La nuit était chaude. Je restais les yeux grands ouverts, les bras noués sous la nuque et je fixais la mousseline du lit à baldaquin. Daphnis était couchée près de moi en chien de fusil, un bras sur ma poitrine. Elle était chaude contre mon flanc. Le corps d’une femme peut se révéler si délicieux dans la chaleur des draps. Alors pourquoi je me sentais toujours si mal après avoir touché une femme ? Je poussai délicatement le bras de Daphnis et ramenai les draps sur elle. Je n’osais pas la caresser de peur qu’elle se réveille. Je m’assis sur le lit, les jambes dans le vide. Je restai un moment le visage entre les mains. Je me frottai les yeux. Le vent glissait sur ma nuque et séchait ma sueur. Le temps semblait suspendu au-dessus de Mantaore. Le jour refusait de se lever, la nuit de s’achev

