— Tu as demandé à me voir ?
— Oui assieds-toi, répondis Kelly Cox en élaborant un sourire.
Jessica Miller prit place sur le siège en face de son amie, la sensation de malaise qu'elle avait ressenti quand Kelly l'avait appelé s'emplifiant.
— Qu'est-ce qui ne va pas Kelly, il y a un problème ?
Derrière son regard un peu tendu, Jessica devinait bien que quelque chose clochait. Âgée d'une quarantaine d'années, Kelly Cox était sa patronne et meilleure amie. Elles se connaissaient depuis de longues années, et même si elles s'étaient perdues de vue un temps, leur amitié n'en avait pas été ébranlée. Mère de deux enfants, des jumelles, il arrivait à Kelly d'être surmenée par son travail et sa vie de famille. Toutefois, s'il arrivait qu'elle s'en plaignait, elle était heureuse de la vie qu'elle avait. Toutes deux avaient vécu et partager de bons moments ensemble. Jessica la connaissait donc bien.
En effet, Kelly prenait rarement un ton entrepreneur pour lui parler, et le fait qu'elle le fasse maintenant n'était vraiment pas bon signe.
Kelly étira ses lèvres rouges dans un sourire et croisa ses mains parfaitem manucurées sur la table.
— C'est au sujet de la maison que tu envisages d'acheter, informa-t-elle.
Jessica fronça les sourcils mais attendis qu'elle continue.
— Le directeur de l'agence immobilier vient de m'annoncer que la maison a été vendue.
Son amie avait parlé vite et de façon direct, sachant que Jessica détestait le suspense. Un long silence suivit cette information des plus inattendus, au cours duquel la jeune femme se demanda si elle avait bien entendu. Son sang ne fit qu'un tour lorsqu'elle réalisa ce que venait de lui dire son amie. Elle lança un regard incrédule à Kelly.
— Tu n'es pas sérieuse là, souffla-t-elle.
En voyant le regard sérieux qu'affichait Kelly, elle comprit d'elle même que si. Pourtant, elle se refusait de le croire. Ce n'était pas possible.
— Comment peuvent-ils faire ça ? Ils n'ont pas le droit, je leur ai promis que je trouverai l'argent !
— Calme-toi s'il te plaît.
Jessica s'était en effet lever de sa chaise, et començait à faire les cent pas, comme à chaque fois qu'elle était nerveuse.
— Penses-tu que je peux rester calme après cette nouvelle ? Sérieusement ?
Kelly souffla et se leva pour tirer la jeune femme vers son siège, puis alla reprendre place derrière son bureau.
— C'est un homme vraiment fortuné. Il peut avoir tout ce qu'il désir. Tu comprends que l'agence n'avait pas trop le choix.
— Tout ce qu'il désir hein ?cracha-t-elle amèrement. Alors pourquoi c'est ma maison qui lui a plus ? Il aurait pu s'en trouver une autre, tu ne crois pas ?
Kelly laissa passer un silence avant de reprendre d'un ton léger :
— Il envisage d'acheter la mer.
Un hoquet involontaire sortit de la bouche de la jeune femme, qui leva un regard dubitatif sur son amie.
— Quoi ?
— Il envisage d'acheter la mer Jessica, et d'ici quelques jours, je crois bien que cette splendeur lui appartiendra, annonça Kelly en guettant la réaction de son amie qui ne tarda pas.
Elle était déjà à nouveau sur pied, les mains dans les cheveux prête à se les arracher.
— Jessica arrête.
La jeune femme se tourna vers elle.
— Est-ce qu'ils savent depuis quand je cotisais pour m'offrir cette maison ? Je leur ais demandé du temps ! s'écria-t-elle, ne pouvant laisser plus longtemps sa colère lui ronger l'estomac.
— Je sais...
— Il n'en est pas question. Peu importe de qui il s'agit, je ne le laisserai pas interférer dans mes plans, détruire ce que je veux le plus au monde.
— Je n'ai pas fini.
— Rien de ce que tu diras ne pourra être pire que ce que je viens d'apprendre, lâcha-t-elle, dépitée.
Kelly se racla la gorge pour se donner une assurance.
— Notre client, Charles Winston, nous a contacté pour aménager la maison. Et je t'ai désignée pour cette mission.
Elle n'avait pas osé ! se demanda Jessica en rougissant.
— Comment... comment peux-tu me demandée une chose pareille ? Je viens d'apprendre que j'ai épargné durant des années pour qu'un millionnaire sortie d'où je sais vienne me la voler, et qui en plus veux acquérir une beauté de la nature, et toi tu me demande de travailler pour lui !
Embarrasser, Kelly sembla chercher les bons mots, même si elle savait que rien de se qu'elle dirait ne pourrait la calmer.
— Tu es l'une des meilleures, et je t'ai designée non pas seulement pour ça, mais aussi parce que tu as passée beaucoup du temps à représenter des maquettes. Je sais que cette situation n'est pas agréable mais c'est tout ce que j'ai trouvé comme idée. Je t'assure que si je pouvais faire quelque chose je le ferais. Jessie, souffla Kelly en la voyant se diriger vers la sortie.
— Désolée, mais je ne le tolérai pas. Il en est hors de question, tu entends ? Je règlerai cette histoire moi même, tu peux me croire !
Une fois à la porte, elle prit une profonde inspiration avant de se rendre dans son bureau prendre ses affaires. Elle en profita pour appeler l'agence immobilière, mais on lui annonça que le directeur n'était pas présent. Sa colère s'accrut et elle se dirigea en trombe vers les escaliers.
En descendant, elle sentis un regard, le genre de ceux qui vous donnais des frissons, comme si un danger vous guêtais. Ou comme si quelqu'un vous guêtais ? se demanda Jessica en croisant des yeux bleu ciel, semblable à cette mer près de la maison qu'elle désirait acquérir plus que tout au monde. Une expression de déjà vue l'assalli alors qu'elle continuait sa descente.
Ses yeux vert, d'où se réfflètaient étonnement et incompréhension, étaient toujours baignés dans ceux de l'homme qui la fixait. Jessica fronça les sourcils et regarda derrière elle. Elle vit alors une jeune femme, dont le talon rehaussait sa taille fine. Dans un tailleur bleu ciel, incroyablement parfait avec sa forme svelte, elle ressemblait à l'une de ses mannequins qui parcourent le monde sur des tapis rouge. Jessica déduisit que ce devrait être elle qu'il contemplait.
Elle se retourna de nouveau vers l'homme, mais il n'était déjà plus là. Fronçant les sourcils, elle scruta les alentours du hall, mais aucune trace.
« Pourquoi diable je m'intéresse à ce type ? »
Elle descendit la dernière marche et se dirrigea vers Michelle, la réceptionniste. Celle-ci releva le nez de l'ordinateur, et lui adressa un sourire chaleureux.
— Tu t'en vas déjà ?
— Oui, je dois régler un petit problème. À ce propos, je peux avoir les coordonnées de Charles Winston ? Je ne sais plus quand il est venue exactement, mais je crois...
Le sourire qui se dessinait petit à petit sur le visage rond de Michelle lui coupa la parole.
— Il vient tout juste d'arriver. Il a rendez-vous avec Kelly.
Les yeux globuleux de la jeune réceptionniste s'agrandirent pendant que Jessica sentait un souffle dans son cou. Un souffle lent, bien que normal. Normal ?
Non. Ça n'avait rien de normal.