déchirer. — Tu es toute bizarre. Qui c'était ? demanda Ethan. — Un livreur. — T'as commandé quelque chose ? — Non, répondit-elle, les yeux fixés sur le colis. Elle enleva le dernier papier qui recouvrait l'objet et tomba des nues en découvrant un livre : « Wuthering Heights » d'Emily Brontë. Cela lui rappela quelqu'un, Ruslan. Et si il avait respecté sa coutume, elle trouverait certainement un mot à l'intérieur. — Je te rappelle, informa-t-elle Ethan avant de raccrocher. Anxieuse mais aussi excitée, elle se mit à feuilleter à vive allure le livre. Comme elle s'y attendait, elle trouva effectivement un mot glissé entre deux pages. D'une main tremblante, elle prit le mot et, tout en le lisant, elle s'assit doucement, prise d'une vive émotion qui lui fit monter les larmes aux yeux. « Je sais que j'ai fait des erreurs, Que mes mots ont blessé, que mes actes ont cruauté. Mais je veux que tu saches, Que mon cœur t'aime encore, avec toute sa force. Pardon, mon amour, pour les souffrances que j'ai causées, Pardon, mon cœur, pour les moments que j'ai perdues. Je t'aime, je t'aime, avec tout mon être, Et je veux que tu me redonnes une chance de te le prouver . PS: Je t'attendrai demain à 18h au Discovery Park, au point de vue sur la baie Puget. « R.P » *** Après avoir raccroché, Ethan avait essayé à plusieurs reprises de joindre Nora, mais elle n'avait pas répondu. Inquiet, il traversa le terrain en trottinant jusqu'aux vestiaires afin de se débarbouiller avant d'aller chez elle . Mais alors qu'il se changeait dans les vestiaires, il entendit des bruits suspects qui l'intriguèrent. Il prêta donc attention aux sons qui provenaient des douches et conclut qu'il s'agissait de gémissements, rien de grave. Soulagé, il reprit sa besogne, mais une idée lui vint à l'esprit et, même s'il essayait de se convaincre de ne plus y penser, elle continuait à persécuter son esprit. Il finit par céder. Il enfila son pantalon et prit le chemin qui allait aux douches, son téléphone dans ses poings. Ses pas étaient sourds, comme une ombre, il avançait silencieusement, la tension pesante sur son dos. Il poussa doucement la porte et la scène qu'il vit l'effraya. Son cœur, qui criait d'angoisse dans sa poitrine, s'écroula dans son ventre, puis le choc laissa place à une irascible colère. Sous ses yeux, Jeffrey et Madison, tous nus, se livraient à un exercice plus que libertin dans une position qui horrifierait même les plus avertis. Les deux tourtereaux étaient dos à lui, Madison penchée vers l'avant recevait les coups de reins déterminés de son amant, qui ne se retenait pas de la pilonner en la traitant de tous les noms. Guidé par sa soif de vengeance, Ethan leva le bras, activa sa caméra et commença à filmer. Il risquait la prison en portant atteinte à leur intimité, mais il tenait là une opportunité qu'il ne pouvait pas rater. Jeffrey ne ferait certainement pas deux fois la même erreur. Il ne resta pas plus et retourna dans le vestiaire pour récupérer ses affaires et s'en aller, dégoûté par ce qu'il venait de voir. Mais alors qu'il traversait à grand pas le terrain pour retourner chez lui, des phares l'aveuglèrent, et après quelques secondes, il reconnut la voiture de Jeffrey. C'est à ce moment-là qu'il se rappela qu'il avait toujours son téléphone entre les mains, et malheur à lui, il ne pouvait pas le garder sans son sac pour ne pas attirer l'attention de ce dernier. La portière côté conducteur s'ouvrit, et Jeffrey sortit, remonté comme une montre à main qui lui indiquait que c'était l'heure de prendre la tangente suivit de Madison. Mais il ne pouvait pas s'enfuir, ça serait se vendre. — Tu vas quelque part, Ethan ? Demanda Jeffrey d'une voix sifflante comme une théière chaude. — Oui, je retourne dans ma chambre, répondit Ethan en essayant de ne pas trahir son anxiété. Il fit marche arrière, et son dos se heurta à une masse sourde, un autre corps. Il se retourna et tomba sur Justin, qui n'avait pas l'air d'être là pour rigoler. — Euh, il se passe quoi là ? Demanda Ethan. Il se faisait nuit, et être cerné par Jeffrey et son acolyte n'augurait rien de bon pour lui. La panique commençait à se répandre en lui comme un poison faisant beuguer son cerveau, qui ne savait plus où donner de la tête. Tout se mélangeait dans son esprit, mais une seule question lui revenait en boucle : savait-il ce qu'il avait fait ? Si oui, comment ? — On joue aux voyeurs pendant la nuit, Ethan ? Demanda Jeffrey. Il avait maintenant une réponse à sa question, et c'était certain maintenant, il était cuite. Dans ce genre de position, une seule solution lui était ouverte : la fuite. Et c'est alors qu'il coupa sur le côté et se mit à courir, mais ses assaillants se lancèrent à sa poursuite. Ethan courut, puisant dans ses maigres ressources pour trouver l'énergie de continuer sa fuite, toujours poursuivi par Jeffrey, Justin et Madison. Il regarda en arrière pour voir s'ils étaient prêts, et ce fut une erreur, il trébucha alors sur un caillou et tomba. Madison, qui avait pris un autre chemin, arriva derrière lui et l'arrêta. — Je l'ai ! Hurla-t-elle aux autres pour les prévenir. Le pauvre essaya de se faire dégager, mais il était bien trop fatigué pour résister, et c'était peine perdue, car le renfort arriva aussi vite prévenu. — Mais qu'est-ce qui vous arrive ? tonna-t-il, un énième moyen de se sortir du pétrin dans lequel il était. — Il nous prend vraiment pour des idiots ! ricana Jeffrey. Madison le lâcha et vint l'affronter. — Je t'ai vu à travers le miroir nous filmer ! lui expliqua-t-elle. — Tu voulais faire quoi avec cette vidéo ? Ethan garda le silence, mais même s'il était tombé, il ne baissa pas les yeux, déterminé à soutenir celui du lâche qui se moquait depuis des mois de l'amie de sa meilleure amie. — Je crois qu'il voulait la montrer à Asia, persifla Madison, provoquant le rire moqueur de ses compagnons. Jeffrey s'avança et récupéra son téléphone. — Déverrouille-le ! Lui intima-t-il, ayant perdu toute trace d'amusement. En réponse, Ethan fit non de la tête. — Justin... Celui-ci exécuta l'ordre de son chef et asséna un coup de poing à leur victime, qui se mit à gémir de douleur. — Déverrouille-le ! Articula une nouvelle fois Jeffrey, se contenant à peine. Ethan garda sa précédente position et reçut la récompense qu'il méritait pour son obstination, et à force d'être frappé, il finit par capituler et déverrouilla son téléphone, permettant ainsi à Jeffrey de supprimer sa seule et unique preuve. — Voilà, et la prochaine fois, mêle-toi de ce qui te regarde, le mit en garde Jeffrey. D'un œil méprisant, Ethan le toisa, puis ce fut le tour de Madison de venir lui souffler sa méchanceté. — Et fais un coucou à Asia de ma part, lui dit-elle. Elle lui appliqua ensuite un b****r sur la joue, qui le révulsa, et il ne put se retenir de lui cracher le fond de sa pensée. — Tu n'es qu'une p*****e ! Piquée dans son amour propre, elle lui donna une claque et alla rejoindre son petit ami, puis Justin les suivit. — Et ce n'est pas la peine de te dire que tout ceci ne s'est jamais passé, le menaça Jeffrey sur un ton plat. En proie à une explosive fureur, Ethan avait envie de l'étripper, mais il savait qu'il n'aurait aucune chance avec Justin, son chien de garde, qui veillait sur lui comme sur un os. Mais il le lui paierait, il n'allait pas laisser passer cette humiliation qu'il venait de lui faire souffrir. Jeffrey, Madison et Justin lui revaudraient ça très cher, ça, il le jura.
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