chapitre 5

660 Words
après le dossier que je venais de parcourir, William Anderson était issu d’une famille riche. Depuis le début de sa carrière, il avait toujours travaillé aux côtés de son père. Une vie sans tache, aucun problème avec la justice. En somme… rien d’extraordinaire. Mais si je voulais vraiment le connaître, ce n’était pas dans ces lignes que j’y parviendrais. Il me faudrait lui parler, découvrir ce qu’il dissimulait derrière ce masque de perfection. Et surtout, comprendre pourquoi sa vie m’intéressait autant. Je réfléchissais à un prétexte pour entrer dans son bureau lorsque je décidai de me remettre au travail. La journée s’annonçait longue. Pourtant, chaque fois que je tentais de me concentrer, son sourire revenait hanter mes pensées, me coupant toute motivation. Un coup frappé à la porte me tira de mes rêveries. — Oui, Anaïs ? Toujours absorbée par mes dossiers, je levai à peine les yeux. — L’architecte est arrivé, annonça-t-elle. Mon cœur bondit. Enfin, une occasion en or. — Très bien. Dis-lui de m’attendre… dans le bureau de M. Anderson. Anaïs fronça les sourcils. — Pourquoi pas dans le tien ? Ou dans la salle de réunion ? — Anaïs, s’il te plaît, pas de questions. — D’accord, patronne. Je lui lançai un sourire complice, puis pris le temps de me recoiffer et de lisser ma tenue avant de quitter mon bureau. Devant la porte de Will, je frappai. — Entrez, fit sa voix grave. Mon cœur s’emballa, une panique douce m’envahit. À l’extérieur, j’avais l’air parfaitement calme, mais à l’intérieur, je brûlais d’un feu que je ne contrôlais pas. En avançant vers son bureau, il m’invita d’un geste à m’asseoir en face de lui. Ce n’est qu’à ce moment-là que je remarquai la présence de l’architecte. J’étais tellement absorbée par Will que le reste du monde s’effaçait. — Mademoiselle Marcel, dit Bernard, je vous ai apporté les nouveaux plans pour le bâtiment. — Monsieur Bernard, répondis-je avec un sourire. Je vous présente William Anderson. Nous allons collaborer étroitement avec lui ces deux prochains mois, il sera le principal responsable du projet. — Enchanté de faire votre connaissance, dit Will. J’ai entendu beaucoup d’éloges sur votre travail, mais je n’ai jamais eu la chance de collaborer avec vous. — Tout le plaisir est pour moi, Monsieur Anderson, répondit l’architecte en déposant les plans. Les feuilles s’étalèrent sur le bureau : les dessins étaient splendides. Mon patron voulait quelque chose de grandiose pour attirer le public, et on pouvait dire que Bernard avait réussi son pari. — Ils sont magnifiques, vraiment, soufflai-je. J’adore la disposition des espaces. Nous n’avons pas encore parlé du système de sécurité, mais je suis déjà conquise. — Il y a juste un petit problème, répondit Bernard. Le projet prendra plus de temps que prévu. Entre trois et quatre mois, peut-être. Les travaux ont commencé, mais le plus difficile reste à venir. Nous passâmes une heure à discuter du système de sécurité et des coûts. Enfin, nous parvînmes à un accord. Bernard prit congé, me laissant seule avec Will. Je m’étais perchée à moitié sur son bureau, feuilletant distraitement quelques plans. — On dirait qu’on va passer beaucoup de temps ensemble, dit-il. — Eh bien… je dois avouer que ça ne me déplaît pas, répondis-je dans un souffle. — Vous lisez dans mes pensées. — Pas du tout. Je dis juste ce que je pense. Bon… nous nous reverrons plus tard pour analyser les comptes et les fonds disponibles. Je me redressai pour quitter son bureau, mais mon pied heurta la chaise. Je perdis l’équilibre. En une fraction de seconde, Will m’attrapa. Son torse se colla au mien, sa main ferme me maintenant. La chaleur de son corps envahit le mien, me faisant frissonner. Je croisai son regard, ce même sourire qui m’avait troublée l’autre soir… mais cette fois, il y avait autre chose. Une intensité indéfinissable. Je n’arrivais plus à penser à rien. Et, sans réfléchir, je me blottis instinctivement dans ses bras.
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