Hiver 1697Je reviens d’un voyage à Florence. Un voyage que j’ai fait seul. Les premières neiges tombent, je m’en souviens encore. Mon cheval avance péniblement, je mets pied à terre et marche à coté de lui. Son haleine réchauffe mon visage. J’ai pénétré les terres de mon royaume, je reconnais sa nature, douceâtre et triste. J’aperçois un cimetière perdu dans la lande blanchie par la semence d’un ciel de décembre. Je ne connais pas cet endroit, jamais je ne l’avais vu auparavant. J’avance vers les grilles. Elles ne grincent pas quand je les ouvre. Le cheval est resté à l’extérieur. Il m’observe. Je caresse les tombes, lis des noms que je ne connais pas, des dates, des lieux de batailles, je dégage parfois d’une main la neige qui dissimule d’autres noms, d’autres dates. J’examine ces monumen

