Deux jours plus tard, Giulia préside une réunion pour la mafia lorsque son téléphone se met à sonner. Tous les membres de cette mafia savent qu’elle n’a pas de famille et donc, elle ne peut pas sortir pour prendre l’appel.
Lorsque la sonnerie cesse, elle sent un soulagement mais à la seconde suivante, le téléphone se met une nouvelle fois à sonner. Ils braquent encore leurs regards sur elle et cette fois-ci avec insistance. Même si elle sait que c’est urgent, elle ne peut pas prendre l’appel. Elle prend donc la résolution de raccrocher le téléphone et de l’éteindre. Elle ne peut non plus demander à partir sans avoir fini ce qui est prévu.
Pendant le reste du temps de la réunion, tout divague dans son esprit. Elle se demande ce que son informateur a découvert. Elle voudrait le rejoindre très vite.
Une heure plus tard, ils ont enfin pris certaines résolutions pour faire avancer la mafia. Giulia s’excuse et s’en va de la salle de réunion mais ne sort pas de la villa. Elle s’est juste rassurée que tout le monde la voie aller dans sa chambre.
Une fois dans celle-ci, elle recompose le numéro et lance. A la seconde suivante, il décroche.
« J’ai les informations complètes que vous avez demandé. »
« Je te trouve à l’endroit habituel dans une demi-heure. »
Elle sort de la propriété sans voiture de peur que son absence se constate. Elle a de la chance de trouver le taxi très rapidement et après avoir fait la moitié du chemin, son téléphone. Elle le sort et voit que c’est le capitaine. Ce dernier ne l’appelle jamais avec son numéro personnel. Elle se demande ce qui se passe.
« Oui Capitaine. »
« Tu dois venir immédiatement au poste. Nous avons une opération urgente. »
Elle essaie de fouiller dans sa tête. Elle ne trouve pas le motif de cette opération et n’a pas de temps pour poser les questions.
« Je ne peux pas arriver tout de suite, capitaine. J’ai une chose urgente à faire. »
« Tu sais bien que si tu rates cette opération, tu seras obligée de rédiger un justificatif avec la chose importe et bien détaillée n’est-ce pas ? »
Il n’a pas tort et pourtant elle ne peut pas leur dire quoi que ce soit. Elle n’a pas de choix que renoncer à son rendez-vous.
« J’arrive, capitaine. »
Quelques minutes plus tard, elle arrive au poste de police et trouve toutes les unités d’intervention déjà prête.
« On croirait que c’est le fantôme de la mafia qu’on va arrêter aujourd’hui, » dit-elle se rapprochant de Sofia.
« Pas du tout mais l’homme qui se fera arrêter aujourd’hui est de la même espèce que Marco Alssandre Conti. »
Giulia la regarde curieusement. La seule personne qui est de la même espèce que Marco est Donato mais ce dernier est hors-jeu.
« Qui est-ce donc ? »
« Vasco Mancini, le cousin de Valentino Rizzi. »
Giulia cesse de respirer à cet instant. Elle regarde Sofia étrangement, se demandant si cette dernière ne se fout pas d’elle.
« Comment ça ? Je veux dire comment la police l’a-t-elle trouvé ? »
« Faut bien croire que dans ce poste de police, on bosse dur, Giulia. »
Elle la dépasse et s’en va. Giulia a l’impression qu’elle va devenir folle. Elle se devait de retrouver cet homme avant la police. Il fait partir de son passé. Il est trop tard pour elle.
Elle est dans l’une des voitures de la police, se dirigeant dans un quartier de Palerme où elle n’a jamais mis les pieds. Sa seule prière désormais est de retrouver cet homme en vie.
Lorsqu’ils garent devant cette maison qui est presque seule dans cette zone. Elle sort de la voiture et se précipite vers la porte.
« Fais attention, Giulia. Cet homme est dangereux. Tu ne dois pas faire les choses avec imprudence. »
Elle ne tient pas en compte ce que le capitaine vient de lui dire et avance toujours vers la porte. Une fois devant celle-ci, elle la pousse pour ouvrir et au même moment, un coup de feu retentit.
Toute l’équipe policière se regarde entre elle et personne n’est blessé, personne n’a dégainé son arme.
Giulia perd ses moyens en imaginant que cet homme se soit donné la mort. La première chose qui lui vient en tête est de le sauver avant qu’il ne succombe.
Avant qu’elle ne puisse effectuer un mouvement, le capitaine la pousse et entre. Il est stupéfait par ce qu’il voit.
Alors que les autres attendent son ordre sans le recevoir, ils décident d’entrer et sont sous le choc. Sofia n’arrive pas à supporter ce qu’elle a sous les yeux qu’elle décide de sortir.
Giulia se demande ce qu’elle a vu et entre rapidement. Elle s’écroule et tombe par terre alors que son monde semble se détruire.
« Ce… n’est pas… pas vrai… » murmure-t-elle.
« Mais que se passe-t-il ? » Demande Pablo. « Cet homme n’a pas pu se tirer une balle au centre du cœur. Il est ligoté à une chaise et il vient à peine de mourir. Il y a quelqu’un d’autre dans cette maison. »
Le capitaine souffle avec la tête baissée. Il n’en revient toujours pas de cette idée de génie.
« Il n’y a personne dans cette maison. Nous sommes seuls. »
« Alors… ? » Demande Pablo.
« C’est Giulia qui a tiré, » Dit le capitaine alors son regard rencontre celui de Giulia qui avait déjà compris ce qui s’est passé. « De façon involontaire. »
Malgré la douleur, malgré la déception et malgré les larmes qui remplissent ses yeux, Giulia se refuse de pleurer.
« Si tu regardes derrière la porte, tu verras ce qui s’est passé. »
Il se tourne. Un pistolet est bien attaché à la porte, une corde relie la gâchette à la poignée et donc, le mouvement de la poignée a donc dégainé l’arme.
« Je l’ai tué pourtant je le voulais vivant, » murmure Giulia.
« Ce n’est pas de ta faute, Giulia. Ça aurait pu être n’importe qui vu que c’était un piège. Tu ne l’as pas tué. »
C’est le silence pendant quelques minutes où chacun essaie de se reprendre. Sofia entre dans la pièce et ses yeux restent fixés sur Vasco.
« On dirait qu’il s’est passé quelque chose avant qu’on arrive, » dit-elle. « Sa chemise est tachée de sang mais pas d’un sang frais. »
Celui qui est chargé de ça avance et déboutonne la chemise et ce qui se présente à eux les fait lancer des cris de stupeur.
OMERTA est ce qui est gravé sur sa poitrine, fait avec une lame brûlée à une température élevée.
« C’est quelle façon inhumaine d’agir comme ça ? » se demande Sofia.
« La Mafia est une organisation où les agneaux n’ont pas de place, Sofia. Il faut aimer le sang pour en faire partir et il faut être prêt à tuer ce à quoi on tient le plus pour s’en sortir. »
Giulia se lève enfin et avance plus près de l’homme mort et le fixe longtemps.
« Une seule famille Mafieuse d’Italie a fait de ce mot sa marque personnelle et même les corps retrouvés dans des poubelles de la ville portaient cette marque mais seulement, cette mafia n’est pas basée à Palerme mais plutôt en Sicile. La loi du silence est une loi propre à la mafia Conti, ils gravent ce mot sur la poitrine des personne coupable de leur vivant pour qu’ils ne puissent pas oublier dans leur autre vie. »
Elle se tourne par la suite vers les autres qui assimilaient tout ce qu’elle disait.
« Il y a deux possibilités à présent. Soit Vasco était réellement en prison ou soit il n’était pas en prison. S’il est réellement le cousin de Valentino Rizzi, ceci voudrait dire qu’on le retrouvera un jour pendu dans sa cellule parce que les Conti ne laissent jamais rien passer. Qu’est-ce que Vasco savait de la mafia Conti pour qu’on le rende en silence ? »
Giulia reste dans ses pensées car, elle essaie de trouver quelque chose qui pourrait lui permettre de retracer l’histoire mais elle ne trouve rien.
« On doit y aller, » annonce le capitaine.
« On doit fouiller la maison. » lui dit Giulia.
Cette dernière est très sérieuse et le capitaine ne la contredit pas même s’il sait qu’ils ne vont rien avoir car, ceux qui étaient là avant eux ont déjà tout emporté.
Après une heure de fouille, ils ne trouvent rien et sont obligés de partir sous la mine mécontente de Giulia qui se rend compte une fois de plus que Marco Conti a eu le dessus sur elle.