IIIl revenait, lui, Raymond, après ses trois années d’absence, congédié de l’armée dans cette ville du nord où son régiment tenait garnison. Il revenait le cœur en désarroi, le cœur en tumulte et en détresse. Son visage de vingt-deux ans avait bruni sous les ardents soleils ; sa moustache, maintenant très longue, lui donnait un air de noblesse fière. Et, sur le parement du costume civil qu’il venait d’acheter, s’étalait le ruban glorieux de sa médaille. À Bordeaux, où il était arrivé après une nuit de voyage, il avait pris place, avec déjà une émotion, dans ce train d’Irun qui descend en ligne directe vers le sud, à travers la monotonie des landes interminables. Près d’une portière de droite, il s’était installé pour voir plus tôt s’ouvrir le golfe de Biscaye et se dessiner les hautes te

