Le salon d'honneur de l'hôtel InterContinental de Marseille, avec sa vue imprenable sur le Vieux-Port, servait de théâtre à la dernière mise en scène de Halima. Sous les lustres de cristal, une vingtaine de journalistes s'agglutinaient, caméras braquées sur le pupitre où trônait un portrait de Moussa, entouré de fleurs blanches. Halima, vêtue d'un ensemble de deuil chic, pressait un mouchoir de dentelle contre ses yeux secs. À ses côtés, Karim ressemblait à un condamné à mort à qui l'on aurait demandé de lire son propre acte d'accusation. — Mon épouse et moi sommes dévastés, commença Karim, sa voix chevrotant dans les micros. Nous craignons pour la sécurité de notre fils. Ma sœur, Awa Diop, est dans une dérive psychologique inquiétante. Elle est sous l'emprise d'un homme dangereux, un an

