XXVIII L’avant-veille du jour fixé pour le mariage, Hardress s’entretenait avec sa fiancée. Il avait un air de satisfaction inaccoutumé. Anne, qui attendait ces lueurs aussi anxieusement qu’un agriculteur guette les belles journées dans un automne froid et pluvieux, Anne encouragea ces symptômes de paix renaissante. Son succès alla même jusqu’à exciter des réparties vives et enjouées et des éclats de rire fréquents. Par malheur, ravie qu’elle était d’un changement si inattendu, elle laissa sa joie la pousser imprudemment dans le cercle défendu qui renfermait le fatal secret. L’heure lui parut favorable pour pénétrer dans ce coin de son cœur dont il lui avait si souvent refusé l’entrée, et qu’elle se sentait pressée d’explorer, par un sentiment meilleur que la curiosité. Elle ne se doutait

