1683Je me réveille, je m’étais endormi sous l’ombre du chêne. J’avais rêvé à de lourds nuages qui s’éloignaient, poussés par un vent du sud. Mais l’été a asservi mon royaume, point de vent, point de pluie, juste un soleil, juste sa lumière, juste moi qui pense à mon père, mort il y a quelques mois. Je réalise maintenant que je n’avais plus jamais repensé à lui depuis. C’est étrange, mais je n’arrive même pas à me demander si ses mots, si ses gestes m’ont manqué … non, je n’y arrive pas. Il ne m’a pas manqué. Je ne crois pas m’être réjoui de son décès mais, je dois bien admettre que j’avais ressenti comme une espèce de sépulcral soulagement lorsque ma mère, poussée par un sentiment maternel bien naturel, me prit dans ses bras et m’annonça que mon père n’était plus. Ce n’est que bien plus ta

