A la prison centrale
- Bonjour Monsieur Hubert. Dit la directrice
- Victoria ! nous avons dépassé ce stade, nous sommes des amis
- Ouais mais j’ai toujours du mal à m’y faire
- Vous m’êtes très précieuse, surtout que vous prenez soin de ma femme impudique. J’ai tourné la page, je vais peut-être remporter les élections présidentielles et je dois m’entourer des gens onéreux, ma femme ne fait plus parti de cette liste depuis qu’elle a assassiné froidement mon meilleur ami. Il est temps que nous divorcions.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Divorcez avec elle maintenant, en plein campagne électorale ; si vous la gardez le peuple verra que vous êtes miséricordieux…
- Assez ! tonna-t-il. Vous me prenez pour un idiot ? vous pensez que vous êtes la seule personne que j’ai payée ici pour surveiller Ann ? je sais très bien ce qui s’est passé ; je le sais depuis hier. Cet imbécile aurait dû me prévenir depuis la nuit d’incendie et vous aussi. Maintenant ça fait une semaine qu’elle s’est enfuie, qui sait où elle se trouve à présent ! elle doit être très loin. Je l’avais sous mon emprise et vous l’avez libérée !
- Je suis désolée, c’était un accident.
- Taisez-vous ! si vous m’aviez prévenu j’aurai pu envoyer des gens la traquer, maintenant qu’allons-nous faire ?
- De toutes les façons, elle ne va faire que s’enfuir ; elle ne pourra pas vous causer du tort. Vous avez tout le temps de la retrouver, et quand elle sera à vous, vous ne serez pas obligé de la remmener en prison, vous pourrez faire d’elle ce que bon vous semblera.
- Vous êtes très intelligente, très maligne et très vicieuse, c’est pour ça que je vous aime.
- Je travaille pour vous depuis plus de 10 ans et je ne vous ai jamais déçu. Donnez-moi une seconde chance.
- Vous l’avez et pas de faute cette fois-ci
- Je vais m’occuper d’elle, ne vous en faites pas ; elle va regretter de ne pas s’être suicidée
- J’aime ça. Qui d’autre est au courant de l’incendie ?
- Personne de l’extérieur. Pourquoi ?
- Il faut faire appeler des journalistes et faire une annonce à propos de l’incendie. Vous direz que ma femme est morte, comme ça je n’aurai plus à m’en faire pour ça et je pourrai même me remarier. Et Ann croira, que cette idée vient de vous, que vous aviez eu peur de me dire qu’elle s’est enfuis, elle pensera que tous ces problèmes sont résolus et peut vivre sans crainte. Pendant ces temps vous multiplierez les recherches.
- D’accord je vous suis. Je vais toute de suite demander à ma secrétaire d’appeler les journalistes et pas n’importe lesquels, de la télévision nationale.
La directrice ne perdit pas de temps, avec l’aide de son équipe ils firent venir quelques journalistes de la télévision nationale, il y avait toute une presse à la cours de la prison. La directrice prit la parole.
- J’ai la peine d’informer à tout le pays l’incendie survenu au milieu de la nuit dernière à la prison centrale. Nous n’avons pu sauver tout le monde, beaucoup de détenues ont perdu la vie, parmi lesquelles se trouve Madame Annie OMBA. Nous nous sommes pressés d’avertir les familles concernées. Monsieur Hubert OMBA s’est précipité de venir à la prison centrale recueillir la dépouille de son épouse. Nous avons pu remarquer que malgré le crime de défunte épouse, il tenait toujours elle. C’est un grand malheur qui touche beaucoup de familles. Nous ne savons pas encore avec certitude ce qui a causé l’incendie, selon les premières enquêtes des spécialistes, il pourrait s’agir d’une défaillance dans nos installations électriques. Nous vous tiendrons au courant quand nous en saurons plus. Nos cœurs se joignent à ceux des familles des victimes, nous prions et espérons qu’ils puiseront en eux la force pour surmonter cette épreuve. Personne ne devrait connaitre une mort aussi atroce, je ne le souhaiterais même pas à mon pire ennemi. Mais nous ne pouvons changer le passé. J’ai fait venir des psychologues pour aider les autres détenues à ne pas sombrer ; c’est une expérience très traumatisante. Durant les jours suivant, elles penseront à leurs amies mortes sous les flemmes, elles pourraient même en faire des cauchemars, c’est pourquoi moi-même et toute l’équipe leur accompagneront dans chacune des étapes, pour arriver à vivre avec ce catastrophe en prison. Maintenant je laisse le micro à Monsieur Hubert OMBA qui est aussi candidat aux élections présidentielles. Il fait partie des familles des victimes et aimeraient dire un mot.
- Mon cœur a été meurtrie quand j’ai appris que mon épouse venait de rendre l’âme dans des situations aussi atroces, malgré son crime, Ann était la femme avec qui j’ai passé la plus grande partie de ma vie, c’était la mère de mes enfants, je l’ai toujours considéré même après son incarcération, elle avait toujours sa place dans la famille, c’est pourquoi je n’ai jamais demandé le divorce. Mon est encore meurtrie en la pensée de : comment vais-je annoncer ça à mes enfants ? cet incendie vient de détruire le peu qu’il restait de ma famille et a enlevé aux détenues mortes le pouvoir de se racheter de leurs crimes. La négligence de la protection électrique de la prison a coûté des vies à certaines, a enlevés des mères, filles, tantes, sœurs à d’autres, m’a enlevé une épouse et a enlevé une mère à mes enfants. Beaucoup de ces genres d’accidents surviennent au pays, et aucune solution n’a été mise en place pour que cette catastrophe ne se reproduise plus. Dans un pays comme la nôtre, il n’y a pas suffisamment de pompiers pour venir en aide aux gens en détresse ; durant toute la nuit, les gardiens et les détenues étaient voués à eux-mêmes pour survivre, mais certains n’ont pas eu cette chance. Toutes ces choses doivent changer, nous devons arrêter de prendre à la légère la sécurité de la population ; j’espère changer beaucoup de choses si jamais je suis élu aux élections présidentielles. Toute vie est importante ; nous devons mettre fin à toutes ces inégalités et protéger des vies.